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«L'avenir n'est plus ce qu'il était» [Paul Valéry]



L'argent magique existe, c'est même le pivot de toute l'économie occidentale !


Contrairement à ce que Micron n'a cessé d'affirmer chaque fois que les Français le lui ont réclamé, l'argent magique existe. Et, avec la collaboration de Gemini 3.0, nous allons vous le démontrer. Nous allons vous montrer également comment cet argent magique est utilisé. Par qui et comment.



Image : Gemini 3.0
Image : Gemini 3.0

 

Pour comprendre pourquoi l'argent magique existe bel et bien et constitue le moteur de l'économie moderne, il faut déconstruire une idée reçue très répandue : l'analogie du budget familial.

Micron, comme beaucoup de dirigeants, utilise cette analogie : un ménage ne peut pas dépenser plus qu'il ne gagne indéfiniment, sinon il fait faillite. Il doit emprunter de l'argent qui existe déjà (l'épargne des autres). Selon cette logique, l'État serait pareil : il doit collecter des impôts avant de dépenser.

C'est faux pour une raison simple : les ménages ne peuvent pas créer leur propre monnaie. Les États (via leur système bancaire et leur banque centrale), si.

Voici comment fonctionne la "magie" monétaire moderne, qui repose sur deux mécanismes principaux : la monnaie "fiduciaire" et la création monétaire par le crédit bancaire.

 


 

1. Le fondement de la magie : La monnaie fiduciaire

Aujourd'hui, notre argent (l'Euro, le Dollar) n'est plus convertible en or depuis des décennies. Il n'a aucune valeur intrinsèque. Un billet de 50€ n'est qu'un bout de papier, et un chiffre sur votre compte bancaire n'est qu'une donnée numérique.

Cet argent a de la valeur uniquement parce que nous avons tous confiance dans le fait qu'il sera accepté en échange de biens et de services, et parce que l'État exige que les impôts soient payés dans cette monnaie. C'est ce qu'on appelle la monnaie "fiduciaire" (du latin fiducia, la confiance).

C'est le premier niveau de magie : la valeur repose sur une croyance collective institutionnalisée.

2. Le vrai tour de passe-passe : La création monétaire par les banques privées

C'est ici que réside le cœur du système, et c'est le point le plus mal compris du grand public.

Contrairement à ce qu'on pense, les banques ne prêtent pas l'argent des épargnants.

Lorsque vous allez voir votre banquier pour un prêt immobilier, il ne va pas chercher l'argent dans le coffre de Mme Michu pour vous le donner. Il ne transfère pas de l'argent existant.

Il le crée, littéralement, ex nihilo (à partir de rien), par un simple jeu d'écritures comptables.

C'est ce qu'on appelle le système des "réserves fractionnaires". La banque a juste besoin de détenir une toute petite fraction de monnaie "réelle" (de la monnaie de banque centrale) pour garantir une énorme quantité de monnaie qu'elle crée elle-même sous forme de prêts.

 


 

Un exemple : l'achat de l'appartement

Imaginons que vous souhaitiez acheter un appartement à 300 000 €. Vous n'avez pas cet argent, vous allez donc voir la banque "Crédit Moderne".

Ce que tout le monde pense qu'il se passe (le modèle "pas d'argent magique") :

La banque Crédit Moderne regarde dans ses comptes, voit qu'elle a 300 000 € d'épargne déposés par d'autres clients, et elle transfère cet argent existant sur votre compte pour que vous payiez le vendeur.

Ce qui se passe réellement (le modèle "argent magique") :

Vous signez un contrat de prêt. Ce contrat est une promesse : vous promettez de rembourser 300 000 € plus les intérêts sur 25 ans.

Le banquier tape sur son clavier. À cet instant précis, il crédite votre compte de 300 000 €.

D'où viennent ces 300 000 € ? De nulle part. Ils n'existaient pas cinq minutes avant. La banque a monétisé votre promesse de remboursement. Elle a transformé votre dette future en argent immédiatement utilisable.

Vous virez cet argent au vendeur de l'appartement. Ces 300 000 € "magiques" circulent désormais dans l'économie réelle : le vendeur va peut-être acheter une voiture, payer des travaux, etc.

La fin du tour : Chaque mois, quand vous remboursez votre prêt, l'argent que vous versez à la banque (le capital) est détruit. Il disparaît des livres de comptes. Seuls les intérêts restent comme profit pour la banque.

Conclusion de l'exemple : La grande majorité de l'argent en circulation dans notre économie aujourd'hui (plus de 90%) a été créée de cette manière : par des banques privées accordant des crédits.

 


 

Pourquoi ce système est le pivot de l'économie occidentale ?

Si l'argent magique (la création de monnaie par le crédit) s'arrêtait demain, l'économie s'effondrerait instantanément.
 

Il finance la croissance : 

Pour qu'une économie croisse, il faut plus de monnaie pour acheter plus de biens. Si la quantité de monnaie était fixe (comme avec l'or), la croissance serait étranglée. Le crédit permet d'anticiper la richesse future.

