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«L'avenir n'est plus ce qu'il était» [Paul Valéry]



Comment le pouvoir financier s'immisce dans nos assiettes

Derrière les produits que nous consommons chaque jour se cache un système agroalimentaire de plus en plus concentré et financiarisé. Quelques grandes entreprises, coopératives et fonds d'investissement contrôlent une part croissante de ce que nous mangeons, avec des conséquences sur notre santé, l'environnement et la souveraineté alimentaire. Décryptage.



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## Un secteur agroalimentaire ultra-concentré
 

Saviez-vous que seulement 1,4 % des entreprises agroalimentaires réalisent 80 % du chiffre d'affaires du secteur et emploient 75 % des salariés ? Les plus grandes coopératives agricoles françaises comme InVivo, Avril, Agrial ou Tereos pèsent à elles seules 88 milliards d'euros, soit 40 % du chiffre d'affaires agroalimentaire national. 
 

Cette concentration extrême donne à ces géants un pouvoir considérable pour orienter les choix de production, de transformation et de distribution. Leur taille leur permet aussi d'influencer les politiques publiques en leur faveur.
 

## Des liens étroits avec la finance et le pouvoir
 

Pour soutenir leur développement, notamment à l'international, ces mastodontes de l'agroalimentaire s'allient à de puissants fonds d'investissement. Par exemple, InVivo a reçu 440 millions d'euros de BPI France, du Crédit Agricole et du fonds américain KKR pour sa filière malt. Tereos et Avril attirent aussi les capitaux.
 

Cet afflux d'argent va de pair avec une logique financière de maximisation des profits à court terme, souvent au détriment de la qualité des produits, de l'environnement ou des conditions de travail. Les exigences de rentabilité priment sur les autres considérations.
 

Les dirigeants de ces groupes entretiennent aussi des liens étroits avec le pouvoir politique. Nombreux sont ceux qui cumulent des fonctions dans les instances agricoles comme la FNSEA, les chambres d'agriculture, voire au gouvernement. Ces connexions leur permettent de peser sur les réglementations.
 

## Une agriculture high-tech décriée
 

Sous couvert de "révolution verte", le secteur mise massivement sur les nouvelles technologies pour « optimiser les rendements» : robotique, drones, intelligence artificielle, etc. Le plan France 2030 y consacre 2 milliards d'euros.
 

Mais, derrière les promesses, cette fuite en avant technologique soulève des questions. Elle donne encore plus de pouvoir aux géants de l'agro-industrie au détriment des petits paysans. Elle encourage un modèle productiviste néfaste pour l'environnement et la santé, comme en témoigne la multiplication des algues vertes en Bretagne liée aux élevages intensifs.
 

Surtout, cette vision d'une agriculture sans agriculteurs, dominée par les machines et les algorithmes, semble aller à l'encontre de la résilience alimentaire dont nous avons besoin. Favoriser l'autonomie, la relocalisation et la qualité plutôt que l'hyper-mécanisation et la dépendance aux intrants devrait être la priorité.
 

## Reprendre le contrôle de notre alimentation
 

Face à cette dérive inquiétante, il est urgent de réorienter notre modèle agricole et alimentaire. Cela passe par un rééquilibrage des rapports de force, en soutenant davantage l'agriculture paysanne, biologique et locale. Les citoyens ont aussi un rôle à jouer, en privilégiant une consommation responsable.
 

Il faut sortir l'agriculture des griffes de la finance et remettre l'humain et la nature au cœur des priorités. Notre santé et notre souveraineté alimentaire en dépendent. C'est un enjeu vital pour aujourd'hui et pour les générations futures.
 

N.D.L.R :
Contrairement à mon habitude, je ne ferai pas de commentaire, car je ne suis pas qualifié, ayant passé toute ma jeunesse dans les grandes villes.

Je me suis bien rattrapé depuis 1977, date à laquelle je suis parti travailler sous les tropiques, aux Antilles, puis à la Réunion et ensuite en Thaïlande (Koh Samui et Koh Phangan), puis l'ile de Crète, en Grèce et l'Andalousie depuis six ans.

Mais, si je profite de la nature depuis toutes ces années, je n'ai aucune qualification pour exprimer un point de vue sur l'agriculture.

Ce qui ne m'empêche nullement de me renseigner quand il le faut sur ce secteur, vital pour notre économie et pourtant tellement malmené.

