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«L'avenir n'est plus ce qu'il était» [Paul Valéry]



Doit‑on se préparer à une Troisième Guerre mondiale ?


L’auteur part du constat que la multiplication des conflits (Ukraine, Gaza, Caucase, Moyen‑Orient, Iran) marque la fin de la croyance selon laquelle la dissuasion nucléaire empêchait durablement le retour des guerres de conquête entre grandes puissances. Un article de TheConversation.



Image ChatGPT + Gemini
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Thèse centrale


Il propose le scénario d’une guerre mondiale non déclarée, composée d’une série de guerres locales et régionales qui satureraient progressivement la capacité de réaction des États‑Unis et du système international.

Érosion de la dissuasion nucléaire

Depuis 1945, la doctrine dominante voulait que l’existence des armes nucléaires rende impensable toute guerre de conquête directe entre puissances nucléaires, cantonnant les affrontements à des « guerres limitées ».
L’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui avait garanti sa sécurité dans le mémorandum de Budapest, illustre l’usage de l’arsenal atomique comme bouclier permettant une guerre de conquête conventionnelle, sans déclencher d’escalade nucléaire directe avec les États‑Unis.

Le « seuil » nucléaire qui se déplace

La notion classique de « seuil » nucléaire – une ligne claire au‑delà de laquelle la guerre atomique devient certaine – ne tient plus dans la pratique.

La guerre en Ukraine montre qu’un conflit de haute intensité, avec objectifs d’annexion explicites, peut se dérouler sous la « voûte nucléaire » sans activation de la menace atomique, ce qui élève de fait le niveau de violence jugé tolérable.

Cette élévation du seuil ouvre une fenêtre d’opportunité aux puissances « révisionnistes » qui veulent modifier les règles du jeu à leur avantage, notamment en remettant en cause le principe d’intangibilité des frontières pourtant central dans l’ordre onusien depuis les décolonisations et la fin de l’URSS.

Retour des guerres de conquête et rôle des grandes puissances

Les ruptures les plus marquantes de ces cinq dernières années viennent des puissances nucléaires elles‑mêmes.
La Russie tente d’annexer des provinces ukrainiennes tout en absorbant les sanctions et en testant les limites industrielles et politiques de l’effort de guerre occidental, prouvant qu’un État sous parapluie nucléaire dispose d’une marge de manœuvre conventionnelle plus grande qu’attendu.

Israël, puissance nucléaire non déclarée, mène une riposte militaire d’ampleur inédite après le 7 octobre 2023 (Gaza, Liban, Syrie, Yémen, Iran) selon une doctrine de « réponse disproportionnée ».

Les États‑Unis, autrefois architectes et garants de l’ordre, contribuent à sa dérégulation : intervention en Iran sans mandat onusien ni consultation du Congrès, menaces ouvertes envers certains membres de l’OTAN, mise en cause du financement et de l’architecture de l’alliance.

Parallèlement, d’autres guerres plus « locales » (Azerbaïdjan‑Arménie, Cambodge‑Thaïlande, Inde‑Pakistan, Pakistan‑Afghanistan) s’ajoutent, illustrant une tendance lourde au retour des conflits armés, parfois avec modifications territoriales et exodes massifs, que ni les États‑Unis ni leurs rivaux ne parviennent à réguler simultanément.

Du morcellement des conflits à la « mise en série »

En s’appuyant sur Raymond Aron (Les guerres en chaîne), l’auteur rappelle qu’on a longtemps raisonné entre deux pôles : paix armée / guerre nucléaire totale, en négligeant les « guerres chaudes limitées » comme la Corée ou le Vietnam.

Pendant la guerre froide, la dissuasion nucléaire confinait ces guerres locales, qui restaient en quelque sorte « en dérivation » : un conflit pouvait s’embraser sans entraîner mécaniquement les autres.

Aujourd’hui, la multiplication de conflits intenses mais dispersés ouvre la possibilité d’une « concaténation » : les guerres locales finiraient par former une seule chaîne de conflits intégrée, à la manière des guerres mondiales du XXe siècle.

Par métaphore électrique, nous serions en train de passer d’un montage en dérivation à un montage en série où chaque nouveau foyer de tension accroît la charge sur l’ensemble du système, augmentant le risque de court‑circuit global.

Surcharge américaine et vide de puissance régulatrice

Théoriquement conçue pour mener deux guerres majeures simultanées, l’armée américaine ne peut en réalité en conduire qu’une seule à pleine intensité.

Les États‑Unis paient le prix de leur prééminence : ils doivent être forts partout à la fois, alors que chaque adversaire n’a qu’à dominer sa propre région.

Cette asymétrie crée un risque de « surcharge stratégique » : une crise supplémentaire (Taïwan, Golfe, sous‑continent indien) suffirait à rendre Washington incapable de contenir tous les foyers de tension en même temps.

 L’Europe reste divisée entre fidélité au lien transatlantique et quête d’autonomie stratégique, donc incapable de remplacer les États‑Unis comme puissance stabilisatrice, tandis que la Chine, malgré sa puissance croissante, ne dispose ni des moyens (flotte hauturière, bases) ni de la volonté d’intervenir activement dans ces conflits.

Un monde sans puissance régulatrice verrait la dérégulation de la dissuasion produire pleinement ses effets : un chapelet de conflits susceptibles de ramener des formes de violence extrême comparables à 1914‑1945, avec, à terme, un risque d’emploi d’armes de destruction massive non pas au début, mais après un long enlisemment dans la violence.

Quel nouvel ordre pour éviter l’emballement ?

La fin de l’« indispensable nation » américaine se lit dans le rééquilibrage des PIB entre grandes puissances.
Le système international bascule vers autre chose : soit un monde plus distribué et polycentrique (monde « oligopolaire »), soit un nouveau bipôle Washington‑Pékin.

La période de transition est la plus dangereuse : on ignore si la dissuasion et la maîtrise des conflits y resteront suffisamment robustes pour éviter un épisode de violence incontrôlée comparable à celui de 1914‑1945.

Selon l’auteur, une politique de sécurité uniquement passive (arsenaux nucléaires + alliances défensives) ne protège plus les démocraties : il faut reconstruire des mécanismes de régulation, restaurer des normes partagées sur l’usage de la force et bâtir des régimes de sécurité régionaux capables de fonctionner sans dépendre d’un seul garant de plus en plus erratique. 
 

https://theconversation.com/doit-on-se-preparer-a-une-troisieme-guerre-mondiale-277682.html

 


Lundi 23 Mars 2026

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