Coloscopie : l'examen qu'on vous vend comme une promenade de santé

Deux fois on me l'a proposée. Deux fois, elle fut impossible. Et finalement, c'est une IA et, 23 ans de rubrique sexualité, qui m'ont sauvé le côlon. Cet article m'a été inspiré par un article de "Pourquoi Docteur" dont vous la référence à la fin de cet article.



Le Dr Moryoussef le dit avec le sourire dans Pourquoi Docteur : la coloscopie, il ne faut plus en avoir peur. C'est simple, c'est rapide, vous rentrez chez vous le soir, vous reprenez le travail le lendemain. Bref, c'est presque aussi anodin qu'une visite chez le coiffeur.

Permettez-moi de nuancer.

 
  Ce qu'on oublie de vous dire

Commençons par les chiffres qu'on ne met pas en avant dans les jolies brochures de dépistage.

La coloscopie comporte deux risques principaux : la perforation intestinale et l'hémorragie. Rares, certes. Mais réels. Le taux de perforation oscille autour de 0,05% pour un examen simple — et grimpe jusqu'à 0,8% lors d'une résection de muqueuse. La paroi du côlon étant structurellement plus fine que celle de l'estomac, le risque y est plus élevé qu'ailleurs dans le tube digestif. Une perforation peut finir au bloc opératoire en urgence. Ce n'est pas rien quand on a 70 ans et un cœur qui a ses habitudes.zrhendoscopy

L'anesthésie générale, elle, est présentée comme un simple "confort". C'est oublier qu'elle comporte des risques cardio-respiratoires réels — précisément chez les personnes âgées, obèses ou cardiaques, c'est-à-dire exactement le profil type du patient à risque de cancer colorectal.

Et la préparation ? Cette purge qu'on banalise en deux mots peut provoquer déshydratation et troubles électrolytiques sérieux, notamment chez les personnes âgées ou sous traitement médicamenteux.

 
  L'étude qui a douché les enthousiasmes

En 2022, une grande étude randomisée européenne — la NordICC, publiée dans le très sérieux New England Journal of Medicine — a porté un coup de froid sur les certitudes. Portant sur plus de 84 000 personnes, elle a conclu que la coloscopie de dépistage ne réduisait l'incidence du cancer colorectal que de 18% à 10 ans. Et surtout : elle ne réduisait pas significativement la mortalité.frequencemedicale

Pas le chiffre qu'on attendait après des décennies de promotion acharnée de cet examen.

Les défenseurs ont rétorqué que 58% des personnes invitées ne l'avaient finalement pas réalisée — ce qui biaise les résultats. Admettons. Mais ce chiffre dit quelque chose d'important : la coloscopie est un acte que les gens redoutent et évitent. Ils n'ont peut-être pas tout à fait tort.

 
  Mon histoire : deux tentatives, deux échecs

Je parle en connaissance de cause.

Depuis plusieurs mois, je souffrais d'une constipation distale réfractaire — une constipation persistante, rebelle aux traitements classiques, localisée dans la partie basse du côlon. On m'a proposé une coloscopie. Échec : ni laxatifs ni lavements n'ont produit le moindre effet. On me la repropose. Nouvel échec. Le côlon restait obstinément fermé, comme une porte blindée.

Là où la médecine conventionnelle avait capitulé, j'ai cherché ailleurs. Sur internet d'abord — puis avec l'aide de Perplexity, l'IA qui, décidément, me rend de fiers services.

Et j'ai trouvé.

 
  Le paradoxe des abdominaux trop puissants

Voici quelque chose que personne ne m'avait expliqué — et qui est, une fois de plus, totalement contre-intuitif.

La constipation distale réfractaire peut avoir une cause mécanique très précise : pousser trop fort. Quand on force excessivement à la selle, et que l'on a par ailleurs des abdominaux puissants — ce qui est mon cas —, on peut littéralement bloquer l'anus. Le sphincter anal, au lieu de s'ouvrir sous la pression, se contracte en sens inverse et se ferme. C'est ce que la médecine appelle une dyssynergie ano-rectale ou anisme : les muscles du plancher pelvien, au lieu de se relâcher au moment de l'exonération, se contractent à contretemps.

Résultat : plus on pousse, plus ça se ferme. Le cercle vicieux parfait.

C'est exactement là qu'intervient le biofeedback périnéal : il ne s'agit pas seulement de "muscler" le périnée, mais de lui réapprendre la coordination. Apprendre à l'anus à s'ouvrir quand on pousse — ce qui devrait être un réflexe naturel, mais qui peut se dérégler, notamment chez les personnes dont la musculature abdominale est trop dominante et "écrase" le signal d'ouverture.

En clair : des abdominaux trop efficaces peuvent, paradoxalement, vous constiper. Qui l'eût cru ?

 
  Pousser ET aspirer : la technique qui change tout

La méthode est très simple, mais franchement contre-intuitive. Elle combine deux mouvements opposés :

→  Pousser vers le bas, comme pour aller à la selle

→  Aspirer simultanément vers le haut, en contractant le périnée — exactement comme dans les exercices de Kegel.

