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Enquete sur un mot piège : populisme

Un article très éclairant de Judith Bernard sur l'excellent site Arretsurimage.net. Alors que le terme «populiste» circule dans la parole publique comme une invective dont le sens serait admis par tous, il n’est pas inutile de se demander d’où nous tenons ce sens prétendument évident:




La une du Monde de dimanche dernier sert de point de départ à une petite enquête lexicale qui fait apparaître que l’usage public de la notion s’est établi, depuis une décennie, dans un horizon sémantique éminemment discutable, que Le Monde, dans ses colonnes, se garde bien de discuter. Voilà que les «populistes!» sont partout… Mélenchon était abonné depuis un moment à ce procès-là, et avec lui tous les contestataires de l’ordre politique en place, mais voici que le reproche grimpe jusqu’à toucher le sommet du pouvoir : le président Hollande, avec sa nouvelle lubie de la transparence imposée à ses ministres, se retrouve souillé de la même infamie, sa stratégie pointée du même doigt accusateur : «populisme?».

UneMonde












Une du Monde daté de dimanche 14/lundi 15 avril 2013
 












Le point d’interrogation que Le Monde a la charité de laisser traîner ne fait guère illusion – ce mot lâché fait boule puante, avec ou sans ponctuation suspensive il salit son objet d’une odeur persistante, et voici le président himself tout empoissé de l’opprobre «années 30»
( Référence omniprésente. Voir aussi l'éloquente couverture de L'Obs cette semaine) picto
Car les deux qualifications vont ensemble – dire l’une c’est suggérer l’autre, l’attelage n’a pas besoin d’être explicite pour être opérant, c’est toute une petite charrette qui va son chemin dans l’imaginaire, dans des zones un peu sombres où elle s’aventure d’autant plus loin que personne ne sait exactement comment la décrire, de quoi elle est faite et ce qu’on veut dire par là au juste.

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Pour une définition académique – ou quand mon bon vieux Robert sèche.
Ce qu’on veut dire par là? Le "vieux" dictionnaire ne m’est pas ici d’un grand secours : mon fidèle Robert de 1996 ne reconnaît à l’item "populisme" que la définition d’un mouvement littéraire (qui «cherche, dans les romans, à dépeindre avec réalisme la vie des gens du peuple»).
La chose est à peine croyable et vous pouvez pourtant la vérifier par vous-mêmes, en 1996, le sens politique de la notion, si massivement en usage aujourd’hui, n’est pas seulement mentionné dans un dictionnaire qui fait pourtant référence. Cela veut donc dire qu’alors, il ne circule pas dans la parole publique, que nous n’en avons pas l’usage commun...












Ressources intuitives et wikipédiennes
Ce sens politique, nous "l’intuitons" donc – nous ne l’avons pas appris à l’école, nous en avons peu à peu édifié empiriquement la définition en fonction de sa construction étymologique (le "populo" fait la cible, le "–isme" une tendance exclusive, et nous sentons qu’il y a là une forme particulièrement dangereuse de démagogie), intuition étayée par les usages que nous en avons entendu faire dans la parole publique.

On peut considérer que vers 2006 (date où la notice wikipédia du "populisme" est discutée comme "insuffisamment objective" et "ne citant pas suffisamment ses sources"), il circule avec le sens que nous lui donnons aujourd’hui : "Le populisme, nous explique Wikipedia, désigne un type de discours et de courants politiques, prenant pour cible de ses critiques "les élites" et prônant le recours au "peuple" (d’où son nom), s’incarnant dans une figure charismatique et soutenu par un parti acquis à ce corpus idéologique».

Sa dimension péjorative semble établie, si l’on en juge par le corps de l’article, même si elle est moins aiguë que dans les usages qui en sont faits : «Le populisme met en accusation les élites ou des petits groupes d'intérêt particulier de la société. Parce qu'ils détiennent un pouvoir, le populisme leur attribue la responsabilité des maux de la société: ces groupes chercheraient la satisfaction de leurs intérêts propres et trahiraient les intérêts de la plus grande partie de la population. Les populistes proposent donc de retirer l'appareil d'État des mains de ces élites égoïstes, voire criminelles, pour le «mettre au service du peuple». Afin de remédier à cette situation, le dirigeant populiste propose des solutions qui appellent au bon sens populaire et à la simplicité. Ces solutions sont présentées comme applicables immédiatement et émanant d'une opinion publique présentée comme monolithique. Les populistes critiquent généralement les milieux d'argent ou une minorité quelconque (ethnique, politique, administrative, etc.), censés avoir accaparé le pouvoir; ils leur opposent une majorité, qu'ils représenteraient.»
Il faudrait ici tout un cours d’histoire pour examiner les mouvements politiques cités ensuite en exemples français du populisme – "boulangisme" de la fin du XIXème siècle, "poujadisme" des années 50 – ce qui n’est pas l’objet de cette chronique, déjà largement débordée par l’ampleur inattendue de son objet.