 

Voici quelques exemples concrets de liens étroits entre le pouvoir financier, les grandes entreprises agroalimentaires et le pouvoir politique :
 

- InVivo, la plus grande coopérative agricole française, a reçu 440 millions d'euros d'investissement du fonds américain KKR, de BPI France et du Crédit Agricole pour développer sa filière malt à l'international.[1]
 

- Xavier Niel, le milliardaire fondateur de Free, a investi 300 millions d'euros dans la branche de jardineries d'InVivo via son fonds "2MX Organic" avec l'objectif affiché de créer des "centres commerciaux responsables".[1]
 

- Bill Gates a créé le fonds d'investissement "Breakthrough Energy Ventures" doté de 1 milliard de dollars, dans lequel Xavier Niel est un investisseur majeur, pour financer des technologies agricoles censées réduire les émissions de gaz à effet de serre.[1]
 

- Le président Macron a conseillé le groupe Avril, dont le patron Arnaud Rousseau est aussi président de la FNSEA, principal syndicat agricole, lorsqu'il était banquier chez Rothschild.[1]
 

- Le plan France 2030 finance massivement (2 milliards d'euros) les start-up développant des technologies de pointe (IA, robotique, drones) pour « optimiser les rendements » de l'agriculture industrielle.[1]
 

- Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, est aussi le patron du groupe agroalimentaire Avril. Lorsqu'il était banquier chez Rothschild, Emmanuel Macron a conseillé le groupe Avril, créant des liens étroits.[1][4]
 

- De nombreux vice-présidents à l'agriculture dans les conseils régionaux sont d'anciens membres ou proches de la FNSEA, comme en Bretagne, Pays de la Loire, Bourgogne-Franche-Comté, etc. illustrant les connexions avec les décideurs politiques locaux.[1][6]
 

- L'ancienne présidente de la FNSEA Christiane Lambert est devenue en 2019, présidente de la Copa et de la Cogeca, les puissants syndicats agricoles européens, lui donnant une influence au niveau de l'UE.[1] 
 

- Le Modef, un syndicat agricole minoritaire, dénonce depuis 78 ans la « collusion » entre la FNSEA et le gouvernement, l'accusant d'avoir « accepté la fin de l'avantage fiscal » lors d'un échange avec Bruno Le Maire en 2022.[6]
 

- Lors des récentes mobilisations des agriculteurs en 2024, le gouvernement a d'abord reçu la seule FNSEA, suscitant des critiques d'autres syndicats sur ce « face-à-face FNSEA-gouvernement » jugé trop privilégié.[8]
 

- Historiquement, la Coordination rurale, un autre syndicat, a accusé la FNSEA d'entretenir des liens trop étroits avec les pouvoirs publics, l'obligeant à « choisir entre la politique et le militantisme ».[2]
 

Ainsi, malgré la pluralité syndicale, la FNSEA semble bénéficier d'une position privilégiée auprès des autorités politiques nationales et européennes selon ses détracteurs.[3][7]
 

Réf :

[2] https://www.leparisien.fr/economie/on-voit-bien-une-convergence-de-vues-la-coordination-rurale-syndicat-accuse-de-collusion-avec-le-rn-31-01-2024-NU72ZWTHNJB4BPXBXRM4NPYJFM.php

[3] https://www.liberation.fr/idees-et-debats/editorial/lalliance-entre-le-pouvoir-politique-et-la-fnsea-un-aveuglement-coupable-20240221_JBQTDRQY5FFFJPBFARBL32JNKA/

[4] https://elucid.media/environnement/fnsea-groupe-avril-symbole-collusion-agriculture-industrie-syndicalisme

[5] https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/colere-des-agriculteurs-on-n-a-pas-attendu-les-syndicats-on-fait-notre-mobilisation-fnsea-ja-juges-trop-inefficaces-2910983.html

[6] https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/social/colere-des-agriculteurs-comment-la-fnsea-tente-de-reprendre-la-main-sur-un-mouvement-qu-elle-n-a-pas-initie_AV-202401250591.html

[7] https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/georges-kuzmanovic-la-solution-a-la-crise-du-monde-agricole-passe-par-la-destruction-du-pouvoir-de-la-fnsea

[8] https://www.latribune.fr/economie/france/colere-des-agriculteurs-les-premieres-reponses-du-gouvernement-attendues-cette-semaine-988547.html

[9] https://www.coordinationrurale.fr/lactualite/evenements/fnsea-ja-une-hegemonie-a-lepreuve-de-la-pluralite-syndicale/


 


Jeudi 14 Mars 2024

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