Ce va-et-vient crée une dynamique musculaire qui rééduque le plancher pelvien et restaure la coordination entre les muscles abdominaux et le sphincter anal. En médecine, ça s'appelle le biofeedback périnéal. Ce n'est pas de la médecine douce, ni une lubie de naturopathe. C'est une technique validée scientifiquement, reconnue efficace dans 70 à 80% des cas de constipation réfractaire, et recommandée par les sociétés savantes de gastroentérologie.pubmed.ncbi.nlm.nih+1

La différence fondamentale avec les laxatifs ? Ceux-ci traitent le symptôme. Le biofeedback traite la cause : un dysfonctionnement de coordination musculaire qu'aucune purge ne peut corriger. Autrement dit, on m'avait prescrit des laxatifs pour un problème qui n'était pas de nature chimique, mais mécanique.santelog

 
  Ma méthode : gratuite, simple, et ça marche

Le biofeedback en cabinet, c'est bien. Mais il faut d'abord obtenir une ordonnance, trouver un kinésithérapeute spécialisé en rééducation périnéale, attendre un rendez-vous, et payer. 
 

Ce n'est pas à la portée de tout le monde.
 

Ce que j'ai découvert ne coûte strictement rien. Et ça se pratique seul, chaque matin, sur le trône.
 

Les exercices de Kegel, vous connaissez ?

Si ce n'est pas le cas, une simple recherche sur internet vous les expliquera en détail. Mais l'idée de base est d'une simplicité désarmante : c'est exactement le mouvement que vous faites quand vous êtes en train d'uriner et que vous décidez — ou êtes obligé — de vous arrêter net. Voilà. C'est tout. C'est ça, un exercice de Kegel.

 

Une précision utile, cependant : ces exercices n'ont pas été conçus pour l'anus. Leur vocation première est d'améliorer la libido et de rééduquer le périnée dans ce sens. Les descriptions classiques précisent d'ailleurs qu'il faut orienter le mouvement vers le périnée, pas vers l'anus.
 

Pour la constipation réfractaire, il faut donc réorienter consciemment le mouvement vers l'anus. 
 

Ce qui, bonne nouvelle, est extrêmement facile à faire en pratique : quand vous êtes en position, vous sentez immédiatement et sans ambiguïté si votre anus s'ouvre ou se referme. 
 

Le biofeedback, c'est vous qui le faites, en direct, sans capteur ni écran.
 

Le protocole est le suivant — et il doit rester fluide, jamais brutal :

→ Pousser — doucement, jamais en force?

→ Aspirer — progressivement, le plus longtemps possible ; c'est une question d'entraînement, ça vient naturellement?

→ Pousser à nouveau,

→ Aspirer à nouveau,


Et ainsi de suite, de façon décontractée et rythmée
 

La poussée doit rester légère — c'est elle qui, si elle est excessive, a créé le problème au départ. L'aspiration, en revanche, peut être aussi puissante que vous le souhaitez : plus elle est franche, mieux c'est.
 

L'objectif est de réapprendre à l'anus le mécanisme naturel de l'exonération — ce réflexe d'ouverture qui s'était, quelque part, perdu en route.

 
  Résultat : plus de problème depuis dix jours

Pratiquée chaque matin, cette méthode a totalement résolu mon problème en quelques jours. Deux coloscopies évitées. Zéro médicament. Zéro effet secondaire. Juste une rééducation musculaire quotidienne, à domicile, entièrement gratuite.

Ce n'est pas un miracle. C'est de la mécanique corporelle élémentaire.

 
  Ce que ça dit de notre médecine

Que des patients soient obligés de chercher sur internet — ou de demander à une IA — ce que leur médecin n'a pas jugé utile de mentionner, voilà qui mérite qu'on s'arrête une seconde.

Le biofeedback périnéal n'est pas une médecine alternative. Il est validé, recommandé, efficace. Mais manifestement pas enseigné dans les cabinets de ville, où l'on va plus vite à sortir le bon de prescription qu'à expliquer comment fonctionne un plancher pelvien.pubmed.ncbi.nlm.nih

Alors la prochaine fois qu'on vous propose une coloscopie pour constipation chronique rebelle aux traitements, posez cette simple question à votre médecin :

"Avez-vous envisagé le biofeedback ?"*

Sa réponse vous en dira long.

N.D.L.R

Avant de consulter, vous pourriez essayer ma méthode.

Essayez. Ça ne coûte rien, ça prend trois minutes le matin, et si ça marche, vous m'écrirez.

Ce sera la première fois en vingt-trois ans de blog qu'un lecteur me remerciera de l'avoir, au sens le plus noble et le plus littéral du terme, aidé à chier.

Un accomplissement qui ne manquera pas de remplir de joie le grand amateur d'humour (noir) que je suis. 💩
 

 
 

Sources : Pourquoi Docteur / Dr Moryoussef ; ZRH Endoscopy ; Fréquence Médicale / NordICC Study, NEJM 2022 ; SanteLog / biofeedback à domicile ; PubMed 2025.
 

https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/54409-Cancer-colorectal-Il-faut-peur-coloscopie
 

 
 


 


Samedi 28 Mars 2026
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