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Il y a un profond malaise dans l’Eglise sur la question de l'homosexualité

La prière transmise par le cardinal André Vingt-Trois aux diocèses et hostile à l’union homosexuelle a suscité de nombreuses réactions tantdu côté des associations qu'au sein de la communauté chrétienne. Pour Anthony Favier, historien du catholicisme à l’université de Lyon II, la polémique souligne le malaise persistant de l'Eglise sur la question de l'homosexualité.



Il y a un profond malaise dans l’Eglise sur la question de l'homosexualité
 
INTERVIEW

La polémique autour de la prière d’André Vingt-Trois, implicitement opposée au mariage homosexuel, risque d'écorner un peu plus l'image de l'Eglise dans l'opinion.
 
Recueilli par MARLÈNE QUINTARD pour Liberation.fr
 
La prière transmise par le cardinal André Vingt-Trois aux diocèses et hostile à l’union homosexuelle a suscité de nombreuses réactions tant du côté des associations qu'au sein de la communauté chrétienne. Pour Anthony Favier, historien du catholicisme à l’université de Lyon II, la polémique souligne le malaise persistant de l'Eglise sur la question de l'homosexualité.
 
Certains prêtres ont refusé de lire la prière d’André Vingt-Trois, est-ce le signe d’une division au sein de l’Eglise ?
 
C’est difficile de savoir ce qu’il s’est précisément passé à la messe de l’Assomption. Seules la paroisse du Saint-Esprit à Toulouse et la paroisse Saint-Merry à Paris ont publiquement assumé cette position. D’autres ont certainement refusé mais sans le déclarer ouvertement. Certains prêtres ont également émis des réserves et changé les paroles de la prière.
 
Ce qui est sûr, c’est que le sondage Ifop réalisé à cette occasion montre qu’un renversement s’opère au sein de la population catholique. Selon ce sondage, 45% des catholiques pratiquants sont aujourd’hui favorables au mariage homosexuel [ils sont 61% parmi les catholiques non pratiquants qui restent très proches de la moyenne française, située à 65%]. D’une minorité, on est en train de passer à une majorité. Alors que les évêques se présentent comme unanimes sur cette question, concrètement, au sein des communautés, il y a débat, et certains sont prêts à adopter le mariage homosexuel.
 
Une telle divergence d’opinions entre la communauté chrétienne et ses instances dirigeantes peut-elle expliquer la diminution du nombre de pratiquants en France ?
 
Cela reste extrêmement difficile à déterminer. On peut prendre la question de la contraception comme point de comparaison. En 1968, en réponse à l’adoption par le Parlement de la loi Neuwirth autorisant la contraception orale [appliquée en 1972], le pape Paul VI promulgue l’encyclique humanae vitae qui condamne le recours à la contraception. A partir de ce moment là, on voit clairement que les femmes prennent leurs distances vis-à-vis de l’Eglise.
 
En ce qui concerne la question du mariage homosexuel, il est évident que certains homosexuels catholiques en souffrance vont être tentés de se détacher de l’Eglise. Ils sont dans la situation la plus terrible car ils se retrouvent entre la tradition anticléricale du mouvement LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) et les valeurs des instances dirigeantes de l’Eglise dans lesquelles ils ne se reconnaissent pas. Mais l’on reste sur des populations difficiles à quantifier. D’une manière générale, cela peut écorner l’image de l’Eglise dans l’opinion.
 
Peut-on parler de crise au sein de l’Eglise ?
 
Le catholicisme est en crise depuis longtemps. Autrefois, c'était la religion majoritaire. Depuis le 18e siècle et la fin de la monarchie catholique, l’Eglise a perdu le contrôle de beaucoup de secteurs de la vie de la société : les universités, les hôpitaux puis les écoles. Aujourd’hui, on est encore dans une crise, mais une crise qui remonte peut-être plus aux années soixante. Les Français voient de plus en plus le catholicisme comme une religion parmi d’autres. Il y a une crise de légitimité, l’Eglise a du mal à représenter la majorité des Français. L’Eglise est aussi en crise dans le sens où elle est rentrée dans une logique minoritaire. Elle n’est plus celle qui initie les débats. Elle est obligée de suivre et n’est plus en avance sur les questions de société.
 
Comment expliquer un tel malaise autour de la question de l’homosexualité ?
 
Il existe un fort tabou au sein du catholicisme qui est celui de l’homosexualité du clergé. Un nombre non négligeable de prêtres catholiques - en charge ou non - sont homosexuels. C’est un paradoxe sociologique : cette communauté, plutôt conservatrice au niveau des mœurs, est gouvernée par des prêtres dont une partie non négligeable des effectifs est composée d’homosexuels. C’est ce qu’ont notamment montré les travaux du sociologue et prêtre français Julien Potel dans les années quatre-vingt-dix.
 
