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« On l'appelait la pucelle car elle était vierge depuis son enfance » [perle lycéenne]



Le charme discret de Mananara

Lorsqu’on arrive à Mananara (prononcez Mananar) après 24 à 36 heures de piste, on est plutôt de mauvaise humeur. Et on se demande quelle idée on a eu de venir se perdre au fin fond de Madagascar, à mille lieues des Queen’s, Glacier, Pandora et autre Nouvel Hôtel (les connaisseurs auront reconnu ces hauts lieux des nuits malgaches, que tout le monde feint de mépriser mais où l’on rencontre… tout le monde).



La pointe d'Ambisque
La pointe d'Ambisque
Après quelques jours trop vite passés, hélas, j’essaie d’analyser pourquoi cet endroit me plait autant et pourquoi je reviendrai à Mananara.

Imaginez un coin reculé de France, magnifique et préservé, où tout le monde vous dirait bonjour, avec un grand sourire. Mieux encore, imaginez un coin où vous seriez le premier, voire le seul touriste. Mananara, c’est comme cela ! Avec mon ami Gilbert, vieil habitué des lieux, nous étions les seuls « Vasas » au milieu de 15 000 habitants ! Bien sûr, certains essaient toujours de tirer un petit profit de notre venue, mais c’est la règle du jeu, et quand on la connaît on n’est jamais surpris. Il ne faut jamais perdre de vue à Mada que l’on est riche dans un pays très pauvre. Et les riches suscitent les convoitises, rien de plus normal.

En ce qui me concerne j’étais le seul client dans un magnifique hôtel flambant neuf ; chez Roger. Service impeccable, personnel aux petits soins, cuisine excellente et prix tout ce qu’il y a de raisonnable (environ 20 euros par jour en pension complète (3 repas plus le café offert au lever de la sieste). Coucher comme les poules, vers 20 heures, mais lever de bonne heure (6 heures) et 10 kilomètres de footing sur une plage puis une forêt, toutes deux magnifiques, vierges de tout touriste, avec seulement quelques pécheurs pour animer le paysage. Inutile de dire que la vue d’un « Vasa » à barbe blanche, en train de courir, au petit matin, ne manque pas d’attirer la curiosité bienveillante de tout le voisinage et les sonores « Salit Vasa » de tous les enfants du quartier.

Pour les amoureux de la moto comme moi (à la Réunion je n’ai pas de voiture mais seulement une moto) les pistes au départ de Mananara sont un vrai régal. La prochaine fois je resterai plus longtemps et j’essaierai la piste vers Tamatave et celle vers Maroentsetra (prononcez Maroenset) J’ai rencontré, à l’hôtel, un couple de touristes belges qui partaient pour Maroentsetra à pied : 4 jours de marche avec chacun plus de 15 kilos de bagages, plus 2 porteurs (pour la nourriture et le bivouac) et un guide. Voila du tourisme pas commun !

Il y a même une boite de nuit à Mananara ; le Volume 5, très fréquentée le dimanche soir (le samedi soir c’est fermé à cause de la messe du dimanche) Si le bâtiment ne paie pas de mine la musique y est tout à fait agréable et variée. Moi qui adore danser, je me suis éclaté sur toutes sortes de musiques exotiques ; malgache bien sûr, mais aussi antillaise, réunionnaise, africaine etc. La vue d’un Vasa sachant danser ne manque pas d’impressionner et j’ai même du refuser de danser le Séga avec un malgache, de sexe male, qui m’avait invité ! Je précise que j’ai passé 15 ans au Antilles et que j’ai appris là bas à me déhancher sans susciter de quolibets. Par ailleurs, j’ai des ancêtres antillais, du côté de ma grand-mère maternelle, et cela doit expliquer mon goût invétéré pour la danse, exotique ou pas (j’adore aussi le tango)

Bref, grâce à mon ami Gilbert, j’ai découvert Mananara et j’y reviendrai à la première occasion.

Pour paraphraser un film célèbre on pleure deux fois à Mananara ; une fois quand on arrive, une autre fois quand on repart !


Vendredi 13 Juin 2008

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