Contexte géopolitique et impact sur les prix
Depuis le début de la guerre américaine en Iran (mars 2026), la production pétrolière régionale et le trafic maritime sont perturbés. Les Houthis menacent le détroit de Bab el-Mandeb (10 % du pétrole mondial), tandis que le détroit d'Ormuz reste tendu. Conséquence : le baril a dépassé les 100 dollars pour la première fois depuis mai 2026.
Les surprofits massifs de l'industrie pétrolière
À l'échelle européenne (mars-septembre 2026) :
🔶30 milliards € pour les producteurs de pétrole brut en amont
🔶24,7 milliards € pour les raffineurs et distributeurs en aval
En France :
🔶 4,6 milliards € pour les producteurs
🔶 3,8 milliards € pour les raffineurs et distributeurs
🔶 Total : 8,4 milliards €
Répartition de la hausse par litre
Gazole (+46 centimes en moyenne) :
➟20 centimes → producteurs de pétrole
➟ 19 centimes → raffineurs/distributeurs
➟ 8 centimes → taxes
Essence (+30 centimes en moyenne) :
➟ 18 centimes → producteurs de pétrole
➟ 8 centimes → raffineurs/distributeurs
➟ 5 centimes → taxes
À la mi-septembre (pics de prix), les marges étaient encore plus élevées : jusqu'à 31 centimes/litre pour le diesel des producteurs.
Enjeu fiscal : vers une taxation des surprofits ?
Si les prix se maintiennent jusqu'à fin 2026, les superprofits des raffineurs et distributeurs européens atteindraient 39 milliards €, dont 6 milliards € liés aux ventes en France. Contrairement aux producteurs (souvent étrangers), ces acteurs sont basés en Europe et pourraient être taxés.
Obstacles : La taxation reste complexe et nécessiterait une coordination européenne, que la France a refusé de soutenir, malgré les appels de six pays européens 👍
Macron, en dépit de ses belles paroles, mais il est coutumier du fait, c’est même à cela qu’on le reconnaît, a refusé de se joindre à l’appel en faveur d’une taxe exceptionnelle sur les profits du secteur pétrolier, émanant de six pays européens :
➜ Allemagne,
➜ Italie,
➜ Espagne,
➜ Pologne,
➜ Autriche,
➜ Portugal.
Taxer ces profits est un chantier complexe, mais pas impossible. Selon Transport & Environment, comme pour de nombreux économistes, une taxation à l’échelle européenne serait pertinente, pour peu que la Commission européenne ainsi que les pays réticents – dont la France – rejoignent le mouvement.
Mon opinion : comme d'habitude, Macron a fait le beau dans les médias, mais, quand il s'agit de prendre des mesures concrètes pour soulager enfin le porte-monnaie des Français, il a refusé de se joindre aux six pays, et pas des moindres, qui, eux, n'ont pas hésité. Il s'est contenté de demander à l’Europe de faire quelque chose, en sachant très bien que, pour l'instant, madame Von der Layen, elle aussi spécialiste des belles paroles en totale contradiction avec ses actes, n'est pas du tout disposée à faire cela.
Et qu'il y a peu de chances que, comme Macron, elle y soit jamais.
Source : Alternatives économiques






Belgique, France, Luxembourg : trois destins fiscaux, un seul avertissement »