La doxa des "démophobes"
Ce qui frappe surtout, à mesure qu’on explore la notion, c’est que ses définitions ne se laissent pas réduire à un énoncé simple ; c’est donc un concept politique complexe, dont on s’étonne qu’il ait si facilement, et en si peu de temps, inondé l’espace de la parole publique : ici encore, Wikipédia apporte des éléments d’analyse éclairants, s’appuyant sur des travaux universitaires :

"Annie Collovald met en parallèle le succès du vocable avec la disparition progressive des classes populaires dans les appareils et dans les discours des partis politiques et interprète l'usage croissant du mot populisme ou populiste comme l'expression d'une méfiance grandissante à l'égard des classes populaires et d'un penchant nouveau pour la démocratie capacitaire voire censitaire." (d'aprèsAnnie Collovald,Le «Populisme du FN»: un dangereux contresens, Éditions du Croquant, 2004).

Le "populisme" serait ainsi peut-être l’arme lexicale de ceux qu’on pourrait appeler des "démophobes" (craignant démos, le peuple), redoutant une montée des revendications du peuple à recouvrer une souveraineté dont il s’estime dépossédé ? On s’amusera alors à constater que la discussion wikipédiesque sur le terme commence à se développer en 2006, soit dans ce grand moment démocratique qui sépare la victoire du Non au référendum sur le Traité Constitutionnel Européen (2005) et l’imposition de force de ce même texte par le Traité de Lisbonne (2007)… N’insistons pas trop, on nous reprocherait d’être… populiste. Et ce serait infamant.












Mais pourquoi donc c’est si mal?
Mobilisé depuis quelques années par les partis dominants, pour dénoncer les "extrêmes" sur leurs bords, et repris par les médias institutionnels sans la moindre nuance, le "populisme" s’est imposé dans nos têtes comme une forme du mal en politique : on sent que c’est toxique, que c’est une tentation à laquelle il ne faut pas céder - c’est trop facile, trop simple, et ça peut être hyper grave.

En relisant la définition admise par Wikipédia, on peut faire l’hypothèse que le grand mal prêté au populisme consiste dans la désignation, par le grand nombre, d’un petit nombre jugé coupable : appelons le petit nombre "minorité", comme le fait la notice, et l’on sent le danger, où la foule va persécuter, lyncher, voire exterminer le petit groupe ; ajoutons que la minorité peut être "ethnique", comme le précise aussi la notice, et le pire pointe son nez, qu’on appelle génocide.

Ce n’est dit nulle part mais je fais le pari que ce non-dit est le socle implicite sur quoi se constitue l’effet repoussoir de la notion, sur lequel jouent les orateurs qui s’en servent comme d’une arme supposée fatale à l’adversaire : ce n’est pas seulement comme erreur de jugement (cette manière de croire que le "peuple" aurait raison contre "les élites") que le populisme est tenu pour négatif, c’est pour la violence potentielle qu’il est susceptible de libérer, si l’accusation se mue en acte punitif.











Un usage dominant au service de la domination

Nos cerveaux, embarqués dans le grand trafic médiatique des notions, ne prennent guère le temps de fouiller ainsi dans les problèmes de dénotation et de connotation que je tente d’explorer : percevant qu’un usage lexical est dominant, établi et indiscutable, ils se conforment à cet usage, s’en contentent, voire s’en emparent à leur tour - car dans la langue, l’usage fait loi et se répand comme une maladie contagieuse. Et nous voici tous croyant à la redoutable toxicité de ce "populisme" qui nous rappelle qu’il est très dangereux "pour la démocratie" de juger coupable une "minorité" - fût-ce la minorité numérique des tenants du pouvoir, et quel que soit l’usage qu’ils font en effet du pouvoir.

