Trump et Macron : c'est bonnet blanc et blanc bonnet !
C'est sans doute le point le plus piquant de l'analyse de Viktorovich . Au fond, Trump et Macron, c'est le même combat contre la réalité, seule la bande-son change.
D'un côté, nous avons le style américain : le mensonge décomplexé, bruyant, qui s'affiche avec une casquette rouge. C'est le mensonge quantitatif. Trump s'en moque, il sature l'espace, il "affiche la couleur". C'est brut, c'est violent, mais au moins, on sait où on habite.
De l'autre, nous avons la version "French Touch" : le mensonge qualitatif. Macron, c'est le banquier poli, le nœud de cravate impeccable, celui qui vous explique avec un calme olympien que le noir est un blanc légèrement fatigué. Il ne ment pas (selon lui), il "pédagogise". Il cache la couleur sous des couches de vernis rhétorique. Pendant que l'un hurle contre les faits, l'autre les dissout dans un vide sidéral à coup de verbes de mouvement qui ne mènent nulle part.
La logocratie, c'est quand la parole prend le pouvoir sur le réel. On ne dit plus ce qui est, on impose ce que l'on voudrait que les gens croient.
Le brutalisme en gants de velours
Le constat est amer : nous sommes entrés dans une ère de brutalisme constitutionnel. C'est légal, mais c'est brutal. L’utilisation systématique de chaque virgule de la Constitution pour contourner le vote des électeurs ou pour imposer des lois par la force, comme l'inique article 49.3, revient à dire : " Je dispose du pouvoir, donc j'ai raison. »
Que ce soit sur la gestion des masques pendant la pandémie ou sur l'invention de termes comme "l'islamo-gauchisme" (un concept qui n'existe nulle part ailleurs que dans les éléments de langage ministériels), le but est le même : saccager le débat public pour qu'on ne puisse même plus s'entendre sur les faits de base.
Comment débrancher la machine ?
Viktorovich ne nous laisse pas totalement dans le noir. Pour lui, la solution ne viendra pas d'un algorithme, mais de nous. Il s'agit de se réapproprier la rhétorique comme une arme de défense massive. Si nous comprenons comment ils manipulent les mots, ils perdent leur pouvoir.
Il nous faut aussi réinvestir nos émotions, et particulièrement une : la colère saine. Il est normal, voire nécessaire, d'être furieux quand on nous ment les yeux dans les yeux. Enfin, il est temps de lâcher nos claviers pour se reparler "en vrai", dans des espaces physiques, loin des chambres d'écho de Twitter ou Facebook. C'est là, dans le tête-à-tête, que la logocratie commence à se fissurer.
N.D.L.R
Si vous pensez que j'exagère, regardez la vidéo de l'excellente chaîne, Blast Media.
Sur ce site, je vous ai déjà dit que, pour moi, il n'y avait pas de différence entre Trump et Macron.
Clément Viktorovitch, docteur en sciences politiques, que j’ai souvent cité ici, a eu le mérite de le théoriser et même d'en faire un livre.
Références pour approfondir
L'entretien complet sur la chaîne BLAST
http://www.youtube.com/watch?v=QjRiNe5NAGk
Le site officiel de Clément Viktorovich :
https://clemovitch.com/






Corruption en France : La 27e place de la honte (ou l’art de planquer la poussière sous le tapis)