Windows 11 : quand l’OS vedette se transforme en machine à cash (et à surveillance)


Il y a des plantages qui affichent un écran bleu. Et puis il y a les plantages marketing : Windows 11 appartient clairement à la seconde catégorie. Une excellente vidéo de la chaîne YouTube "Révolution High-Tech" qui remet les pendules à l'heure. Vous trouverez également à la fin de cet article une solution pour éradiquer Recall de Windows.



Image : Gemini

En 2025, Microsoft pensait orchestrer une migration triomphale vers son nouveau système.

Résultat : des centaines de millions d’utilisateurs ont préféré rester sur un Windows 10 officiellement
« dangereux » plutôt que de monter dans le train Windows 11, pourtant repeint aux couleurs de l’IA et du futur. 

Quand 400 millions de personnes décident sciemment de ne pas vous suivre, ce n’est plus de la résistance au changement, c’est un vote de défiance massif.

 


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400 millions de refus : le référendum que Microsoft n’a jamais organisé

Officiellement, le support de Windows 10 s’arrête en octobre 2025. Dans la logique Microsoft, tout le monde devait donc gentiment migrer vers Windows 11, sous peine de finir nu sur Internet, sans mises à jour de sécurité.

Dans la réalité, environ 400 millions d’utilisateurs ont répondu : « Non merci, on va garder notre OS non sécurisé »

C’est probablement le plus grand acte de désobéissance numérique de l’histoire récente : des centaines de millions de gens qui préfèrent vivre avec un risque théorique de virus plutôt qu’avec des “améliorations” bien réelles qu’ils n’ont jamais demandées.

Pourquoi un tel rejet ? Parce que Windows 11 ne ressemble plus à un système d’exploitation, mais à un service d’abonnement déguisé en OS, truffé de télémétrie, de pubs et d’IA intrusives.
 

TPM 2.0 : l’obsolescence programmée façon « mise à jour »

La grande trouvaille de Microsoft pour « sécuriser » l’avenir s’appelle TPM 2.0. Techniquement, une puce de sécurité. Politiquement, un filtre.

En imposant TPM 2.0 comme prérequis pour Windows 11, Microsoft a rendu du jour au lendemain environ 50% du parc mondial de PC officiellement « incompatibles », alors qu’ils fonctionnaient parfaitement. 

Pour l’utilisateur, le message est limpide : ta machine de trois, cinq ou sept ans ne mérite plus de vivre, va acheter un nouveau PC si tu veux rester dans le club.

Bien sûr, des contournements existent (Rufus, hacks du registre, ISO modifiées), et les machines ainsi « bricolées » tournent très bien sous Windows 11. 

Ce qui prouve au passage que la barrière TPM 2.0 tient plus du verrou commercial que d’une nécessité technique absolue.
 

Le compte Microsoft obligatoire : ton PC, leur cloud

Souvenez-vous du bon vieux temps où vous pouviez installer Windows avec un compte local, sans donner votre adresse mail, votre numéro de téléphone et votre vie privée en cadeau de bienvenue.

Ce temps-là est terminé. Sur Windows 11, Microsoft a progressivement verrouillé le processus d’installation pour imposer :

→ une connexion Internet obligatoire,

→ un compte Microsoft systématique

Officiellement, c’est « pour votre confort » et pour « synchroniser tes paramètres dans le cloud ». Dans la pratique, c’est surtout une façon de vous lier à l’écosystème maison : OneDrive, Microsoft 365, Xbox, Store, télémétrie, facturation potentielle demain.

Votre PC ne vous appartient plus tout à fait : c’est un terminal Microsoft, temporairement posé sur votre bureau.
Windows, ou comment transformer ton outil de travail en panneau publicitaire

Vous avez payé votre licence Windows. Votre constructeur a payé sa licence OEM.
Et que trouve-t-on aujourd’hui dans le menu Démarrer et les notifications ? De la publicité !

Promos pour OneDrive, rappels insistants pour passer à Microsoft 365, suggestions d’applications, tuiles « recommandées » qui ressemblent furieusement à des placements commerciaux : l’OS est devenu un espace publicitaire premium, directement branché sur votre attention.

Le plus ironique, c’est que beaucoup de ces pubs vous vendent des services… censés améliorer l’expérience Windows. En d’autres termes : vous payez pour un système qui vous vend des surcouches … pour supporter ce même système.
Copilot, Recall : l’IA qui regarde par-dessus votre épaule

Comme si cela ne suffisait pas, Microsoft a décidé de greffer l’IA partout : Copilot intégré au système, fonctionnalités « intelligentes » dans tous les coins, et surtout la fameuse fonction Recall.

Recall, c’est ce machin qui prend en capture votre écran toutes les quelques secondes, stocke le tout localement, et vous permet de « remonter dans le temps » pour retrouver ce que vous faisiez, disiez  ou écriviez.

Sur le papier, c’est magique. Dans la vraie vie, c’est un cauchemar de cybersécurité : un historique quasi complet de votre activité, centralisé sur ta machine et potentiellement exploitable par un malware, un employeur intrusif ou un État un peu trop curieux.

Certains experts n’hésitent pas à qualifier Recall de « keylogger légal », et il n’y a, hélas ! rien d’exagéré dans cette formule.

Microsoft a bien tenté de rassurer en rendant la fonction optionnelle et en filtrant certains contenus sensibles, mais le principe de départ reste le même : pour t’« aider », l’OS doit tout voir, tout enregistrer, tout retenir.

