L'effondrement des "usines à contenus"
Il existe une catégorie de sites et de blogs qui ont bâti leur succès sur la quantité plutôt que sur la qualité. En produisant des articles formatés, sans saveur et uniquement destinés à plaire aux algorithmes de Google pour capter quelques clics publicitaires, ils se sont jetés dans la gueule du loup. Aujourd'hui, l'IA produit ce même type de contenu de manière instantanée et gratuite.
Ces sites n'apportent aucune valeur ajoutée, aucune analyse, aucun vécu. Ils sont les premières victimes des moteurs de réponses, en passe de remplacer les moteurs de recherche, qui synthétisent l'information sans jamais envoyer de visiteur vers leur source. Pour eux, l'avenir est sombre : on ne gagne pas une course de vitesse contre des machines qui ne dorment jamais.
Un parcours comme bouclier contre l'IA
Face à cette saturation de textes lisses et consensuels générés par ordinateur, l'expérience devient un "blindage" naturel. Pour ma part, je ne me sens pas dépaysé par cette évolution. Mes études de sociologie, puis mon parcours d'agent comptable pour la rigueur des chiffres, ainsi que mes 25 années de blogging m'ont permis de cultiver une liberté de ton totale. Cette double culture — celle du fait précis et celle de l'opinion tranchée — est précisément ce que l'IA peine à reproduire.
L'originalité, qui était autrefois un choix stylistique, est devenue une nécessité vitale. C’est la "faille humaine", le coup de gueule, ou encore dans mon cas la subjectivité assumée de celui qui a vu le web naître et se transformer, qui deviennent les seuls remparts contre l'uniformisation numérique.
Une machine peut compiler des données comptables ou résumer un article de presse mais elle est, pour l'instant en tout cas et peut être pour très longtemps, incapable d'originalité, très mauvaise en humour, et absolument dénuée de tout ce qui pourrait ressembler a des sentiments.
Le réveil brutal d'un secteur
Le salut ne viendra pas d'une énième optimisation technique, mais d'un retour à l'essence même du partage : avoir quelque chose de singulier à dire. Les médias qui survivront seront ceux qui sauront transformer leur audience en une véritable communauté fidèle, attachée à une voix plutôt qu'à un flux d'informations brutes.
À l’heure où les "deepfakes" et les contenus clonés inondent la toile, l’authenticité devient la valeur refuge absolue. Ceux qui ont passé des décennies à polir leur style et leur indépendance de ton ont aujourd'hui une longueur d'avance sur toutes les intelligences artificielles du monde.
Référence pour approfondir la réflexion :