Rangez vos mouchoirs, la réalité décrite par la juriste Stéphanie Hennette-Vauchez, dans un article de l’excellent média Alternatives économiques, est nettement moins romantique : ce ne sont pas des juges qui gouvernent, mais des gouvernants qui nous jugent.
Une affaire de famille entre "élites"
Le premier problème, c'est l'entre-soi. Imaginez un match de football où l'arbitre a fait la même école que l'entraîneur de l'équipe A, dîne avec lui le week-end et espère obtenir un poste dans son staff l'année prochaine.
C’est précisément ce qui se passe au sommet de notre pyramide juridique. Les membres du Conseil d’État et du Conseil constitutionnel partagent les mêmes bancs d'école et les mêmes trajectoires de carrière que ceux qu’ils sont censés surveiller.
Cette proximité crée un biais cognitif majeur : au lieu de protéger le citoyen, on protège l'efficacité de l'administration et la fameuse "raison d'État".
La liberté, cette variable d'ajustement
Le tour de passe-passe le plus subtil — et le plus dangereux — réside dans la "mise en balance". Sous ce terme technique se cache une dévotion inquiétante : on place désormais vos libertés les plus sacrées sur le même plateau de la balance que des impératifs techniques, financiers ou de sécurité.
Pour que tout le monde comprenne bien : on vous dit que votre droit de manifester ou votre vie privée est important, mais on vous explique aussitôt qu'il faut le "sacrifier" un peu pour l'équilibre de la Sécurité sociale ou pour installer des caméras partout par "précaution".
Résultat : la liberté n'est plus le socle de notre société, mais un luxe qu'on rogne dès que l'administration a besoin de confort.
Le verrouillage final : la République des copains ... et parfois des coquins : le bilan pénal de l'ère Macron est confondant.
Le plus piquant reste à venir. Alors que le locataire de l'Élysée semble entamer une fin de règne dépourvue de réelle marge de manœuvre politique, il s'active en coulisses pour un verrouillage méthodique des institutions.
C'est la stratégie du "grand recasage" : on place les fidèles de la première heure aux manettes des contre-pouvoirs pour s'assurer que l'esprit du régime survive à son créateur.
L'exemple est frappant : voir Richard Ferrand, le marcheur de l'ombre, propulsé à la présidence du Conseil constitutionnel.
Ou plus récemment encore, Amélie de Montchalin parachutée à la tête de la Cour des comptes. : elle va juger les comptes et les budgets qu’elle a elle-même pilotés.
On ne gouverne plus, on sécurise ses arrières par procuration pour continuer à peser bien après avoir rendu les clés.
Sauf qu'une démocratie n'est pas un conseil d'administration où l'on nomme ses successeurs entre deux portes pour protéger les intérêts de la holding.
Sources et références pour vérification :
https://www.alternatives-economiques.fr/stephanie-hennette-vauchez-conseil-detat-et-conseil-constitutionnel-rai/00117739#117739
https://www.publicsenat.fr/actualites/parlementaire/conseil-constitutionnel-richard-ferrand-propose-par-emmanuel-macron-pour-succeder-a-laurent-fabius
https://lejournal.info/article/contre-le-rn-un-rempart-macronien/
https://fr.businessam.be/macron-nomme-des-fideles-a-des-postes-cles-avant-les-elections/
https://coinacademy.fr/actu/christine-lagarde-quitter-bce-avant-fin-choix-macron/
https://www.leclubdesjuristes.com/opinion/amelie-de-montchalin-a-la-cour-des-comptes-une-nomination-qui-surprend-14295/
https://la-chronique-agora.com/macron-mise-sous-tutelle-contre-pouvoirs/






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