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« On l'appelait la pucelle car elle était vierge depuis son enfance » [perle lycéenne]



C'est doux d'être aimé par des sons...

Parmi les très nombreux éditos qui ont suivi l'attentat à Charie Hebdo j'ai retenu celui-ci, qui me parait frappé au coin du bon sens. Le bon sens qui est à, à mon sens, le contraire de toute religion.



Cet édito m'est parvenu avec la lettre d'information de l'excellente application d'Arte Radio, sur ordi et sur mobile.


Charlie, pas Charlie

J'aime ce pays où on réussit à s'engueuler très vite, très fort, et pour n'importe quoi.
Cette histoire de marche par exemple. Y aller, ne pas y aller ? Le nombre de conneries qu'on a pu entendre. Mon chagrin, qui n'a guère diminué depuis une semaine, m'obscurcit sans doute l'esprit, mais selon moi il s'agissait dimanche d'un enterrement symbolique. Un enterrement, on n'y va pas par plaisir ou par convenance personnelle. On ne regarde pas la liste des invités. On y va parce que c'est la chose à faire. Parce que sinon on le regrettera toute sa vie. C'était parfois pesant et très silencieux, voire anomique comme disent les gens chics, parce qu'on crie peu de slogans pendant les funérailles. Il y a des gens qui vous disent, très contents d'eux, qu'ils ne vont jamais aux enterrements comme d'autres assument de ne pas aller à l'hôpital voir un pote malade. Parce que nous autres, on adore ça peut-être ? Marcher derrière ses morts est un geste de savoir-vivre, de bonté, de fraternité humaine. C'est un marqueur de la civilisation, comme la discussion contradictoire et les blagues de cul. Ce sont ces très rares moments d'émotion collective qui fabriquent une société et nourrissent ce fameux vivre-ensemble dont on regrette par ailleurs le délitement. Tu pleures, tu embrasses la famille et tu manges un morceau. Après seulement tu règles les comptes. Maintenant, on y est, la France est chez le notaire. Maître Jesaistout ouvre l'enveloppe qui contient le nom des coupables. C'est la faute à la société ! A l'Islam ! A Zemmour ! A Charlie ! Les mêmes reprennent leur démonstration où ils l'avaient laissée la veille, avec les mêmes mots prononcés dans le même ordre. L'événement n'a pas eu lieu, comme j'ai tenté de le dire maladroitement sur Mediapart l'autre soir. Les fachos comme les gauchos savent à quoi s'en tenir. C'est pas un massacre, ou même cent, qui va renouveler leur boîte à outils conceptuelle. Mes amis les gauchistes appuient sur la touche F5 et ça sort tout seul : discrimination, colonisation, Houellebecq, souffrance des dominés... Combien mes amis doivent mépriser leurs chers dominés pour leur concéder aussi peu de libre-arbitre. Musulmans de France, sachez-le, vous avez le choix entre être des barbares ou des victimes. Pour être des citoyens dotés de droits et de devoirs, va falloir attendre un peu : la France qui pense est occupée à s'engueuler autour de vingt cercueils. Je ne vaux peut-être guère mieux. Je ne suis pas éditorialiste, hein. Je suis en deuil. Je pleure, je lis beaucoup, je parle et je déconne. Comme nous tous. Et ARTE Radio continue à produire avec la conviction que

C'EST DOUX D'ÊTRE AIMÉ PAR DES SONS (ARTE Radio à partir du 16 janvier)


Lundi 19 Janvier 2015

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