Le rôle de la Banque Centrale (le grand magicien) : 

Quand le système se grippe (comme en 2008 ou pendant le Covid), la Banque Centrale (BCE, Réserve Fédérale américaine) intervient avec sa propre magie, encore plus puissante : le "Quantitative Easing". Elle crée des milliards d'euros (sur un ordinateur) pour racheter les dettes des États ou des banques, injectant des liquidités massives pour éviter que le système ne s'écroule.

La nuance indispensable : La limite de la magie

Si l'argent est magique, pourquoi payons-nous des impôts et pourquoi y a-t-il de la pauvreté ?

L'argent magique existe, mais il a une limite physique : l'inflation.

Vous pouvez créer autant de monnaie que vous voulez, vous ne pouvez pas créer "magiquement" des ressources réelles (du pétrole, de la nourriture, des ingénieurs, des usines).

Si vous créez trop d'argent magique par rapport aux biens et services disponibles dans l'économie réelle, cet argent perd de sa valeur : les prix explosent. C'est ce qui est arrivé au Zimbabwe ou au Venezuela.

En résumé :

Micron a tort de dire que l'argent magique n'existe pas, car les mécanismes de création monétaire par le crédit et les banques centrales sont littéralement de la création d'argent à partir de rien. I a raison sur un point sous-jacent seulement : abuser de cette magie sans augmenter la production réelle conduit à la catastrophe économique par l'inflation. Le "pivot" de l'économie occidentale consiste à maintenir cet équilibre précaire.

 


 

La question fondamentale : comment est utilisé l'argent magique ?

L'illusion du “ruissellement” et le piège de “la monnaie hélicoptère” 

Si l'argent magique profite massivement aux détenteurs d'actifs, l'idée que cette richesse finirait par irriguer l'ensemble de la société par un effet de débordement — le fameux ruissellement — a été démentie par les faits. Les études du FMI et de nombreux économistes montrent que l'augmentation des revenus des plus riches n'entraîne pas une croissance proportionnelle pour le reste de la population. Au contraire, elle tend à alimenter des bulles spéculatives plutôt qu'à stimuler l'investissement productif ou la consommation des ménages modestes.

Pourquoi l'hélicoptère monétaire fait peur

Quant à la "monnaie hélicoptère", qui consisterait pour la banque centrale à verser directement une somme d'argent sur le compte de chaque citoyen, elle suscite une méfiance légitime pour plusieurs raisons majeures.

Premièrement, elle ne règle en rien le problème structurel de la production. Distribuer de l'argent sans qu'il y ait en face une augmentation de l'offre de biens et de services conduit inévitablement à une inflation galopante. C'est le retour de la limite physique de la "magie" : si tout le monde reçoit 1 000 euros demain mais que le nombre de pains disponibles reste le même, le prix du pain doublera simplement.

Deuxièmement, cela risquerait de détruire définitivement la confiance dans la monnaie. La monnaie ne tient que par la crédibilité de l'institution qui l'émet. Un versement massif et sans contrepartie pourrait être perçu comme un aveu de faiblesse extrême du système, entraînant une fuite devant la monnaie vers des valeurs refuges, ce qui déstabiliserait totalement l'économie occidentale.

La réalité d'un système verrouillé

En réalité, nous sommes face à un système qui sait créer de la dette pour sauver des banques ou gonfler des actifs financiers, mais qui devient soudainement très rigoureux dès qu'il s'agit de financer les services publics ou d'augmenter les bas salaires. Le pivot central dont nous parlions n'est pas conçu pour être équitable, mais pour maintenir une forme de stabilité qui profite prioritairement à ceux qui sont déjà installés dans le système.

La pauvreté n'est donc pas un manque de "magie" ou de monnaie disponible, mais le résultat d'un choix politique et technique sur la destination des flux créés ex nihilo.

Tant que l'accès à la monnaie nouvelle passera par le filtre du crédit bancaire et de la possession d'actifs, le fossé ne fera que se creuser, quelles que soient les promesses de ruissellement.

 


 

Sources les plus importantes :

Richard Cantillon, Essai sur la nature du commerce en général. Ce texte fondateur sur l'effet de la circulation monétaire est disponible sur Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5434114x

Fonds Monétaire International (FMI), étude sur les causes et les conséquences des inégalités de revenus à l'échelle mondiale : https://www.imf.org/en/Publications/Staff-Discussion-Notes/Issues/2016/12/31/Causes-and-Consequences-of-Income-Inequality-A-Global-Perspective-42986

Banque des Règlements Internationaux (BRI), analyse critique des expériences historiques liées à la monnaie hélicoptère : https://www.bis.org/publ/qtrpdf/r_qt2003f.pdf

Thomas Piketty, présentation et données relatives à l'ouvrage Le Capital au XXIe siècle sur le site de l'auteur : http://piketty.pse.ens.fr/fr/capital21c



 


Jeudi 8 Janvier 2026

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