Si bien que sentant monter en soi et partout autour cette colère contre des puissants si peu capables de servir le bien commun, si manifestement incompétents ou financièrement intéressés, on se retient au dernier moment de dénoncer leur inaptitude grotesque ou leur crapulisme sans vergogne. On se retient de vomir, on s’installe dans la nausée, on n’ose plus se soulager, on se dit "non, non, pas vomir, pas crier, pas dénoncer : ce serait du populisme" - on n’est pas tout à fait sûrs, pourtant : c’est le problème avec cette notion qui s’est imposée par la doxa, sans préalable définitionnel ; on n’est pas sûr, on sent que c’est une maladie de la démocratie mais on n’a pas bien compris les symptômes, alors on demande un diagnostic : "Docteur, c’est ça, le populisme?".

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Allô, non mais allô, quoi : docteur?
Et voici que le docteur (en sociologie) nous parle. Dans les colonnes du Monde (daté dimanche-lundi : celui dont la une figure en haut), Pierre Birnbaum est annoncé comme un "spécialiste des populismes", et l’on se jette sur l’entretien qu’il offre au journal, qui permettra enfin d’y voir clair. Las, au lieu d'une définition, avec critères précis et discriminants, ce qu’offre l’universitaire est une réalisation parfaite de ce que Frédéric Lordon appelle, dans sa dernière livraison au Monde Diplomatique , une «leçon de maintien démocratique », par laquelle l’élite (ici intellectuelle: Birnbaum est professeur émérite de sociologie politique à l’université Paris I, ce qui en jette un maximum) rappelle à l’agité qui est en chacun de nous l’art de bien se tenir, c’est-à-dire d’abord de tenir sa langue.













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Tenir sa langue, c’est s’abstenir en toute circonstance de dénoncer le pouvoir excessif de l’argent dans notre démocratie, parce que cela rappelle les années 30 : "J’ai écouté attentivement ce qu’a dit François Hollande, confie l’émérite: ‘nécessité d’une lutte implacable contre les dérives de l’argent, de la cupidité et de la finance occulte’: comment ne pas penser aux années 1920-1930, à la dénonciation du ‘mur d’argent’, des ‘ploutocrates’ et des ‘200 familles’ ?"












Encore de l’histoire
Nous sommes donc passés aux années 20-30, nouvelle matrice de la définition du populisme, ce qui n’est pas très aidant pour qui a essayé de s’en faire une idée à partir des modèles historiques proposés précédemment (boulangisme et poujadisme). Ces "200 familles" auxquelles nous sommes supposés "ne pas pouvoir ne pas penser" avaient été désignées par Daladier en 1934 comme ayant la main sur l’ensemble de l’économie et de la politique française :
 












nouveau media «Deux cents familles sont maîtresses de l'économie française et, en fait, de la politique française. Ce sont des forces qu'un État démocratique ne devrait pas tolérer, que Richelieu n'eût pas tolérées dans le royaume de France. L'influence des deux cents familles pèse sur le système fiscal, sur les transports, sur le crédit. Les deux cents familles placent au pouvoir leurs délégués. Elles interviennent sur l'opinion publique, car elles contrôlent la presse». (Discours prononcé lors du Congrès radical de Nantes, 1934).
pictoEdouard Daladier, 1884-1970
 
 
Daladier visait les 200 plus gros actionnaires de la Banque de France, et sa formule a connu un succès redoutable, reprise par tous les bords politiques, de l’extrême gauche à l’extrême droite.

 

Qu’on connaisse ou pas cette histoire des "200 familles", l’efficacité dissuasive de l’analyse de Birnbaum tient évidemment dans la mention des années 20-30 : ce contexte de la montée des fascismes, associé à la désignation de boucs émissaires - ici, des "familles" - laisse imaginer le pire sans qu’il soit besoin de le formuler. C’est d’ailleurs un amalgame particulièrement paumatoire : les 200 familles en question n’étaient évidemment pas toutes juives, et Daladier ne les désignait pas à la haine publique pour précipiter leur élimination pure et simple. Mais peu importe la nuance : au bout du raisonnement qui désigne une "minorité" jugée "coupable" et démesurément puissante, il y a le pire cauchemar de notre histoire : la Shoah. Ce spectre n’a pas besoin d’être nommé pour poser sa grande ombre sur notre imaginaire, immédiatement censuré dans les tentations qu’il pouvait éprouver de se révolter contre les puissances de l’argent.

