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«L'avenir n'est plus ce qu'il était» [Paul Valéry]



Quand, même la Commission européenne trouve que Macron a planté la France

On pouvait soupçonner les syndicats, les économistes « hétérodoxes » ou les éditorialistes de gauche de ne pas être tendres avec le bilan de Macron. Mais quand c’est la très libérale Commission européenne, gardienne autoproclamée des « réformes structurelles », qui dresse un constat d’échec cinglant, c’est une tout autre histoire.



Image : ChatGPT
Image : ChatGPT

Dix ans de macronisme, des dizaines de milliards de baisses d’impôts, et au bout du chemin :
 

🔶 innovation en berne, 

🔶 transition écologique sabotée, 

🔶 école essoufflée et 

🔶 pauvreté en plein boom.  

La Commission européenne, pas franchement un repaire de bolchéviques

Chaque printemps et chaque automne, la Commission européenne passe en revue les politiques économiques des États membres, dans un exercice qui ressemble plus à un contrôle fiscal qu’à un café du commerce militant.  
 

Cette année encore, elle valide à court terme la trajectoire budgétaire de la France, tout en prévoyant pour 2027 un déficit à 5,7 % du PIB, ce qui est déjà suffisamment inquiétant pour faire tousser à Bruxelles. 
 

Mais le vrai missile ne porte pas sur les chiffres du déficit, ce serait presque une distraction. 
 

Le document que la Commission consacre à la France taille en réalité un costume trois pièces au macronisme, bien au-delà des querelles de décimales sur le budget. 
 

 


 

Innovation : le crédit impôt recherche, machine à cash, pas machine à idées

Premier angle de tir : l’innovation, supposée être le cœur de la « start-up nation ».  
 

La Commission commence par étriller le crédit impôt recherche (CIR), ce dispositif que les gouvernements présentent comme la baguette magique de la R&D à la française. N.D.L.R : article à venir
 

Elle rappelle que le CIR « n’a pas d’effets significatifs sur les grandes entreprises, alors même qu’elles bénéficient de la moitié de ce soutien » et qu’il néglige les PME, ces fameuses « gazelles » censées tirer la croissance.  Traduction moins technocratique : les géants du CAC 40 empochent la prime, mais pour ce qui est d’innover, on repassera. 
 

À l’inverse, le plan France 2030 fonctionne, lui. Selon la Commission, il favorise les investissements immatériels, la propriété intellectuelle, la productivité et la compétitivité.  Un truc qui marche, donc. 
 

Mais, la France décide de le démanteler sans prévoir de successeur. « La France accélère le démantèlement progressif de France 2030, et il n’y a aucune indication d’un plan d’investissement qui lui succéderait », soupire le texte.  On dirait un sketch, c’est une politique publique. 
 

Résultat de dix ans de discours sur la « compétitivité de l’offre » : « La R&D privée en France stagne. »  Les entreprises françaises dépensent plus d’énergie à courir après les baisses d’impôts qu’à inventer le futur. Et la politique macroniste les a encouragées dans cette direction. 
 

 


 

MaPrimeRénov ou l’art de saboter la transition écologique

Sur le volet climat, l’avis de la Commission tient en une phrase : grand n’importe quoi. 
 

Elle constate que le ralentissement de la décarbonation observé en 2024 s’est poursuivi en 2025, ce qui est une manière polie de dire que la France a levé le pied au moment où il fallait appuyer sur l’accélérateur. 
 

Bruxelles a un exemple tout trouvé : MaPrimeRénov, ce dispositif que le gouvernement brandit à chaque conférence de presse comme la preuve éclatante de son « ambition écologique ».  L’Agence nationale de l’habitat signale une baisse de 10 % des rénovations énergétiques, conséquence directe des coups de frein et d’accélérateur, des interruptions, des revirements sur les types de travaux admissibles et les conditions de revenus. 
 

Cette instabilité a « affaibli la dynamique, réduit la prévisibilité pour les ménages et le secteur et ralenti le déploiement des pompes à chaleur », résume la Commission sans prendre de gants.  Quand même la bureaucratie bruxelloise vous reproche d’être brouillon, c’est que la situation est sérieusement désorganisée. 
 

