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« L'avenir n'est plus ce qu'il était » [Pierre Dac]



Les lits en réanimation sont-ils vraiment saturés ?

99,9 %. C’est le taux officiel d’occupation des lits en réanimation en France, mercredi, par des patients atteints du Covid-19, selon le chiffre publié sur le site du gouvernement. En Ile-de-France, cette proportion aurait même atteint 133,6%. Soit plus d’un patient par lit… Et en supposant qu’il n’y ait plus aucun autre malade que des patients Covid dans ces unités. Ce qui est évidemment impossible. Explications. Extrait d'un article de Libération



Les lits en réanimation sont-ils vraiment saturés ?


par Luc Peillon
publié le 2 avril 2021 à 7h43


Les données concernant les lits en réanimation en France sont, depuis le début de la crise sanitaire, objets de polémiques. Récemment encore, le monde médical s’est déchiré sur la gravité de la situation.

Dans une tribune publiée dimanche dans le JDD, 41 cadres de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) s’alarmaient : «Dans les quinze prochains jours, les contaminations ayant déjà eu lieu, nous avons une quasi-certitude sur le nombre de lits de soins critiques qui seront nécessaires et nous savons d’ores et déjà que nos capacités de prise en charge seront dépassées au terme de cette période. […] Dans cette situation de médecine de catastrophe où il y aura une discordance flagrante entre les besoins et les ressources disponibles, nous serons contraints de faire un tri des patients afin de sauver le plus de vies possibles. Ce tri concernera tous les patients, Covid et non-Covid, en particulier pour l’accès des patients adultes aux soins critiques.»

Pour rappel, le taux d’occupation des lits en réa par des patients Covid – les fameux 100% au niveau national et 133% en Ile-de-France – est calculé en rapportant le nombre de patients Covid hospitalisés en «soins critiques» (qui regroupent les réanimations mais aussi les unités de surveillance continue et de soins intensifs) au nombre de places disponibles en réanimation uniquement, et au début de la crise sanitaire.

Soit effectivement, pour la France, environ 5 100 patients Covid en soins critiques en mars 2021, sur les 5 100 places de réa disponibles début 2020. Ce qui conduit au 100 % d’occupation. Pour l’Ile-de-France, il s’agit de 1 532 patients Covid en soins critiques actuellement pour 1 150 lits de réa au début de la crise, d’où les 133% d’occupation.

En réalité, selon la Direction générale de l’offre de soins, parmi les 5 100 patients Covid en soins critiques aujourd’hui, environ 3 800 sont en service de réanimation, soit 75%. Quant au reste des patients Covid en soins critiques (25%), ils sont pris en charge en soins intensifs ou en unité de surveillance continue.

«Déshabillez Paul pour habiller Jacques»
Quel est, in fine, le taux d’occupation des lits en réanimation ? En ce moment, la France dispose de 7 906 lits «installés» pour effectuer de la réanimation, soit 2 800 de plus qu’au début de la crise. Et parmi ces lits, 7 100 sont occupés, dont 3 800 par des patients Covid (55%), et 3 300 par des patients non Covid (45%). Soit un taux d’occupation de 90 % des lits de réa. Même si ce n’est pas les 100 % évoqués plus haut, on n’en est donc pas très loin.

Il y a cependant la possibilité d’augmenter encore ce volume de lits, comme l’a annoncé Emmanuel Macron mercredi, en proposant de monter à 10 000. Un objectif qui nécessite d’aller puiser un peu plus dans les plateaux techniques en chirurgie, en orthopédie ou en cardiologie. C’est-à-dire de continuer à déprogrammer des opérations. «Vous déshabillez Paul pour habiller Jacques, regrette un cadre de l’AP-HP. Certes, ça ne touchera pas des urgences vitales, mais ça signifie par exemple que la personne âgée qui attend déjà son opération de la hanche depuis des mois va devoir encore patienter deux ou trois mois. Et donc continuer à souffrir d’ici là.»

N.D.L.R

La Covid mobilise donc en ce moment 55% des lits existants en réa.

Et pas 100% ou 130% ! 45% des lits de réa, soit à peu près le même chiffre que la Covid, sont occupés par des malades non Covid.

Ce qui prouve une nouvelle fois que le problème des hôpitaux n'est pas dû à la seule Covid mais au manque criant de lits en réa pour faire face à la fois aux maladies habituelles et à la Covid.

Je rappelle que chaque année, bien avant la Covid, les hôpitaux étaient en hiver à la limite de la saturation. Au lieu d'en tirer les leçons et de faire un effort pour adapter nos hôpitaux en conséquence tous les gouvernements successifs, et particulièrement celui de Macron, ont systématiquement supprimé des lits de réanimation.

Pire, depuis l’apparition du virus, Macron continue de supprimer des lits. Et d'en rajouter en catastrophe quand la situation se dégrade. En déshabillant Paul pour habiller Jacques comme il est expliqué dans cet article.

A ce niveau, ce n'est plus de l'impéritie, c'est tout simplement criminel. Au lieu d'être réélu, ce qui, malheureusement, risque fort d'arriver, Macron et ses complices devraient être jugés pour leur conduite inqualifiable tout au long de cette crise sanitaire.

Complices, car je rappelle que le sieur Castex, avec sa vue basse et son accent rocailleux, n'est pas le personnage insignifiant que beaucoup imaginent. C'est lui qui, bien avant d'être premier ministre, a mis en place, de façon tout à fait efficace, la tarification à l'acte et toutes les cochonneries annexes qui ont amené nos hôpitaux à l'état lamentable dans lequel ils se trouvaient bien avant l'arrivée de la Covid.

Finalement, cette crise inédite aura révélé qu'en matière de pandémie les dictatures, comme la Chine, et les gouvernements autoritaires comme la Corée du Sud et Singapour, ont été beaucoup plus efficaces que les démocraties.

Ce qui n'empêche pas les dirigeants de ces démocraties de profiter de cette crise, comme ils profitent déjà du terrorisme, pour limiter dangereusement les libertés individuelles.

L'année dernière, au début de la crise, certains prédisaient un monde meilleur à venir, débarrassé de l'obsession de la croissance, plus soucieux de la nature et de la santé de ses habitants.

J'ai bien peur qu'au contraire, si les gouvernés ne réagissent pas, le monde d'après sera bien pire que le monde d'avant.

Comme le disait Pierre Dac, « L'avenir n'est plus ce qu'il était »





Samedi 3 Avril 2021

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