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Permis de tuer : pourquoi la nouvelle loi sur l’usage des armes par la police est très dangereuse pour la France

Le 7 juillet 2026, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture une loi instaurant une présomption d’usage légitime des armes pour les policiers et les gendarmes. Présentée comme une mesure de « protection » des forces de l’ordre, elle est en réalité un tournant majeur : elle renverse la charge de la preuve, complique la mise en cause pénale des agents et, dans les faits, instaure un véritable « permis de tuer ».



Image : Gpt Image 1.5
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Dans un pays où le nombre de décès liés à des interventions policières est déjà parmi les plus élevés d’Europe, cette loi arrive au pire moment.

Elle risque d’aggraver l’impunité, de banaliser le recours à la force létale et de fragiliser encore un peu plus la confiance entre la population et l’État.

Ce que dit vraiment la loi (et ce qu’elle change)

Le texte modifie l’article L.435-1 du Code de la sécurité intérieure. Il dispose désormais que :

« Lorsqu’ils font usage de leurs armes, les agents de la police nationale et les militaires de la gendarmerie nationale sont présumés avoir agi dans l’un des cas autorisés par le présent article, conformément aux conditions d’absolue nécessité et de stricte proportionnalité.[ohmymag ]
 

Cette présomption peut, à tout moment, être renversée par tout élément de preuve contraire. » [assemblée nationale ]

Concrètement, cela signifie que :

➤ un tir policier est d’abord considéré comme légal.

➤ Ce n’est plus à l’État de prouver que l’usage de l’arme était justifié, mais à la victime (ou à ses proches) de prouver le contraire.[ohmymag ]

➤ La présomption est dite « simple » (elle peut être renversée), mais, dans la pratique, elle rendra beaucoup plus rares les mises en examen et les condamnations de policiers après un tir.[ohmymag ]

Avant cette loi, le cadre légal exigeait déjà que l’usage de l’arme soit « absolument nécessaire », et « strictement proportionné ». La nouveauté n’est pas dans les mots, mais dans la logique procédurale : on part désormais du principe que le policier a agi dans la loi, sauf preuve du contraire.[ouest-france ]

Un contexte déjà très inquiétant : la France en tête des décès policiers en Europe

Pour comprendre le danger de ce texte, il faut le mettre en perspective avec les chiffres connus (et souvent sous-estimés) des décès liés à des interventions policières :

➤ En 2024, 66 personnes sont mortes en France à la suite d’une intervention des forces de l’ordre (tirs, accidents, malaises, etc.).[basta ]

➤ En 2025, ce bilan est de 49 morts.[basta ]

➤ Rien que pendant les 5 premiers mois de 2026, 22 décès ont déjà été recensés.[basta ]

➤ Depuis 2017, le nombre de personnes tuées lors d’interventions policières a explosé, passant d’une moyenne d’environ 15 par an à près de 39 par an entre 2018 et 2024, selon plusieurs recensements indépendants.[basta ]

Une enquête de VoxEurope (2024) portant sur 13 pays de l’Union européenne entre 2020 et 2022 montre que la France présente les chiffres les plus élevés de décès en garde à vue ou lors d’interventions policières, devant l’Irlande, l’Espagne et l’Allemagne.[basta ]

Autrement dit : la France n’est pas un pays « dans la moyenne » européenne sur ce sujet. Elle est déjà dans le haut du classement, avec une tendance à la hausse marquée depuis près de dix ans. [politis ]

Pourquoi cette loi est-elle un « permis de tuer »

L’expression « permis de tuer » n’est pas qu’une formule choc. Elle résume une réalité juridique et politique :

A/ Une inversion de la charge de la preuve

Dans le droit pénal classique, c’est à l’accusation de prouver l’infraction. Avec cette loi, c’est l’inverse : le tir est présumé légal, et c’est aux victimes ou à leurs proches de démontrer qu’il ne l’était pas.[facebook ]

Or, comme le montre l’affaire Naël (tué par un policier en 2023), même avec une vidéo, la bataille judiciaire est longue, incertaine et psychologiquement insoutenable pour les familles. Dans de nombreux cas, il n’y a pas de vidéo, pas de témoins, ou des témoins intimidés. [transcript:456–530][amnesty ]

B/ Une impunité déjà très forte, qui va s’accentuer

Avant même cette loi, les condamnations de policiers après un tir étaient déjà très rares. Selon des données citées par Amnesty et le Défenseur des droits :

➤ Entre 2017 et 2026, sur 437 affaires liées à l’usage de la force, moins de 2% ont abouti à des condamnations fermes. [transcript:553–580]

➤ En 2024, sur 14 affaires de tir, les 12 jugées ont toutes abouti à une reconnaissance de légitime défense pour les policiers, selon le ministère de l’Intérieur lui-même. [transcript:683–705]

Autrement dit, le système actuel protège déjà massivement les policiers. La nouvelle loi ne « corrige » pas un « acharnement judiciaire » : elle renforce une impunité structurelle. [transcript:661–723]

C/ Un signal politique dangereux

Le message envoyé est clair : l’État considère que la parole et la version des forces de l’ordre doivent primer sur celles des victimes. Cela risque de :

Banaliser le recours à l’arme, surtout chez des agents déjà sous pression et parfois mal formés.

➤ Décourager les victimes et leurs familles d'engager des procédures, par découragement face à un système encore plus déséquilibré.

