Depuis, j'ai subi deux opérations en Espagne, pour chacun de mes yeux, et cela ne m'a pas coûté un centime. z
73% des Français sacrifient leurs soins, mais pas pour les mêmes raisons
Tenez-vous bien : 73% des Français ont renoncé à au moins un soin ces cinq dernières années. C'est le pire score depuis qu'on mesure cette stat, avec une progression d'enfer : +10 points en seulement deux ans (63% en 2024, 68% en 2025, 73% en 2026).
Mais attention au détail qui tue : ce n'est pas un phénomène égal pour tous. Les jeunes de moins de 35 ans sont à 85% de renoncement (ils doivent vraiment manger des pâtes !), tandis que les plus de 60 ans tiennent le coup à 58%. En Île-de-France et Nouvelle-Aquitaine, c'est du chaos : 77% et 76% respectivement.
2018 : Macron promet le 100% Santé. 2026 : où est-il ?
Vous vous souvenez du grand show médiatique ? 2018, Emmanuel Macron débarque avec son plan « 100% Santé – des soins pour tous, zéro reste à charge ». Discours vibrant, promesses dorées. Les lunettes gratuites ! Les couronnes dentaires sans surcoût ! Les audioprothèses enfin accessibles !sante+1
C'était tellement beau sur le papier.
En réalité ? C'était du marketing politique en trois actes.
Acte 1 : L'entrée de gamme du piège
Le 100% Santé ne concerne que l'« offre d'entrée de gamme » – autrement dit, les trucs les moins chers. Vous voulez des lunettes correctes pour lire sans migraines ? Pas dans le panier 100% Santé. Une couronne dentaire qui tient plus de deux ans ? Allez-y à vos frais. Une audioprothèse performante ? Sortez le portefeuille.l
Acte 2 : L'adhésion volontaire du refus
Les dentistes et opticiens ne sont pas obligés d'adhérer au panier 100% Santé. Et devinez quoi ? La plupart préfèrent proposer leurs trucs « hors panier » à tarifs libres. Résultat : vous trouvez une paire de lunettes 100% remboursée à côté de la même paire proposée à 300 € chez l'opticien d'à côté. Sympa comme choix.l
Acte 3 : Les déserts médicaux ignorent les tarifs remboursés
Même si c'est 100% remboursé, il faut encore le trouver. Dans les zones rurales ? Bon courage pour localiser un dentiste qui propose l'offre 100% Santé. Les pauvres échangent donc un problème contre un autre : au lieu de « je ne peux pas payer », c'est « je ne peux pas trouver ».
2026 : le gouvernement reprend ce qu'il avait donné
Et voilà le coup de maître. Tandis que les Français découvrent que le 100% Santé n'a rien changé à leur reste à charge réel, le gouvernement annonce pour 2026 un doublement des franchises médicales (de 50 à 100 € par an) et une augmentation des participations forfaitaires. Plus grave encore : les patients atteints d'affections de longue durée (ALD) perdraient leurs avantages.
C'est diablement ingénieux comme stratégie : vous annoncez une victoire spectaculaire, vous attendez que les gens découvrent que c'était du bluff, puis vous reprenez discrètement ce que vous aviez « donné ». Entre-temps, vous pouvez dire « on a essayé, c'était pas assez ».
Les trois ennemis des pauvres : les tarifs gelés, le bluff du 100%, et les lunettes de mauvaise qualité
Commençons par ce joli paradoxe : le gouvernement baisse les tarifs des médecins pour « sauver l'Assurance Maladie ». Résultat ? Les praticiens ne s'installent nulle part, et les 6 millions de Français sans médecin traitant peuvent compter sur leurs doigts le nombre de consultations qu'ils peuvent se payer.
Pour les dents ? Une couronne « premium » hors panier 100% peut vous coûter 1 200 €. Les couronnes du panier 100% ? Techniquement gratuites, techniquement invisibles sur le terrain. Les implants dentaires ? Allez-y à vos frais, avec un reste à charge savoureux
Et la prévention, alors ? Le dépistage du cancer du col de l'utérus est gratuit, mais les femmes en situation précaire ? Elles sont 20% moins nombreuses à se faire dépister. Pas assez de temps, pas assez d'argent pour le déplacement, pas assez de courage. On comprend.
Les déserts médicaux : 87% de la France à plusieurs vitesses
Qui aurait cru qu'on pouvait être en France et ne pas avoir accès à un docteur ? 87% du territoire français souffre d'une accessibilité insuffisante aux soins. Six millions de Français sans médecin traitant attitré – c'est la Provence qui va aimer.vie-publique+1
Entre Paris où on trouve un cardiologue à la minute et la Creuse où vous devez rouler 200 km pour une consultation, l'accessibilité varie d'un facteur 1 à 7. Autrement dit : si vous êtes riche et en région parisienne, vous êtes doré. Si vous êtes en zone rurale et précaire, le 100% Santé ne vous servira à rien – il n'y a personne pour vous le proposer.
