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Le pilotage par McKinsey a créé une couverture vaccinale inversement proportionnelle aux besoins de santé

Grâce à des articles comme celui-ci (impensables pendant la pandémie) et au récent scandale McKinsey, on comprend mieux pourquoi rien n'a marché correctement en France durant cette crise sanitaire. Encore un article passionnant de Marianne.



Le pilotage par McKinsey a créé une couverture vaccinale inversement proportionnelle aux besoins de santé
Dans leur tract « Santé publique année zéro », la philosophe Barbara Stiegler et le médecin François Alla, également professeur de santé publique et directeur adjoint de l'Institut de santé publique, d'épidémiologie et de développement (ISPED), dénoncent la gestion de la crise sanitaire, qui a, selon eux, désorganisé la santé publique.

Extrait de l’article de Marianne, que vous trouverez ici :

Marianne : Comment percevez-vous le fait que le gouvernement ait choisi de s’appuyer sur des cabinets de conseil lors de la crise sanitaire, notamment dans la campagne de vaccination ?

François Alla : Nous sommes dans une situation complexe. Une crise sanitaire, c’est un événement brutal qui peut potentiellement tout désorganiser. Pour surmonter ce type de crise, nous bénéficions en France des structures, des organisations et des compétences nécessaires, dans l’administration de la santé au niveau national et en régions, dans les agences sanitaires, chez les professionnels de santé notamment. Notre système a maintes fois prouvé sa solidité. Mais pour gérer cette crise, le pouvoir politique, notamment par manque de confiance dans les institutions de la République, a préféré passer outre les dispositifs et compétences existantes pour confier des missions stratégiques à des cabinets de consulting. Ces derniers ont largement démontré qu’ils n’avaient pas les compétences nécessaires, que ce soit en termes de connaissances techniques, du système, des acteurs ou des contextes. Cela contribue à expliquer les échecs français, du masque à la vaccination.

Barbara Stiegler : Oui, ce recours au consulting trahit la profonde défiance que ces nouveaux dirigeants, venus du monde du monde du business et de l’entreprise, nourris à la fois contre l’État et contre le savoir académique. En s’enfermant dans son conseil de défense, Emmanuel Macron a choisi de trancher, à la fois sans l’État et sans les chercheurs, toutes les grandes orientations de la crise sanitaire. Enfermé avec ses consultants à l’Élysée, il s’est tout de suite positionné en chef de guerre et a passé son temps à répondre à l’opinion publique, les yeux rivés sur les sondages.

En clair : il n’a pas hésité à instrumentaliser la crise sanitaire – avec ses morts et ses malades – au profit de ses propres intentions électorales et d’un programme de démantèlement de l’État, du système de santé et du milieu académique. Et c’est ce qui explique qu’il a tout de suite choisi d’évincer les experts en santé publique au profit de ses propres consultants, qui se désignent eux-mêmes comme les « champions » de la transformation des organisations. Cela lui a permis, par exemple, de se gargariser d’avoir obtenu les meilleurs chiffres en termes de couverture vaccinale.

Mais la réalité est qu’en France, le pilotage par McKinsey a créé une couverture vaccinale inversement proportionnelle aux besoins de santé : les plus âgés, les plus vulnérables ont été les moins vaccinés. En « arrosant » tout le monde avec ces vaccins, le but était d’afficher des taux records pour répondre à l’opinion et aux médias. C’était de faire une politique du chiffre, et certainement pas de la santé publique. Et c’était aussi d’imposer un nouveau rapport à la santé, entièrement digitalisé.