Le tabou de l’argent
En repliant ainsi la dénonciation de l’élite financière contemporaine sur l’époque préfasciste, où une telle dénonciation a pu servir de tremplin à l’essor de l’antisémitisme, l’universitaire bannit toute possibilité de dénoncer l’excessif pouvoir politique qui échoit aux agents économiques les mieux dotés. "Populiste" est ce discours qui dénonce le pouvoir de l’argent. Et "populisme" est le début du fascisme.

Tout l’argumentaire de Birnbaum pour constituer cette séquence de la "transparence" imposée aux ministres en épisode populiste tient dans un inventaire de citations de politiques visant l’argent, comme si en dénoncer le pouvoir démesuré relevait nécessairement d’un noir projet politique : "On se souvient de Vincent Peillon dénonçant le ‘mur de l’argent’, de Benoît Hamon critiquant les ‘cadeaux faits aux plus riches’, d’Arnaud Montebourg évoquant le ‘système financier mondialisé’. Les trois sont aujourd’hui au gouvernement. Comme Mitterrand qui dénonçait ‘l’argent qui corrompt et pourrit jusqu’à la conscience des hommes’. François Hollande sait très bien, quand il le faut, reprendre ce vocabulaire qui parle évidemment à une certaine gauche mais la dépasse largement : la haine des riches, de l’argent et des banques appartient aussi à l’imaginaire d’une droite antilibérale qui est très puissante en France».

Et hop, voici venir la "haine des riches", glissée dans la phrase comme une évidence. Dénoncer le pouvoir excessif de l’argent dans notre modèle politique, ce serait "haïr les riches". On tombe de sa chaise, de voir ainsi toute analyse économique contestataire rabattue au niveau d’une pulsion basse prenant des personnes - les riches - pour objet.
 











Certes, Hollande a ouvert la brèche à cet amalgame odieux, avec sa funeste ânerie du"je n’aime pas les riches"(2006, sur le plateau d’A vous de juger). Sans doute croyait-il s'attirer les suffrages du "peuple" à qui les élites prêtent cet instinct nauséabond, mais le fait est qu’il n’a pas persisté dans ce discours, constatant probablement l’absence totale d’efficacité d’une posture politique aussi bas de gamme.  

Contester les structures n’est pas haïr les personnes
Peut-être faudrait-il expliquer, à Hollande comme à Birnbaum, que lorsque le corps social conteste le pouvoir démesuré qui échoit aux agents économiques les mieux dotés, ce n’est pas parce qu’il "n’aime pas les riches". Simplement, le corps social ne se satisfait pas de ce que le pouvoir soit réservé à une caste – la publication des patrimoines permet au moins de faire apparaître que notre démocratie tend bien, en effet, vers la ploutocratie, puisque la plupart des ministres font état d’un patrimoine très au dessus dupatrimoine médian ; que cette richesse soit la cause ou la conséquence de leur position de pouvoir pose dans tous les cas un sérieux problème à la démocratie, et c'est notamment cette structure de causalité qui est interrogée. Plus profondément, le corps social ne se satisfait pas de ce que les structures qui l’organisent permettent aux seuls riches - même (et surtout) loin des postes politiques officiels - d’infléchir la vie politique, économique, médiatique ; parce que le corps social est un corps qui veut tout entier être considéré, il veut la démocratie, et la démocratie, normalement, ce n’est pas le pouvoir des riches pour les riches.

Ce sont donc les structures qu’il conteste, pas les personnes qui en bénéficient. Mais cette nuance ne semble pas accessible aux partis politiques dominants, non plus qu’aux élites qui les soutiennent, les uns et les autres particulièrement prompts aux amalgames dont ils accusent précisément leurs adversaires. Amalgame consistant systématiquement à confondre leurs deux bords extérieurs sous le très utile et très insidieux vocable des "extrêmes", et Birnbaum y va évidemment lui aussi de ce raccourci indispensable à sa thèse : "ces références (à l’argent) constituent le vieux fond sémantique de l’extrême gauche et de l’extrême droite" - et l’on renifle la puanteur de ce "vieux" fond de sauce, sédimenté par l’Histoire, où goulag et camp d’extermination forment la masse compacte de nos terreurs post-modernes.