Et ce n’est pas qu’un accident conjoncturel : la France n’a atteint qu’en 2024 son objectif juridiquement contraignant en matière d’énergies renouvelables pour… 2020, avec 23,2 % dans la consommation finale d’énergie.  Elle reste « très en retard » par rapport à la contribution indicative de 42,5 % pour 2030 fixée par l’UE.  Une fois qu’on passe les grands sermons présidentiels à la moulinette, la lutte contre le réchauffement apparaît surtout comme une belle opération de communication. 
 

 


 

Emploi et école : des jobs précaires et des profs à bout

On pourrait se dire que, malgré ces ratés, la France se rattrape sur l’emploi, le grand récit macroniste étant celui d’un pays « plein emploi ». La Commission, elle, n’y croit pas.  Elle note que « le taux d’emploi en France reste faible et des obstacles à l’emploi persistent, en particulier pour les jeunes travailleurs ». 
 

Quant à l’école, supposée être la fabrique des talents de demain, le verdict pique. Le système éducatif français est marqué par « une baisse de la maîtrise des compétences de base » et des matières STIM (science, technologie, ingénierie, mathématiques).  Pas idéal pour une économie qui prétend jouer la carte de l’innovation. 
 

Et pour corriger le tir, il faudrait des enseignants motivés. Mauvaise pioche : « Des problèmes majeurs persistent en ce qui concerne les conditions de travail des enseignants et la qualité de leur formation, ce qui nuit à l’attractivité de la profession. »  En résumé : les profs sont épuisés, mal formés, et on leur demande de sauver une école que la politique budgétaire abandonne. 
 

 


 

La France des travailleurs pauvres, nouvelle spécialité maison

Le plus violent n’arrive qu’à la fin : la description de la situation sociale. Là où la macronie répète que les réformes « protègent les plus faibles », la Commission dresse un tableau franchement alarmant.  « Le risque de pauvreté et d’exclusion sociale s’est aggravé ces dernières années. » 
 

Le moteur principal ? La pauvreté au travail. La Commission note « une forte hausse » du taux de pauvreté des personnes en emploi entre 2022 et 2025, au point que la France dépasse désormais la moyenne européenne.  Travailler, en France, n’est plus une garantie contre la pauvreté ; c’est parfois juste une manière plus silencieuse d’y rester. 
 

Tout cela arrive après « de nombreuses réformes » et « des dizaines de milliards d’euros de recettes fiscales perdues » pour remplir les poches des plus riches, comme le rappelle l’article d’Alternatives économiques. 
 

Au final, la Commission dresse un inventaire sans fard : 
 

🔶 recherche privée stagnante, 

🔶 transition écologique qui patine,

🔶 école qui s’essouffle, 

🔶 pauvreté qui progresse. 
 

 


 

Quand la gardienne de l’orthodoxie dit : « macronisme, échec »

Ce qui rend ce réquisitoire si spectaculaire, c’est l’auteur : la Commission européenne, cette institution qui applaudit habituellement les réformes libérales, les baisses de dépenses publiques et la « discipline économique ».  Quand cette gardienne orthodoxe conclut qu’un président « aura causé beaucoup de tort à la France », on ne peut plus parler d’un simple procès politique. 
 

Avec Macron, la France aura essayé une décennie de chirurgie libérale :

 

🔶 transfusions fiscales vers les plus riches, 

🔶 discours lyriques sur la « start-up nation » et 

🔶 promesses de révolution écologique.  
 

Dix ans plus tard, même Bruxelles, pourtant rarement accusée de gauchisme, regarde les résultats et prononce le mot qui fâche : échec.

Sources ;

L’article d'Alternatives Economiques

https://www..fr/quand-la-commission-europeenne-dresse-le-constat-d-echec-du-macronisme?utm_campaign=hebdo_tous&utm_medium=email&utm_source=emailing&utm_content=260621
 

Prévisions économiques et soutien financier aux États membres de l’UE – Surveillance macroéconomique et budgétaire et rapports par pays 

https://economy-finance.ec.europa.eu/economic-surveillance-eu-member-states/country-pages-including-country-reports_en

Puis cliquer sur « EN »  pour choisir «FR » , puis  sur « France » pour accéder au PDF ou à la fiche dédiée. 

 

Une source française qui renvoie explicitement vers le rapport Pays France dans le cadre du paquet de printemps (utile comme lien complémentaire ou de secours) :

https://www.afccre.org/fr/actualites/semestre-europ%C3%A9en-ce-que-la-commission-europ%C3%A9enne-pr%C3%A9conise-pour-la-france

 

 

 

 

Vendredi 26 Juin 2026

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