Et les gagnants du système ? Les mutuelles, les labos, et les riches
Voilà la beauté du truc : les mesures d'économies ne frappent pas tout le monde pareil. Les assurances complémentaires privées voient leurs marges gonfler pendant que les pauvres paient la facture. Les pharmas continuent de vendre cher, même si les génériques sont « moins chers ». Et les aisés ? Ils se paient une belle mutuelle haut de gamme ou vont se faire soigner en Allemagne ou Belgique.
Pendant ce temps, 40% des renoncements aux soins sont motivés par des raisons financières. C'est dire l'efficacité du système.
2026 : l'année où ça devrait s'améliorer (spoiler : non)
Le gouvernement a annoncé des mesures pour 2026 : renforcer la prévention, améliorer l'accès aux soins, créer des « zones rouges » prioritaires pour les déserts médicaux. Des Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) émergent pour organiser les soins non programmés. Et même un « Buccobus » – un véhicule itinérant de soins dentaires en zone rurale, c'est gentil.
Mais soyons honnête : tant qu'on n'augmentera pas vraiment le budget de l'Assurance Maladie, qu'on n'arrêtera pas de presser les tarifs des praticiens, qu'on laissera les mutuelles faire du profit sur les soins non remboursés, ET qu'on continuera à jouer les tours de passe-passe avec des promesses de 100% que personne ne trouve, le système restera ce qu'il est : un système à deux vitesses où la santé devient un privilège, pas un droit.
La vraie solution ? On la connaît depuis longtemps
Il faudrait : augmenter le budget de l'Assurance Maladie pour les soins de base (dentaire, optique, audioprothèse), renforcer les aides ciblées pour les précaires (CMU-C, extensions aux travailleurs instables), créer des incitations vraies pour les médecins en zone sous-dotée, et – radical idea – plafonner les marges des assurances complémentaires.
Mais ça, c'est politiquement difficile, non ? Plus facile de faire entendre aux pauvres qu'ils doivent « moins consommer de soins », comme si la santé était du luxe. Plus facile aussi de faire un coup de com' sur le 100% Santé, puis de reprendre discrètement ce qu'on avait promis une fois que tout le monde a oublié.
Pendant ce temps, 73% des Français se demandent s'ils peuvent vraiment se soigner ce mois-ci. Et la France continue de se gargariser en clamant que son système de santé est universel. Et que son 100% Santé fonctionne.
N.D.L.R
Lorsque je suis arrivé en Espagne il y a huit ans, j'avais toujours ma mutuelle MGEN, une des plus importantes de France, puisqu'elle concerne tous les enseignants.
Très rapidement, j'ai supprimé cette assurance, qui me coûtait assez cher tous les mois.
Pourquoi?
Parce que j'ai découvert qu'en Espagne, la sécurité sociale est vraiment universelle.
C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'obligation de s'inscrire à une mutuelle, puisque la totalité des frais médicaux sont pris en charge par la sécurité sociale à 100%.
A deux exceptions près : les dents et les yeux.
En ce qui concerne les dents, je n'ai pas encore essayé.
En ce qui concerne les yeux, j'ai acheté des lunettes récemment, multi focales, avec tous les perfectionnements habituels, avec une réduction égale à mon âge, c'est-à-dire au moment où cela s'est fait : 77 % de réduction !
Autant dire que mes lunettes ne m'ont pas coûté cher.
C'était une promotion, effectivement, mais les promotions sont très nombreuses dans ce domaine, parce que sans promotion, et sans prix "raisonnables", les gens en Espagne seraient incapables, pour la plupart, d'acheter, comme chez nous en France, des lunettes multifocales à 1 100 €. Somme que j'ai payée, il y a bien longtemps, lorsque j'étais encore à la MGEN et à la Réunion, où étais en poste à l’époque.
Depuis, j'ai subi deux opérations en Espagne, une pour chacun de mes yeux, et cela ne m'a pas coûté un centime, puisque je suis inscrit à la Sécurité sociale espagnole, après avoir contribué toute ma carrière à la Sécurité sociale française.
Je précise que, dans ce cas, l'Espagne est remboursée par la France et que je ne coûte donc rien à l'Espagne. La Sécurité sociale a été européanisée, mais chaque pays continue de contribuer pour ses ressortissants, même s'ils sont expatriés.
De plus, il est avéré que le système médical de l'Espagne est aujourd'hui d'une meilleure qualité que celui de la France.
En revanche, je dois préciser que, comme en France, l'accès à l'hôpital, surtout dans une région très fréquentée comme la région de Malaga, où j'ai passé la plus grande partie de mon séjour en Espagne à ce jour, a demandé quelques mois de délais et plusieurs lettres destinées à activer la procédure.
On ne peut pas tout avoir, le beurre et l'argent du beurre. L'essentiel est que j'ai pu être opéré gratuitement par deux fois et que deux ans après, je n'ai aucune séquelle et mes yeux fonctionnent parfaitement.
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