Les «élites» parlent aux «élites»: de l’art de nous faire taire.
Ne comptons pas sur le journaliste qui lui tend le micro de cet entretien pour l’inviter à plus de subtilité dans l’analyse politique : il est si parfaitement acquis à David Revault d’Allones, auteur de cet entretien, que les thèses du Front de Gauche relèvent de ce "populisme" si haïssable aux yeux du professeur (et pourtant si complexe dans sa définition, comme on l’a vu) que l’adjectif "populiste" ne fait même pas l’objet de la question :

"Face à la montée des discours populistes, notamment à gauche avec Jean-Luc Mélenchon, M. Hollande pouvait-il tenir d’autres propos?"

Et le professeur émérite d’emboîter le pas du journaliste du Monde, relevant dans la «radicalisation incontestable» du discours de Mélenchon des traces de Chavisme, mais aussi de poujadisme (le «Du balai» vient de là, apparemment), et revenant bien sûr, soi disant pour l'invalider, mais la légitimant tout de même, sur l’accusation d’antisémitisme :

"si nul ne peut accuser Mélenchon de préjugés antisémites, une telle phrase appartient toutefois à un registre qui ne peut que les évoquer".

"...Qui ne peut que les évoquer" ; la même tournure à vocation exclusive que la question du début – "comment ne pas penser (aux années 20-30)?" : la même manière de dessiner un chemin de pensée obligatoire, pas d’échappatoire possible – on ne peut pas ne pas - la même manière de dicter à nos cerveaux les synapses qu’ils doivent produire : si tu entends "argent" dans la bouche d’un politique, pense "populisme" ; si tu entends "populisme", pense fascisme, nazisme, Shoah. Et tais-toi, surtout : tais-toi.

Par Judith Bernard le 18/04/2013


 


Enquete sur un mot piège : populisme
N.D.L.R


Excellente analyse.


D'où il ressort avec clarté que le terme populisme, insulte suprême dans la bouche des élites, je dirais plutôt des nantis car on peut être nanti économiquement, mais aussi culturellement, est en fait une confusion de langage, savamment entretenue par les nantis, avec les médias (dont ils sont au demeurant propriétaires) comme courroie de transmission, qui sert tout simplement à les protéger des contestataires de l'ordre qu'ils ont largement contribué à établir.


Par ailleurs, ce terme a largement été discrédité par le Front National, qui, à une certaine époque s'est targué d'un populisme qui n'était en fait qu'un nationalisme raciste et xénophobe.

Enfin, mais ce n'est pas un scoop, les nantis culturels, à savoir les intellectuels,ont une fâcheuse propension à se ranger du côté de l'ordre établi, et à mépriser en secret ce qu'ils appellent la "populace"

En attendant, les révolutions, sans lesquelles nous serions toujours sous la monarchie, ont été conduites par le peuple, dans la rue, et pas par les nantis même s'ils ont toujours été habiles à monter dans les trains en marche. Bien entendu, après les révolutions, ce sont toujours les nantis qui ont repris la direction des opérations. Il n'y a qu'à voir dans quelle merde on est, comme dirait ce bon Coluche.


N'oublions pas que la démocratie est fondamentalement populiste puisque c'est, en principe, le gouvernement du peuple, par le peuple, et quand même un petit peu, pour le peuple. Ce n'est pas le gouvernement des nantis, qui s'appelle une ploutocratie.


À cet égard, les récentes déclarations de biens de nos élus ont démontré, s'il en était besoin, que la quasi-totalité de ceux qui nous gouvernent sont des nantis. Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que ces messieurs dames aient, et auront de plus en plus, le mot populisme à la bouche.

Si le populisme rappelle fâcheusement au distingué professeur les années 30, ont lui rappellera, qu'un an avant 1930, le monde a connu une des plus importantes crises économiques de son histoire. Si, à l'époque les nantis ont pu hurler au populisme avec les loups, on sait maintenant que cette crise, comme celle de 2008, a été provoquée et entretenue non par le peuple et ses éminents "populistes", mais bien par les nantis de l'époque.


La différence avec 2008 c'est qu'à l'époque un certain Roosevelt a tapé sur la table et mis les banksters, provisoirement, hors d'état de nuire.


En 2013, en revanche, nos banksters courent toujours, ce qui nous promet bien des misères à venir.








 


Samedi 20 Avril 2013

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