 

Windows par abonnement : le cauchemar qui s’annonce

Vous croyiez que le pire était derrière vous ? Attendez de voir la suite.

Des indices trouvés dans les fichiers système de Windows laissent apparaître des références à une « Subscription Edition », autrement dit une édition par abonnement mensuel, sur le modèle de Microsoft 365. 

La logique est implacable : après le logiciel, après la suite bureautique, pourquoi ne pas transformer le système d’exploitation lui-même en rente récurrente ?

Dans ce scénario, vous  ne possédez plus votre OS. Vous louez le droit d’y accéder, tant que votre carte bancaire est valide. 

Un jour, on se réveillera avec un message du genre : « Votre licence Windows est suspendue. Merci de mettre à jour votre mode de paiement pour continuer à utiliser votre PC. »

Science-fiction ? Peut-être. Signal faible inquiétant ? Clairement.
 

Pendant ce temps-là, Linux dépasse les 5% et macOS continue sa route

Le plus savoureux dans l’histoire, c’est que ce rejet massif ne profite pas à Microsoft, mais à la concurrence.

En 2025, les distributions Linux pour postes de travail ont enfin franchi la barre symbolique des 5% de parts de marché sur les PC de bureau aux États-Unis, selon StatCounter, un record historique pour le libre

Dans le même temps, macOS continue doucement de grignoter des parts, porté par les machines Apple Silicon et la promesse d’un environnement plus cohérent et (relativement) moins intrusif.

Non, Linux ne va pas remplacer Windows demain matin, et oui, macOS reste cher et fermé. 

Mais la tendance est là : de plus en plus d’utilisateurs préfèrent affronter la courbe d’apprentissage d’un nouvel OS plutôt que d’accepter la dérive d’un Windows qui ne travaille plus pour eux, mais sur eux.
 

Petit rappel piquant

Pendant des décennies, Windows a été l’outil de référence pour travailler, jouer, créer, administrer des infrastructures entières. 

Aujourd’hui, il ressemble de plus en plus à une plateforme publicitaire connectée, dopée à l’IA, qui considère :

→ chaque clic comme un signal commercial, 

→ chaque fenêtre comme une opportunité de monétisation, 

→ chaque utilisateur comme une source de données.
 

D’un outil au service de l’utilisateur… à un service qui se sert de l’utilisateur

C’est là que la vidéo de Révolution High-Tech met le doigt là où ça fait mal : Windows a cessé d’être un outil au service de l’utilisateur pour devenir un service qui exploite les données, l’inertie et la dépendance de ses clients.

Le modèle économique a changé :

→ l’OS n’est plus la destination, mais le tuyau,

→ la valeur, ce ne sont plus les fonctionnalités, mais les flux de données,

→ le client n’est plus propriétaire de son environnement, il en est l’occupant précaire.

La bonne nouvelle, c’est que cette fois, les utilisateurs ne sont pas restés silencieux : les 400 millions de résistants, la percée de Linux, la progression de macOS, les polémiques autour de Recall et de la publicité dans l’OS envoient un message très clair.

La question n’est plus : « Windows 11 est-il un bon OS ? »

La question est : « Acceptons-nous qu’un système d’exploitation devienne une plateforme d’extraction de valeur où notre attention, nos données et notre matériel sont des variables d’ajustement ? 

C’est à chacun de répondre.

Mais manifestement, des centaines de millions d’utilisateurs ont déjà voté avec leur disque dur.

 

Comment effacer Recall dans la version Windows 11 : 25H2  

Cliquer droit sur Démarrer
 

Choisir Terminal Administrateur
 

(Commande à taper intégralement dans l’invite ) : 
 

C:\Users\”votre nom”> Disable-WindowsOptionalFeature -Online -FeatureName "Recall" -Remove
 

→ Patientez, cela peut être long jusqu’à l’affichage suivant. 
 

Et, ne comptez pas sur Windows pour afficher un message d'attente, comme il est de coutume dans ce cas. 
 

Au contraire, il affiche des suites de zéros, et par intermittence, encore ! 
 

Pour vous faire croire qu’il y a un problème, je présume, et vous dissuader de continuer.
 

La commande est une commande destinée aux administrateurs système. 
 

Il n'y a donc aucune raison pour qu’elle ne fonctionne pas et même, pour qu'elle ne dure pas un long moment.
 

La réponse qui s’affiche à la fin du processus :
 

Path          :

Online        : True
RestartNeeded : False (même pas besoin de redémarrer !)

Et, vous voilà débarrassé de ce mouchard indésirable.
 

Vous apprécierez, comme il se doit, les méthodes, pour les moins cavalières de Windows, qui, officiellement, rend la désactivation de Recall possible pour les utilisateurs qui n'en veulent pas, mais, en même temps, à l’instar d’un autre manipulateur célèbre, fait en sorte que cette option soit introuvable dans le labyrinthe impénétrable de l’aide Windows.  

Je termine avec une antiphrase de la citation de Sénèque, qui n'a jamais connu l'informatique, mais savait très bien reconnaître les manipulateurs :

 

« Ce n'est pas parce que nous ne les tentons pas que les choses sont difficiles. C'est parce qu’on nous les rend difficiles, que nous ne les tentons pas ». 

 

Mercredi 6 Mai 2026
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