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Et si Wikileaks était une chance ?

Wikileaks a donné un grand coup de pied dans la fourmilière. Les gouvernements sont aux abois et les journaux, à l'instar de Libération, ne savent plus qu,oi penser. Cet excellent article trouvé sur l'excellent site www.ownassengei.fr, dont je ne saurais trop vous conseiller la lecture attentive, nous éclaire sur les motivations de Wikileaks . Il ne s'agit pas seulement d'informer, il s'agit véritablement de casser le système pervers, basé sur le secret, qui règne désormais en maître sur nos sociétés.



Et si Wikileaks était une chance ?

Ecrit le 13 décembre 2010
par Fabrice Epelboin



Wikileaks est là pour durer
Tout comme il était difficile d’expliquer, hier, à des néophytes, qu’essayer d’arrêter le piratage de mp3 était techniquement une illusion, et que le plus efficace consistait à s’adapter à la situation, il est tout aussi complexe d’expliquer pourquoi Wikileaks ne s’arrêtera pas, et qu’il faudra faire avec.

C’est comme ça.

A partir du moment où une information est numérique, c’est comme ça.

Vous ne pouvez en contrôler parfaitement la circulation, il y a des fuites. C’est vrai avec un CD rippé en mp3 (une fuite de son circuit de distribution fermé initial), tout comme avec des documents militaires, copiés sur une clé USB ou un CD vierge.

Pire, plus vous cherchez à contrôler la circulation d’une information numérique, plus vous perturbez cette circulation et rendez le système inefficace et coûteux.

Ce que Wikileaks va faire subir aux militaires, aux Etats, demain aux banques et sans doute sous peu aux grandes multinationales, est de la même ampleur que ce que le P2P a fait subir à l’industrie de la musique.

Un bouleversement systémique, essentiellement dû à une force mystérieuse, dont les adeptes se comptent depuis longtemps par millions, qui semble vouloir que comme l’Homme, l’octet, lui aussi, aspire à être Libre.

Les petits ennuis financiers des maisons de disques, par rapport à ce qu’il se passe aujourd’hui, désormais, qui va s’en soucier ? Personne.

Mais ne vous y trompez pas, cette liberté revendiquée par ceux qui se sont battus contre Hadopi, résonne parfaitement avec celle que nous fait entrevoir Wikileaks, la liberté des octets.

Wikileaks n’est qu’un concept disruptif
Mais avant tout, on n’arrêtera pas Wikileaks parce que Wikileaks n’est pas simplement un site, c’est un concept. Il n’est pas le seul, d’ailleurs, d’autres, comme Cryptome, qui a participé à la fondation de Wikileaks, font moins parler d’eux mais sont potentiellement tout aussi disruptifs, voir bien plus.

En passant par l’intermédiaire de la presse, Wikileaks a fait une concession importante par rapport à sa vision originelle, toujours défendue par d’autres qui depuis ont fait sécession et
préparent leur propre projet, plus radical.

Plutôt que de passer par la presse et de distiller les informations au compte goutte, cette nouvelle génération de Wikileaks procéderait à des ‘dump’ massifs. Tout, d’un coup, en vrac, et sans passer par un intermédiaire.

Passer par la presse, et publier au compte goutte, pose la question du choix éditorial de Wikileaks. Pourquoi telle information a-t-elle été publiée, plutôt qu’une autre, qui le sera peut être dans six mois ? Quelle est l’intention de Wikileaks ?

On peut se perdre en conjectures sur le sujet, c’est au mieux une perte de temps et bien souvent une tentative maladroite pour noyer le poisson et éviter d’avoir à regarder les choses en face. Le plus simple est encore de lire les écrits d’Assange.

Son intention n’est pas de faire tomber tel chef d’Etat ou de porter atteinte à tel intérêt, il veut tout simplement détruire les formes actuelles de gouvernance, que lui et le courant de pensée qu’il représente, considèrent comme des conspirations.

Qu’il réussisse à les détruire n’est pas (encore ?) évident, mais qu’il les oblige à changer de façon radicale et accélérée ne fait désormais aucun doute.

La conspiration selon Assange
N’allez pas croire qu’Assange croit à une grande conspiration qui nous cacherait l’existence d’aliens vivant parmi nous (update: quoi que). Il a une définition bien différente de la conspiration :

Les régimes autoritaires donnent naissance à des forces d’opposition en faisant pression sur les individus et la volonté collective qui aspirent à la liberté, la vérité et l’accomplissement individuel. Les plans qui font marcher le régime, une fois découverts, provoquent une résistance. Dès lors, ils sont gardés secrets pour permettre au régime de connaître le succès. Ceci est suffisant pour qualifier leur conduite de conspiratoire.

Une conspiration, c’est, pour Assange, un réseau d’individu qui se partagent de façon exclusive des informations pour leur bénéfice, et au détriment de ceux qui n’y ont pas accès.

Effectivement, force est de constater que l’armée américaine et le gouvernement des USA tombent dans cette catégorie, ce qui explique le choix des cibles de Wikileaks. Tout comme le choix d’une banque qui abriterait des systèmes de corruption à large échelle, que Wikileaks promet de mettre à nu prochainement, ainsi que les nombreuses organisations dont le site a déjà fait fuiter des informations. Un très grand nombre d’entreprises sont aussi de bonnes candidates, ainsi que de nombreuses autres organisations, comme la presse, qu’Assange classe au rayon des conspirateurs (un point de vue semble-t-il partagé par l’ambassade des Etats-Unis à Paris).

La conspiration comme réseau

La suite ici

N.D.L.R

Brillante démonstration de Fabrice Epelboin, à laquelle je souscris entièrement. Les dirigeants, politiques et économiques, de nos sociétés modernes, à l'instar des multinationales de la musique et de nos demeurés de l'Hadopi n'ont rien compris à la société numérique dans laquelle nous baignons désormais. Et c'est normal car ils vivent toujours dans le modèle pyramidal de jadis, absolument opposé au modèle numérique d'aujourd'hui. Avec Internet et les moyens informatiques modernes il va devenir de plus en plus difficile de cacher quoi que que ce soit ou de protéger les copyrights.

La seule parade au règne de la transparence, que certains n'hésitent pas à qualifier de dictature, c'est la dictature tout court.

Ainsi que le résume un blogueur : "La dictature c'est quand le gouvernement surveille le peuple. La démocratie c'est quand le peuple surveille le gouvernement."





Jeudi 16 Décembre 2010

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