L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) vient de publier un rapport très attendu sur l'impact des réseaux sociaux numériques sur la santé de nos jeunes. Après avoir analysé plus d'un millier d'études scientifiques, les experts tirent la sonnette d'alarme : l'usage intensif de ces plateformes est loin d'être sans conséquences pour le bien-être physique et mental des adolescents.
Une santé mentale et physique mise à l'épreuve
Le rapport souligne que l'utilisation excessive des écrans grignote le temps nécessaire à deux piliers essentiels de la santé : le sommeil et l'activité physique. En restant connectés tard le soir, les adolescents s'exposent à la lumière bleue qui perturbe leur horloge biologique, entraînant fatigue et irritabilité.
Sur le plan mental, le constat est préoccupant. L'Anses relève une augmentation des symptômes anxieux et dépressifs. Les jeunes sont pris dans une spirale de comparaison permanente avec des images souvent retouchées et irréelles, ce qui dégrade leur estime de soi.
Les filles, premières victimes de la pression sociale
Une observation majeure de ce rapport concerne la différence entre les sexes. Les adolescentes semblent plus vulnérables que les garçons face aux dérives du numérique. Ce constat s'explique par plusieurs facteurs identifiés par les experts :
♦ Les filles utilisent davantage de réseaux sociaux basés sur l'image et la mise en scène de soi.
♦ Elles subissent une pression sociale plus forte liée aux stéréotypes de beauté.
♦ Elles sont statistiquement plus exposées au cyberharcèlement.
♦ Leur engagement émotionnel vis-à-vis des contenus consultés est souvent plus intense.
Les mécanismes de capture de l'attention
Le rapport ne pointe pas seulement du doigt les jeunes utilisateurs, mais aussi la conception même des plateformes.
Les réseaux sociaux utilisent des techniques psychologiques pour maintenir les adolescents connectés le plus longtemps possible. C'est ce qu'on appelle l'économie de l'attention. Les algorithmes proposent des contenus toujours plus ciblés, créant parfois des bulles de filtres qui enferment les jeunes dans des thématiques sombres ou dangereuses, comme les régimes extrêmes ou les défis physiques risqués.
Quelles solutions pour protéger nos jeunes ?
Face à ces risques, l'Anses recommande une action collective. La protection de la santé des mineurs ne doit pas reposer uniquement sur les épaules des parents, mais devenir une priorité pour les pouvoirs publics et les entreprises du numérique.
L'agence préconise de renforcer l'éducation aux médias dès le plus jeune âge et d'imposer aux plateformes des règles de protection plus strictes, notamment sur la vérification de l'âge et la transparence des algorithmes. L'idée n'est pas d'interdire totalement, mais d'accompagner les jeunes vers un usage raisonné et moins toxique.
Petit lexique pour mieux comprendre
Pour nous, qui n'avons pas grandi avec un smartphone dans la main, certains termes peuvent paraître obscurs. Voici quelques explications simples :
Algorithme : C'est comme une recette de cuisine invisible. Sur un réseau social, l'algorithme observe ce que vous regardez et vous propose ensuite des contenus similaires pour vous garder sur l'application le plus longtemps possible.
Sédentarité : C'est le fait de rester assis ou allongé pendant de longues heures, sans bouger. L'usage intensif des écrans est la première cause de sédentarité chez les jeunes aujourd'hui.
Dysmorphophobie : C'est une inquiétude excessive concernant un défaut imaginaire de son apparence physique. Les filtres de beauté sur les réseaux sociaux aggravent ce sentiment chez les adolescents qui ne se trouvent jamais assez beaux par rapport aux images qu'ils voient.
Dark Patterns (ou interfaces trompeuses) : Ce sont des astuces de conception graphique utilisées par les sites internet pour forcer ou tromper l'utilisateur. Par exemple, rendre un bouton de fermeture très petit ou utiliser des couleurs qui incitent à cliquer là où on ne le souhaitait pas.
FoMO (Fear of Missing Out) : C'est la « peur de rater quelque chose ». C'est cette angoisse qui pousse un adolescent à vérifier son téléphone toutes les deux minutes pour s'assurer qu'il n'a pas manqué un message ou une photo de ses amis.
Références pour approfondir le sujet
https://www.pssmfrance.fr/actualites/impact-reseaux-sociaux-sante-mentale-jeunes/
https://www.anses.fr/fr/content/AP2019-SA-0152-RA






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