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Polluants chimiques : Macron, l’État et la grande comédie du “on agit”

Les Français respirent, mangent et boivent des polluants chimiques. Et pendant ce temps, l’État fait ce qu’il fait le mieux dans ce genre d'affaires : il reconnaît le problème, promet une réponse, encadre un peu, repousse beaucoup, puis s’auto-félicite d’avoir “pris le sujet au sérieux”.



Image : ChatGPT
Image : ChatGPT

 

Bisphénols, phtalates, PFAS, plomb, arsenic, cadmium, mercure : la liste n’a rien d’exotique, elle est même tristement banale.

Ces substances sont omniprésentes dans l’environnement, les produits de consommation, l’air et l’alimentation, avec des effets sanitaires préoccupants.


Il a été récemment détecté que 100 % des personnes examinées ont dans leur organisme au moins un des polluants cités.

Autrement dit, ce n’est pas un détail technique pour experts, c’est une contamination de masse.

Le pouvoir savait

Il faut arrêter de faire semblant. Les responsables politiques savent très bien que le problème est énorme. Les études sont là, les alertes existent depuis des années, les agences publient, les ONG dénoncent, les scientifiques expliquent. Le gouvernement et l’Élysée ne découvrent rien : ils arbitrent. Et dans ces arbitrages, la santé publique passe trop souvent après les intérêts économiques.
 

Le cas des PFAS est révélateur. La France a bien adopté des restrictions applicables en 2026, notamment pour certains cosmétiques, vêtements et chaussures. Mais le texte est truffé de délais, d’exceptions et de mesures transitoires. Quant au principe pollueur-payeur, son application a encore été repoussée à septembre 2026. On appelle cela gouverner ; on pourrait aussi appeler cela temporiser sous pression.

Macron et les petits arrangements

Le problème avec Emmanuel Macron, ce n’est pas l’absence totale de communication environnementale. C’est au contraire l’art de faire croire qu’on agit tout en ménageant soigneusement le terrain pour que rien ne change trop vite. On annonce une interdiction, on publie un communiqué, on met en scène la fermeté, puis on laisse les exceptions faire le travail inverse.
 

Et pendant que les citoyens s’inquiètent des effets de ces substances sur la santé, l’exécutif semble surtout préoccupé par les réactions du privé. C’est là que le bât blesse : quand un pouvoir politique donne l’impression de calibrer sa politique sanitaire pour ne pas froisser ses alliés économiques, il cesse d’être un arbitre et devient un gestionnaire de conflits d’intérêts.
 

Le plus vexant, c’est la méthode. On dit qu’il faut du temps, qu’il faut “accompagner”, qu’il faut “sécuriser la transition”. Très bien. Mais pourquoi ce mot “transition” sert-il toujours à retarder ce qui devrait déjà être interdit ? Pourquoi la protection de la population arrive-t-elle après la protection des marges industrielles ?

Une santé publique à crédit

Le document est clair sur un point : l’exposition est multiple et quotidienne. L’alimentation, l’air intérieur, l’air extérieur, les produits manufacturés, tout cela forme un cocktail que personne n’a réellement choisi. Et pourtant, la réponse publique reste morcelée, technique, lente, comme si l’on traitait un incendie avec des notes de service.
 

C’est là qu’il faut être franchement politique : quand l’État laisse durer un tel niveau de contamination, il ne se contente pas d’être prudent. Il devient complice d’un système qui fait passer la rentabilité avant la santé. Bien sûr, on évitera de dire qu’il “veut” empoisonner les gens. Mais il faut bien constater qu’il fait beaucoup pour que les décisions utiles arrivent trop tard.

Les lobbys en embuscade

Il ne faut pas être naïf. Derrière ces hésitations, il y a des intérêts bien réels. Les lobbys de la chimie et des secteurs concernés savent défendre leurs dossiers, obtenir des rendez-vous, peser sur les calendriers et rendre chaque interdiction plus difficile qu’elle ne devrait l’être. La puissance publique prétend arbitrer ; trop souvent, elle compose.
 

Et c’est exactement ce qui rend ce dossier si irritant. Parce qu’il ne s’agit pas d’un débat abstrait sur des molécules aux noms compliqués. Il s’agit de savoir si un État protège ses citoyens ou s’il préfère préserver, autant que possible, le confort de ceux qui profitent du statu quo.

Retour de la loi Duplomb

Tout dernièrement encore, le pouvoir a multiplié les signaux anti-écologiques avec le retour de la loi Duplomb et d’autres initiatives réglementaires qui vont clairement dans le mauvais sens, comme si l’exécutif voulait accélérer au lieu de freiner face à l’urgence sanitaire et environnementale. La France ne manque pas de textes ; elle manque surtout de volonté pour ne pas céder, une fois de plus, aux réflexes pro-pesticides et aux arbitrages dictés par les intérêts les plus bruyants.
 

Et Macron, même s’il part bientôt, ne partira pas vraiment. Il aura pris soin de placer à des postes stratégiques de la République des personnalités qui lui sont proches, parfois pour très longtemps, voire presque à vie dans certaines fonctions clés. La nomination de Richard Ferrand à la tête du Conseil constitutionnel, d'Amélie de Montchalin, présidente à vie de la Cour des Comptes,  ou encore celle d’autres fidèles à des postes institutionnels majeurs, laisse derrière lui un système verrouillé, où l’empreinte du pouvoir présidentiel risque de durer bien au-delà de son départ.

Conclusion

La France commence enfin à interdire certains produits, à encadrer certains usages, à reconnaître certaines évidences. Très bien. Mais on ne peut pas demander des applaudissements pour des décisions qui arrivent après des années d’inertie, sous la pression des alertes, des scandales et des plaintes.
 

Le vrai problème n’est pas seulement chimique. Il est politique. Et sur ce terrain, Emmanuel Macron et son camp portent une responsabilité claire : ils ont laissé prospérer un système où la santé publique recule toujours d’un pas devant les intérêts privés. 
 


Sources 
 

Google Docs – omniprésence des polluants chimiques

Ministère de la Santé – PFAS : s’informer et réduire son exposition

Commission européenne – PFAS pollution

Gouvernement français – PFAS : surveillance de l’état des eaux

Santé publique France – analyse sur les populations potentiellement exposées aux PFAS

Texte et règles d’application sur les PFAS

EFSA – Bisphénol A et autres bisphénols

Loi Duplomb – retour au Sénat

Nomination de Richard Ferrand au Conseil constitutionnel

Analyse sur les nominations de proches aux postes clés
 

 


Samedi 13 Juin 2026

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