Les chiffres actuels sur la santé mentale des enfants, des ados et des femmes ne sont pas une surprise : ils sont la facture, à retardement, d’une gestion calamiteuse que certains d’entre nous, dont moi, dénonçaient déjà jour après jour.
https://sciencemediacentre.es/en/nearly-12-billion-people-worldwide-suffer-mental-health-disorders
Près de 1,2 milliard de personnes vivaient avec un trouble mental en 2023, soit presque le double de 1990, selon une vaste étude publiée dans le cadre du Global Burden of Disease et relayée par le Lancet.
En l’espace de trois décennies, le nombre de personnes souffrant de dépression, d’anxiété ou d’autres troubles psychiques a bondi d’environ 95%.
Depuis 2019, la prévalence de la dépression majeure aurait augmenté d’environ 24%, celle des troubles anxieux de plus de 47%, avec un pic dans les années qui suivent la crise de la Covid.
Une explosion qu’on attribue faussement à la « pandémie », sans jamais distinguer ce qui relève du virus et ce qui relève des choix politiques.
On nous explique gravement que « la pandémie a dégradé la santé mentale ».
Formidable tour de passe‑passe : en un mot, on engloutit le virus, les confinements, la fermeture des écoles, les couvre‑feux, l’isolement des vieux, la terreur quotidienne des chaînes d’info.
Tout est fondu dans un brouillard commode – « la pandémie » – qui ne remet jamais personne face à ses responsabilités. Il suffirait presque d’entendre « le virus a tout fait » pour absoudre à peu de frais des décisions qui, elles, ont été pensées, votées, appliquées, parfois maintenues contre toute évidence.
Autrement dit, on a mis le monde sous cloche, on a brisé des vies entières, et aujourd’hui, on découvre avec effroi que l’addition psychique est salée. Qui l’eût cru… à part tous ceux qui l’ont dit dès le premier confinement ?
Les enfants : cobayes d’un gigantesque mauvais test psychologique
S’il y a bien un groupe sacrifié pendant cette période, ce sont les enfants et les adolescents.
Les revues de littérature sur les fermetures d’écoles concluent à un impact défavorable sur le bien‑être et la santé mentale des jeunes : hausse de l’anxiété, des symptômes dépressifs, des troubles du comportement. Les chercheurs expliquent que les fermetures ont probablement contribué à la détérioration de la santé mentale, notamment par la rupture des contacts avec les pairs et les enseignants, le sentiment d’isolement, les inquiétudes pour l’école et l’avenir.
On a fermé les écoles comme on fermerait un supermarché, en expliquant aux enfants qu’ils représentaient un danger pour leurs grands‑parents, puis on s’étonne qu’ils fassent des crises d’angoisse.
On a collé des masques sur des visages en plein apprentissage (des bébés !) du langage et des émotions, puis on s’alarme d’une explosion des troubles du comportement. Les études commencent seulement à mesurer les dégâts : plus d’anxiété, plus de détresse, davantage de symptômes dépressifs chez ceux qui ont subi de plein fouet ces « expériences » pédagogiques décidées depuis un PowerPoint ministériel.
Pour la France, le constat est tout aussi inquiétant.
Une analyse portant sur près de 20 millions de jeunes de moins de 25 ans montre que les visites, hospitalisations et prescriptions de psychotropes ont « significativement » augmenté entre 2016 et 2023, avec un saut particulièrement net après la pandémie.
Les troubles anxieux, dépressifs, les idées suicidaires et les diagnostics de TDAH s’envolent, au point que l’on parle désormais d’une « crise de la santé mentale des jeunes » qui ne fait qu’empirer.
Selon les données de Santé publique France en 2024, environ 13% des enfants âgés de 6 à 11 ans souffraient probablement de troubles de santé mentale, tandis que les pensées suicidaires chez les adolescents ont plus que doublé en quelques années.
Face à cette hécatombe silencieuse, la réaction est édifiante : faire de la santé mentale des jeunes une « cause nationale » pour 2025, comme si la dégradation était une fatalité tombée du ciel et non la conséquence de décisions concrètes.
On déploie des campagnes de communication, on crée des numéros verts, mais on évite soigneusement de prononcer les mots qui fâchent : confinement, fermeture des écoles, panique organisée.
https://adice.asso.fr/en/actualites/cooperation/projets-europeens/pourquoi-la-sante-mentale-des-jeunes-est-elle-une-priorite-nationale/
Les femmes en première ligne, les hommes devant la télé
Autre catégorie fracassée par la gestion de la crise : les femmes, en particulier les jeunes adultes et les mères.
En France, des études récentes montrent que la prévalence des symptômes dépressifs est passée de 38% à 48% chez les jeunes, et celle de l’anxiété de 29% à 39% entre 2022 et 2024, avec des niveaux plus élevés chez les femmes que chez les hommes.