➤ Fragiliser la légitimité de la police auprès d’une partie de la population, en particulier dans les quartiers populaires et parmi les jeunes perçus comme noirs ou Arabes, déjà plus souvent contrôlés et ciblés. [transcript:553–576]

Une loi portée par l’extrême droite, adoptée par une large coalition

Ce texte n’est pas anodin sur le plan politique :

➤ Il émane d’un député Les Républicains (Éric Pauget), mais s’inscrit dans une vieille revendication de Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen, qui réclamaient depuis des années une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre. [transcript:73–100]

➤ Il est soutenu par le gouvernement, le ministre de l’Intérieur ayant lui-même poussé un amendement pour renforcer le texte. [transcript:34–41][ouest-france ]

➤ Il est voté avec le soutien d’une coalition allant d’une partie du camp présidentiel aux Républicains, en passant par le RN-UDR. [transcript:838–883][ouest-france ]

Symbole supplémentaire : des syndicats policiers qui, par le passé, étaient réservés sur ce sujet, soutiennent désormais ouvertement la loi, sous la pression de syndicats plus durs, comme Alliance Police Nationale. [transcript:748–777]

Ce que disent ceux qui s’opposent à la loi

Six organisations de défense des droits (Ligue des droits de l’homme, Amnesty International, Syndicat des avocats de France, Syndicat de la magistrature, etc.) ont alerté, fin juin 2026, sur les dangers de ce texte. [transcript:192–202]

La Défenseure des droits, Claire Hédon, a rendu un avis très sévère, estimant que cette proposition de loi est susceptible de :

Affaiblir le contrôle du juge.

Complexifier le cadre juridique de l’usage des armes.

➤ Adresser un signal dangereux quant au recours à la force létale. [transcript:376–408]

Elle conclut que « toute disposition susceptible de banaliser le recours à l’arme ou de laisser croire un assouplissement de ces conditions d’usage doit être écartée ». [transcript:397–408]

Une formation insuffisante, des risques accrus d’erreurs mortelles

Un autre élément, souvent oublié : la formation des policiers à l’usage des armes est très inégale et souvent insuffisante.

Selon un rapport de la Cour des comptes (2022) cité dans les débats :

➤ Seulement 62% des personnels actifs avaient réalisé les trois séances annuelles de tir obligatoires.

➤ Le taux de réalisation complète des 12 heures d’entraînement annuel réglementaire n’atteignait que 24% au niveau de la DGPN, et 14% pour la Préfecture de police. [transcript:242–266]

Autrement dit : on dote les policiers d’armes, mais on ne les forme pas suffisamment à les utiliser. Dans ce contexte, une loi qui « protège » davantage l’usage des armes augmente mécaniquement le risque d’erreurs mortelles, de tirs disproportionnés et de drames évitables. [transcript:274–297]

Pétition, mobilisations : que peut encore faire la société civile ?

Une pétition sur le site de l’Assemblée nationale contre la « présomption de légitime défense » a recueilli plus de 500 000 signatures début juillet 2026.[amnesty ]

Mais le système de pétitions en France est très limité : même avec 500 000 signatures, c’est la conférence des présidents qui décide si le texte est examiné en séance, et cela n’arrête pas le processus législatif. [transcript:889–914]

Pour autant, la mobilisation ne s’arrête pas là :

➤ Des associations préparent des actions en justice, des recours et des saisines d’instances internationales.

➤ Des syndicats de magistrats et d’avocats dénoncent une atteinte à l’État de droit.

➤ Des collectifs travaillent à documenter, année après année, les décès liés à des interventions policières, pour contrer l’opacité institutionnelle.[basta ]

En résumé : pourquoi cette loi est un danger réel

Cette loi sur la « présomption d’usage légitime des armes » est dangereuse pour plusieurs raisons :

Elle renverse la charge de la preuve, rendant beaucoup plus difficile la mise en cause pénale des policiers après un tir.[facebook ]

Elle arrive dans un contexte déjà très tendu, avec un nombre de décès liés à des interventions policières parmi les plus élevés d’Europe et en forte hausse depuis 2017.[basta ]

Elle renforce une impunité déjà massive, alors que moins de 2% des affaires aboutissent à des condamnations fermes entre 2017 et 2026. [transcript:553–580]

Elle envoie un signal politique clair : la parole des forces de l’ordre prime sur celle des victimes, ce qui risque de banaliser le recours à la force létale. [transcript:397–408]

Elle ignore le problème de la formation des policiers à l’usage des armes, augmentant le risque d’erreurs mortelles. [transcript:242–297]

Elle est portée par une coalition allant de LR au RN, en passant par le gouvernement, marquant une forme de « droitisation » et d’extrémisation de la politique sécuritaire française. [transcript:789–817][ouest-france ]

Dans un pays qui se prétend attaché à l’État de droit et aux droits de l’homme, cette loi marque un tournant autoritaire. Elle ne protège pas les citoyens : elle protège d’abord les agents de l’État contre les conséquences de leurs actes, même les plus graves.

 


 

Source: 

Blast Media : un permis de tuer, en toute légalité, pour les policiers. 

https://youtu.be/rYp_UzQnPVE?si=0sKUDRfBYXgJ205R

 
 

N.D.L.R

Comme le montre l'image qui illustre cet article, finalement, nous en sommes arrivés, en France, en 2026, à ce qui se passe aux États-Unis depuis toujours. 
 

À savoir que les policiers n'ont pas, par défaut, à se justifier de leurs actes.
 

Même les plus graves.

 
Imaginez une seconde comment cette loi pourra être utilisée dans une France qui a toutes les malchances d'être gouvernée prochainement par une présidente d'extrême droite, déjà condamnée lourdement par la justice.

Si, par malheur, la France devient un régime dictatorial, elle le devra en premier lieu à Macron, qui aura donné à l'extrême droite française toutes les clés nécessaires.

Parmi lesquelles, ce permis
de tuer ne sera pas le moindre.


 
 

Lundi 13 Juillet 2026

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