« Le but était de faire du chiffre et d’imposer la digitalisation »

F. A. : Cette volonté politique s’accorde bien avec les méthodes, les techniques, le schéma mental de ces cabinets de conseil. C’est la pensée « Power point », surpayée et simplificatrice, qui transpose les mêmes préconisations d’un pays à l’autre, ne prend pas en compte les contextes, ne s’embarrasse pas de subtilités. Or, la santé est un fait social éminemment complexe. D’un environnement à l’autre, et selon les différentes phases de la crise, ce ne sont pas les mêmes besoins, pas les mêmes contraintes, pas les mêmes réponses à apporter en milieu rural et urbain, en fonction de l’âge, de la situation socio-économique, des vulnérabilités préexistantes, de la situation épidémique dans tel ou tel territoire.

Mais les méthodes employées par ces cabinets lissent ces diversités par application d’un schéma unique. Ayant toujours le même programme, celui de transformer les politiques publiques en leur imposant les normes de l’entreprise, ils ne peuvent faire autre chose que réduire et simplifier. C’est ce qui mène à la désorganisation, à l’inadaptation de l’offre de santé aux besoins, et en particulier à l’aggravation des inégalités sociales et territoriales de santé. Pour prendre un exemple concret, en France ce sont les plus pauvres qui ont été les plus contaminés, qui ont fait le plus de formes graves, et qui ont payé le plus lourd tribut en termes de décès et paradoxalement ces mêmes pauvres ont été les moins dépistés et les moins vaccinés.

Propos recueillis par Kévin Boucaud-Victoire

N.D.L.R

Si la santé publique vous intéresse je vous vous invite à, comme moi, acheter le petit opuscule "Santé publique année zéro" de Barbara Stiegler et François Alla (3€50 en mode ebook) qui posent cette question, et y répondent pour leur part :

"Allons-nous enfin, dans un cadre républicain, affronter ensemble le bilan scientifique, éthique et politique de deux ans de crise sanitaire ?"

Après les deux années terribles que nous avons tous vécues, si cela n'est pas un sujet digne d'intérêt, je me demande ce qui pourrait l'être.

En ce qui me concerne pendant deux ans j'ai critiqué inlassablement ici et sur Facebook la politique suivie par Macron et son gouvernement. Et, les ravages qu'elle a causés.

Comme vous vous en rendrez compte en lisant cet article de Marianne et plus encore, l'opuscule cité plus haut, avec beaucoup d'autres, nous avions parfaitement raison de critiquer sévèrement les errements macroniens.

En revanche, j'ignorais pour ma part la responsabilité prépondérante de la société McKinsey dans la gestion catastrophique de cette crise.

Ainsi, comme l'a démontré la longue enquête du Sénat la réponse à la question centrale de cette enquête : Ces cabinets de conseil ont-ils une influence sur les politiques publiques ? est parfaitement claire, en ce qui concerne le domaine précis de la santé publique.

Le cabinet McKinsey a dirigé en sous-main la politique sanitaire, erratique et finalement criminelle, de Macron et de son équipe de bras cassés pendant toute la crise sanitaire.

On l’a vu, et on le verra encore plus dans les années à venir, avec :

  • les conséquences dramatiques de l'absence de soins adéquats,
  • l'empêchement de se soigner pour les personnes gravement malades antérieurement à la pandémie,
  • les effets indésirables des vaccins et
  • les dégâts psychologiques importants et à long terme de cette pandémie sur beaucoup de personnes fragiles de notre pays.

Ces deux chercheurs expliquent parfaitement dans leur petit livre, pourquoi et comment, de telles erreurs sanitaires ont pu être commises.

Après un bilan sanitaire aussi catastrophique, Macron ose se vanter publiquement de son bilan, irréprochable selon lui, et demande à en reprendre pour cinq ans ?

Je l'ai dit et je le répète : ou cet homme est un monstre, ou il est très malade dans sa tête.

Dans tous les cas de figure le mépris et la colère qu'il m'inspire est incommensurable, et je ne pense pas être le seul.

J'ose espérer que cela se répercutera, d'une façon ou d'une autre, dans les résultats de cette élection présidentielle et des élections qui vont suivre.

Dimanche 10 Avril 2022

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