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«On a toujours tort de se faire une raison» [Pierre Richard]



Des progrès importants dans la lutte contre le cancer, mais...

L'immunothérapie commence à remplacer la chimiothérapie aux Etats-Unis et ailleurs en Europe. Mais la France accuse un retard certain ; un an sur les Etats-Unis, 6 mois sur l'Allemagne et la Grande Bretagne.



La chimiothérapie est toujours la méthode la plus employée contre le cancer. Elle "fusille" comme le dit un médecin les cellules cancéreuses, mais aussi les bonnes cellules. A tel point que 70% des médecins refuseraient d'être traités par la chimio en cas de cancer.

L'immunothérapie au contraire s'inspire des thérapies naturelles (tant décriées par la médecine officielle) : elle vise à augmenter les défenses immunitaires de l'organisme de façon à ce que ce soit l'organisme lui même qui attaque les cellules cancéreuses.

Pas de faux espoirs : l'immunothérapie, si elle présente d'énormes avantages sur la chimio, n'est pas (encore ) la panacée. La preuve : comme son efficacité est avérée en matière de cancer du poumon, notre Johnny national est allé se faire soigner aux Etats-Unis. Apparemment le traitement aurait été efficace, mais comme cela arrive souvent il a du subir une rechute pendant la période de rémission. Je pense que compte tenu de ses excès en tous genres au cours de sa vie mouvementée ses défenses immunitaires n'ont pas pu être entièrement récupérées par l'immunothérapie.

Par ailleurs, actuellement, l'immunothérapie ne guérit pas le cancer, mais, à l'instar des traitements en matière de Sida, elle le stabilise. Et permet donc aux malades, pour l'instant, et sous réserve d'un traitement au long terme avec les tous derniers médicaments, de bénéficier d'un répit de plusieurs mois, voire de plusieurs années.

On en arrive aux choses qui fâchent.

Les médicaments basés sur l'immunothérapie (Glivex, Gvax, Opdivo, Keytruda) coûtent extrêmement chers.

Aux Etats-Unis, il n'y a pas de sécurité sociale, ou si peu. Donc, ces traitements sont réservés aux riches ou a ceux qui ont les moyens de se payer une assurance de plus en plus coûteuse.

En Allemagne, ou en Angleterre, ce doit être à peu près la même chose.

En France, nous avons la chance de disposer d'un organisme envié par les malades du monde entier : la Sécurité Sociale. Des accords ont fini par être conclus, après 6 mois de négociations quand même, pour certains médicaments, certains cancers, et certains malades. L'industrie pharmaceutique piaffe, cela ne nous étonnera pas. Mais certains médecins oncologues protestent également car ils se trouvent dans la délicate situation de disposer des médicaments ad hoc mais de ne pouvoir les administrer pour des questions d'argent ou de circuits administratifs beaucoup trop compliqués face à des malades en situation critique.

Nous nous trouvons donc dans une situation ou le cancer est en passe d'être vaincu, et l'est déjà, mais pour les plus riches patients. Alors que les patients les moins favorisés voient leur vie suspendue à des questions d'argent ou/et des problèmes administratifs.

En matière de Sida, c'est en fait la meme situation : dans les pays riches les traitements coûteux et au très long terme (tri-thérapies) sont désormais accessibles à tous les malades. (Ce fut toutefois, là aussi, très long et très douloureux). Ce qui est loin d'être le cas dans les pays pauvres, comme l'Afrique par exemple.

Dans les deux cas, la question n'est plus : peut on stabiliser le Sida ou le cancer ? La question est plutôt : a-t-on les moyens de le faire ?

Je ne doute pas que l'on arrivera dans notre pays à faire avec l'immunothérapie ce qu'on a réussi à faire avec le Sida. Je plains néanmoins sincèrement les malades du cancer actuellement en cours de traitement.

Quant à la Sécu, en France, il s'agirait peut être que le gouvernement actuel, si friand de réformes, s'attaque aux dysfonctionnements administratifs qui freinent l'adoption des nouvelles thérapies. En ce qui concerne leur financement toutefois je ne pense vraiment pas que M. Macron, au vu de ses prestations passées, soit le mieux placé pour résoudre ce problème.

Et oui ! La politique est partout, contrairement à ce que les ultra-libéraux tentent de faire croire depuis des décennies. Y compris, dans notre lit d’hôpital.

Que l'industrie pharmaceutique puisse gagner énormément d'argent avec la santé de nos concitoyens ne manque pas, depuis toujours, de poser quelques problèmes.

Que M. Macron, depuis qu'il est élu, fasse d'énormes cadeaux aux plus riches des français tout en mégotant sur cinq euros d'APL pour les plus démunis de nos concitoyens, ou, dans le cas qui nous occupe aujourd'hui, envisage tout à fait sérieusement de faire de la Sécu une institution "rentable" alors que les progrès de la médecine ne vont pas manquer de bousculer toujours plus ses équilibres ou déséquilibres financiers, c'est évidemment une question politique.

Dans un Etat, digne de ce nom, la Sécu ne peut pas être rentable. Sa vocation est encore moins de faire des bénéfices. Sa mission est de soigner tous les français, dans les meilleures conditions.

Pour ce qui concerne notre propre attitude envers la santé, les succès de l'immunothérapie en matière de lutte contre le cancer démontrent clairement ce que les médecines naturelles disent depuis fort longtemps. A savoir que le plus important pour notre santé est de faire en permanence le maximum pour stimuler nos défenses immunitaires, au lieu de passer notre temps à les affaiblir avec une mauvaise hygiène de vie, une mauvaise alimentation, des abus de médicaments, et un manque dramatique d'exercices physiques journaliers.

Dans ce domaine, nous pouvons agir tous les jours de notre vie. C'est nous qui sommes responsables de notre vie...et, la plupart du temps, de notre mort.

Il est un domaine dans lequel nous ne pouvons rien, et qui est, lui aussi, éminemment politique, c’est celui de la pollution, qui tue des millions de gens dans le monde. Et des centaines de milliers en France. Mais là encore, M. Macron est très mal placé pour faire ce qu’il conviendrait de faire. Car pour s’attaquer à ce problème il lui faudrait bousculer certains amis et fâcher certains soutiens.

Si demain Macron se décidait à faire quelques gestes significatifs en faveur des moins riches,

Si demain il décidait de s’attaquer vraiment à la pollution dans notre pays (je rappelle que la plupart des grandes villes de France sont devenues, en dépit des tentatives officielles de cacher la vérité aux français, à proprement parler inhabitables, en raison de leur extrême degré de pollution),

Si demain il cessait de privilégier outrageusement les plus riches,

Je serais le premier à lui tresser des lauriers. Malheureusement, contrairement à bientôt 50% des Français, j’en doute fort.

Je joins à cet article quelques liens intéressants sur ce sujet :

Cancer : les incroyables progrès de la recherche

L'immunothérapie va continuer à peser sur les comptes de la Sécu

Trois questions sur l'immunothérapie, nouveau traitement anti-cancer










Vendredi 15 Décembre 2017

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