Par ailleurs, depuis 2005, un texte de Rome interdit aux homosexuels et à ceux soutenant ouvertement la culture gay, d'être ordonnés prêtres. Ce tabou explique, en partie, la réaction actuelle de l’Eglise face au mariage homosexuel. La question n’a jamais été ouvertement traitée. Dans toutes les déclarations, l’homosexualité est toujours présentée comme un problème de société, un problème psychologique, un problème externe à l’Eglise. Or, ce discours néglige totalement l’homosexualité comme partie structurante du catholicisme, comme c’est le cas dans toute société. Du coup, l’homosexualité n’est jamais traitée explicitement. Il n’y a aucun document de référence indiquant comment gérer ces questions en interne, ce qui prouve le profond malaise.
 
L’Eglise restera-t-elle sur cette position ?
 
Ça n’est pas dit. L’histoire nous montre qu’il y a bien des choses que l’Eglise a condamné et dans lesquelles elle a finalement trouvé une vertu. Au 19e siècle, l’Eglise refusait l’Etat libéral et ne se disait favorable qu’au système monarchique. Mais, voyant que peu à peu les populations se convertissaient à une nouvelle forme d’Etat, elle a mis un peu d’eau dans son vin. Elle a aussi fait machine arrière au sujet de la psychanalyse ou en ce qui concerne la critique historique de la Bible. Aujourd’hui, rien n’empêche les catholiques de suivre une psychothérapie, ce qu’interdisait l’Eglise auparavant. De la même manière, certains peuvent désormais pratiquer le commentaire historique de la Bible. L’histoire nous montre que, lorsqu’il y a un changement social important, les catholiques réaménagent ce qui était jadis interdit.
 
Est-elle dans son rôle en intervenant de la sorte dans un débat de société ?
 
Oui, en tant que corps institué, l’Eglise a tout à fait le droit d’intervenir dans un débat au sein de l’espace public. Il faut savoir qu’en France les évêques sont beaucoup moins intrusifs qu’en Espagne ou en Italie. Leur place dans l’espace public est d’ailleurs de plus en plus marginale. Avec cette question du mariage homosexuel, ils ont regagné en visibilité. Le cardinal Barbarin [cardinal français et archevêque de Lyon] est passé au JT de France 2. Un cardinal catholique français au journal télévisé, ça n'était pas arrivé depuis l'élection de Benoît XVI [en 2005] ! D’un autre côté, certains ont l’impression que l’on réduit uniquement la doctrine sociale de l’Eglise aux affaires de mœurs et cela crée une lassitude.
 
Quant à la vie politique à proprement parler, l’Eglise s’interdit de donner des consignes de vote. Elle donne toutefois des critères de discernement et, depuis le dernier scrutin présidentiel, les consignes de certains évêques étaient clairement un appel à ne pas voter Hollande, justement à cause des questions comme l’euthanasie ou le mariage homosexuel. A la fin de son mandat, Nicolas Sarkozy n’avait pas non plus bonne presse chez les catholiques pratiquants. Il avait perdu le vote de nombreux catholiques, notamment à cause de sa politique contre les Roms.

N.D.L.R

Les raisons du profond malaise de l'église sur la question du mariage homosexuel sont parfaitement explicitées dans le chapitre marqué par mes soins en gras et en italique.

Toutefois, la raison du malaise grandissant de l'opinion publique vis-à-vis de l'église ne vient pas du fait que les prêtres soient homosexuels mais du fait qu'ils sont aussi pédophiles. D'autant que la plupart du temps ils exercent leur pédophilie sur les enfants qu'on leur confie. Ce qui n'est pas la même chose et ce qui est beaucoup plus grave. En effet, si l'homo sexualité est légale la pédophilie, elle, est sévèrement réprimée par la loi. Ce que le distingué historien du catholicisme  s'est bien gardé de souligner. Il semblerait que la pédophilie au sein de l'église soit encore plus taboue que l'homosexualité.

Les prêtres peuvent être aussi homosexuels que ça leur chante, c'est le problème de l'église. Problème qui perdurera jusqu'à ce que l'église acceptera le mariage des prêtres. Mais quand ils s'en prennent à nos enfants, ça devient un problème qui relève des assises.



 

Il y a un profond malaise dans l’Eglise sur la question de l'homosexualité

Lundi 20 Août 2012

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1.Posté par Claudius le 20/08/2012 22:08
c'est très bien, mais qu'en est il des autres religions ? sont elles mieux ?

2.Posté par GUY DERIDET le 22/08/2012 13:09
@Danaotoba

Il en existe certainement qui sont pires. Et d'autres qui sont meilleures. Mais cela n'enlève absolument rien au problème de l'église catholique en ce qui concerne la pédophilie de ses représentants.

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