En 2024, près d’un jeune sur trois rapportait des idées suicidaires au cours des douze derniers mois, et 17% avaient déjà reçu des psychotropes.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41285103/
Pendant que certains découvraient les joies du télétravail en pantoufles, de l’apéro à domicile et des soirées Netflix sans fin, d’autres encaissaient la vraie facture du confinement.
Ce sont massivement les femmes qui ont tenu la maison, l’école à la maison, le télétravail, l’angoisse économique, parfois un conjoint plus souvent au frigo qu’au boulot.
Les analyses internationales soulignent l’explosion de la charge mentale, la hausse des violences intrafamiliales, la précarité renforcée pour les femmes isolées ou en première ligne dans les métiers du soin. On a demandé aux femmes d’amortir le choc d’une politique délirante, et aujourd’hui, on fait mine de découvrir qu’elles craquent.
https://www.mentalhealth.org.uk/explore-mental-health/publications/impacts-lockdown-mental-health-children-and-young-people
Une crise qui ne vient pas de nulle part… mais que l’on a aggravée
Soyons clairs : la crise de la santé mentale ne commence pas en 2020.
Depuis les années 1990, la charge mondiale des troubles psychiques augmente régulièrement, portée par la précarité, l’urbanisation sauvage, l’isolement, la fracture sociale et numérique. Mais ce que montre l’analyse récente, c’est un saut brutal depuis la fin des années 2010, avec un emballement après 2019 qui coïncide, comme par hasard, avec l’ère des confinements et des restrictions extrêmes.
Le plus cynique dans l’histoire, c’est qu’il ne manquait qu’un « bon prétexte » pour faire sauter les derniers fusibles. Ce prétexte, ce fut la Covid :
→ Confinements,
→ couvre‑feux,
→ interdictions absurdes,
→ surveillance généralisée,
→ culpabilisation permanente
Nous avons transformé une crise sanitaire réelle, mais très loin de l’apocalypse annoncée, en gigantesque accélérateur de tout ce qui abîmait déjà les esprits.
Pendant trois ans, certains – dont votre serviteur – n’ont cessé de dire que l’on paierait cette politique en troubles anxieux, en dépression, en suicides, surtout chez les enfants et les femmes.
Nous y sommes.
Qui va répondre à cette génération sacrifiée ?
Aujourd’hui, on parle de « séquelles de la pandémie », formule anesthésiante qui permet de ne jamais prononcer les mots « erreur », « excès » ou « abus de pouvoir ».
Pourtant, les chiffres sont là, têtus : presque 1,2 milliard de personnes vivent avec un trouble mental, les jeunes et les femmes en première ligne, et la courbe continue de monter malgré la fin des restrictions.
En France, la crise de la santé mentale des jeunes ne cesse de s’aggraver, plusieurs années après la levée des mesures sanitaires.
https://sg.news.yahoo.com/anxiety-depression-drive-global-mental-050648260.html
Les responsables politiques, eux, se félicitent d’une « gestion exemplaire », décorent les mêmes experts qui réclamaient des confinements toujours plus longs, et promettent quelques « plans psychologiques » pour faire bonne figure.
Mais il faudra bien, un jour, répondre à cette génération d’enfants devenus adultes anxieux :
→ Qui a décidé de fermer ton école ?
→ Qui t’a interdit de voir tes amis ?
→ Qui a transformé ta jeunesse en expérience de laboratoire ?
On nous dira que c’était « pour notre bien », que « l’on ne savait pas », que « l’urgence l’imposait ».
Reste qu’aujourd’hui, ce n’est pas la pandémie qui remplit les cabinets de psychiatres et les services de pédopsychiatrie, ce sont les décisions prises en son nom.
Et tant que nous continuerons à dire « la pandémie a fait ceci » plutôt que « nous avons décidé cela », la santé mentale de nos enfants, de nos jeunes et de nos femmes restera la variable d’ajustement d’un pouvoir qui ne s’excuse jamais, ne doute jamais, mais demande toujours aux autres d’en payer le prix.
N.D.LR
Aujourd'hui, beaucoup de spécialistes s'accordent sur les effets catastrophiques des trois années de cette crise sanitaire sur la santé de la totalité de la population mondiale et particulièrement celles des jeunes et des femmes.
Mais je rappelle quand même qu'à l'époque, tous ceux qui ont osé alerter sur ces dangers n’ont jamais été écoutés et, de surcroit, ont été systématiquement voués aux gémonies. Pour certains médecins notamment, ils ont été condamnés et interdits d'exercer.
Ce fut la première fois dans notre histoire de la médecine que les médecins ont perdu leur droit de prescrire et même le droit de seulement remettre en question certaines consignes sanitaires ou thérapies pour le moins hasardeuses.
Source :
https://www.pourquoidocteur.fr/index.php?op=ArticleFront&action=showArticle&id=54869
NB
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