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Crise du coronavirus : retour sur deux ans de mensonges, de trouilles et de délires

Un édito de Natacha Polony que j'ai retrouvé dans mes archives et qui, publié en décembre 2021 et parce qu'il était le premier de cette eau émanant d'un journal de grande diffusion, m'a incité à m'abonner à cette publication.



Crise du coronavirus : retour sur deux ans de mensonges, de trouilles et de délires
Par Natacha Polony
Publié le 11/12/2021 à 6:00

"Comment garder la tête froide ? Cinquième vague, troisième dose, énième variant et deuxième Noël placé sous le signe de la peur ! Rien de tel pour paralyser un citoyen.

C’était il y a une éternité. À la fin de l’année 2019. Le 31 décembre, l’OMS prenait acte du signalement officiel de cas de pneumopathie atypique en Chine, dans la province du Hubei. Quelques entrefilets dans la presse reprenaient alors l’information.

L’épidémie, en réalité, était déjà hors de contrôle. Et deux mois plus tard, le monde se figeait dans une sorte de sidération.

C’était il y a deux ans, et nous voilà repartis. « Il faut sauver Noël », nous répètent à l’envi les commentateurs. Cinquième vague, variant Omicron, tout y passe. L’objectif : nous convaincre que le regain épidémique est « fulgurant » selon le mot du porte-parole du gouvernement.

Mince alors, mais nous pensions avoir tout bien fait : première dose, deuxième dose, masque et gestes barrières, passe sanitaire dans chaque bistrot, pour chaque séance de cinéma… Et c’est le retour de Jean Castex sur nos écrans, pour nous dire qu’il va falloir être raisonnables et qu’il faut penser à ouvrir les fenêtres… Et le président du conseil scientifique, le Pr Delfraissy, à la sortie de la commission des Affaires sociales du Sénat, déclare benoîtement, alors que chacun cherche une troisième dose pour ne pas être privé de son passe sanitaire, qu’il « est possible que nous ayons besoin d’une quatrième dose ». À la limite du burlesque. Et sur les plateaux de chaînes d’info, le défilé des médecins, qui se demandent aussitôt s’il ne faudra pas aller plus loin, fermer les écoles, les restaurants, et qui piaffent : « À quand la vaccination des enfants ? »

Peut-être serait-il temps de regarder avec lucidité ce que le Covid a fait de nous. On peut d’ores et déjà prendre un pari : les lignes qui suivent vont scandaliser nombre de gens. Les uns accuseront leur auteure d’être une dangereuse populiste irresponsable, ennemie de la science et prête à faire mourir vieillards et enfants, les autres d’être vendue à Big Pharma, complice des manipulateurs qui nous gouvernent et qui ont inventé ce virus pour mieux nous contrôler. Choisis ton camp, camarade !

On a presque oublié la phase de panique absolue, durant laquelle de doctes études nous précisaient, en fonction de la vitesse de course, à quelle distance il fallait suivre un autre joggeur pour éviter les fameuses « gouttelettes » contaminantes ; d’autres encore nous détaillaient la durée de vie du virus sur telle ou telle surface, tel ou tel carrelage, papier, verre en plastique ou griffoir pour chat… Cette trouille quasi viscérale s’est amenuisée. Ou plutôt, elle s’est politisée. On a eu très peur de mourir, et l’on en veut à ceux qui pourraient nous faire replonger. Alors, les convaincre, ces récalcitrants, c’est trop long, trop compliqué. Puisqu’on est dans le vrai, la raison, la science, on ne va pas s’embarrasser.

LE DROIT AU DOUTE
Distinguer entre les excités persuadés qu’un complot mondial expérimente des produits dangereux sur les populations et les citoyens qui font valoir que jouer sur les peurs ne devrait jamais être une politique dans une société démocratique ou qu’il n’y a aucun argument rationnel pour que le vaccin, fondamental pour les adultes, devienne quasi obligatoire, via un passe sanitaire, pour des enfants à qui le virus occasionne, dans l’immense majorité des cas, un simple rhume (sauf si l’on considère qu’ils doivent venir compenser le nombre de non-vaccinés parmi les adultes à risque) ? Hors de question ! Tous dans le même sac.

Y a-t-il eu, depuis deux ans, un seul véritable débat sur une réforme de fond du système de santé et de l’hôpital public pour éviter que celui-ci ne soit, à chaque vague, submergé ? Une seule explication sur le sens de la stratégie vaccinale et son évolution en fonction des connaissances sur la diffusion du virus et l’efficacité des vaccins ? Un seul questionnement sur cette façon de comptabiliser les contaminations alors même que le vaccin a pour objet de faire en sorte que ces contaminations ne soient pas dangereuses ? Au lieu de cela, une foire d’empoigne où ne surnagent que les complotistes bas du front, convaincus que scientifiques, politiques et journalistes sont unanimement vendus, et les Torquemada empressés à mettre au pas les rares qui tenteraient d’exercer leur capacité au doute rationnel.

Le phénomène est majeur car il révèle et amplifie une crise démocratique dont les « gilets jaunes » étaient la forme éruptive. La tentation, pour certaines élites, de ce « centrisme autoritaire », dont Marianne s’était fait l’analyste, a trouvé dans cette crise sanitaire l’occasion de justifier ce « gouvernement des sachants », cette « épistocratie » qui, pour se réclamer de la science et de la raison, n’a pourtant rien à voir avec la démocratie, régime fondé sur l’idée que chaque citoyen est doué de raison et participe, pour cela, à la délibération commune. De cet immense malentendu, entretenu par les aimables Fouquier-Tinville du tribunal médiatique, découle l’étrange spectacle d’aujourd’hui : fatigue, repli sur soi, besoin, pour chacun, de se protéger d’un monde extérieur vu comme un danger potentiel et une agression perpétuelle.

Les Français, bien sûr, iront se faire vacciner pour la troisième fois. Certains, même, resteront convaincus qu’il n’y a de choix qu’entre fermer les écoles ou vacciner les enfants, et qu’on pourrait même enfermer les antivax parce qu’il n’y a pas de liberté pour les ennemis de la liberté. Ils attendront que les variants aient fait le tour de l’alphabet grec et rêveront toujours d’une éradication totale du virus. Mais quand surgiront d’autres problèmes à arbitrer collectivement, l’abandon de la démocratie aujourd’hui consenti laissera voir ses conséquences."


N.D.L.R : on ne saurait mieux dire !

Dimanche 5 Juin 2022

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