Affaire Gisèle Pélicot : « La honte devait changer de camp »

Dans cette vidéo de l'excellente émission, La Grande Librairie, Gisèle Pelicot revient sur ces mois d’audience, sur la décision d’exposer l’intime pour faire éclater la vérité, sur les vidéos insoutenables, les regards des accusés, la violence de la défense et le courage qu’il a fallu pour tenir debout.



Image Gemini 3.0
Une émission de La Grande Librairie de France Télévisions   

L'introduction de la vidéo
 

Ils étaient 51. Âgés de 22 à 70 ans. De tous milieux sociaux. Tous condamnés.
 

Au-delà du fait divers, ce procès est devenu un moment historique : une onde de choc contre une société encore marquée par le doute systématique jeté sur la parole des victimes.
 
 


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Je vous recommande chaudement la lecture de cette vidéo. Après tout ce qu'elle a vécu, l'attitude de cette femme est extraordinaire. 
 

Non seulement elle est parvenue à  affronter la découverte des horribles choses qu'on lui a fait subir, mais elle a eu le courage de refuser le huis clos et donc de faire en sorte que tout ce qu'elle a enduré ne soit ignoré de personne. En France et à l'étranger. 
 

Au grand dam des avocats de la défense, c'est-à-dire des ignobles hontes de l'humanité qui se sont livrées à ces actes innommables, mais filmés.
 

Avocats qui ont tout tout au long de l'audience pour tenter de faire craquer la seule victime de ces horreurs.
 

Défendre de telles abjections, déjà, je me demande comment c'est possible. Mais s'acharner comme ils l'ont fait sur Gisèle Pélicot, essayer de faire croire qu'elle était consciente, et même qu'elle aurait pu prendre du plaisir à ces ignominies, ce n'est plus de la justice, ce sont des méthodes de mafieux. 
 

Heureusement, tous les accusés ont été condamnés, et tous sauf un n'ont pas fait appel. Non qu'ils aient été torturés par les remords, mais plutôt pour ne pas écoper d'une condamnation supérieure.
 

Heureusement, le seul condamné qui a osé faire appel a vu sa peine augmentée de neuf ans à dix ans de prison.
 

Le livre que Gisèle Pélicot a écrit en collaboration avec l'écrivaine Judith Perrignon s'appelle : " Et la joie de vivre". Et, dans cette émission, on a pu voir que ce titre n'était pas une opération de marketing, mais la réalité : cette femme incroyable a effectivement retrouvé une certaine joie de vivre et même un nouvel amour. 
 

J'ai regardé sur YouTube les commentaires à cette vidéo, et j'ai été abasourdi : dix commentaires seulement, dont deux pour et les huit autres d'une indigence rare. Alors que cette émission et cette vidéo sur YouTube ont dû être regardées des centaines de milliers de fois, si ce n'est plus.
 

Preuve, s'il en était besoin, qu'il y a encore beaucoup de choses à faire dans ce pays pour le sortir du Moyen Âge culturel dans lequel, apparemment, il se complaît. 
 

Quant à ceux qui osent prétendre, avec les avocats de la défense, que la réaction plus que courageuse de Gisèle Pélicot est la preuve de son absence de soumission réelle, ou que cette émission de la Grande Librairie et toutes les autres qui vont suivre, aussi bien en France qu’à l’étranger, ne sont que de viles tentatives de faire de l’argent avec les “malheurs” de ses agresseurs, je livre à leur stupidité les conséquences immédiates et ci-après énumérées de ce procès devenu historique grâce à l'opiniâtreté de cette femme exemplaire.  
 

Le procès des viols de Mazan a servi de catalyseur à une prise de conscience nationale en France, entraînant plusieurs mesures législatives et sanitaires concrètes pour lutter contre la soumission chimique. Voici l'état actuel des avancées et des dispositifs mis en place ou en cours de déploiement.
Le remboursement des tests de détection

L'une des mesures les plus significatives est issue de la Loi de Financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2025, adoptée en février 2025. L'article 68 de cette loi a instauré une expérimentation de trois ans permettant le remboursement par l'assurance maladie des tests et analyses de détection de substances psychoactives. 
 

La grande nouveauté réside dans le fait que ce remboursement est désormais possible sans l'obligation préalable de déposer plainte, levant ainsi un frein majeur pour les victimes en état de choc ou de doute. 
 

Un décret publié le 11 décembre 2025 a précisé les modalités de cette prise en charge, qui s'appuie sur un réseau de laboratoires spécialisés répartis sur le territoire.
Le rapport Josso-Guillotin et les 50 recommandations

Le 12 mai 2025, la députée Sandrine Josso et la sénatrice Véronique Guillotin ont remis un rapport gouvernemental majeur intitulé "Soumission chimique : mettre fin à l'errance collective". 
 

Ce document propose 50 mesures pour structurer la réponse publique. Parmi les préconisations clés, on trouve :
 

⌦ l'inscription de la "vulnérabilité chimique" dans le Code pénal, 

 la généralisation des prélèvements conservatoires dans les services d'urgence et 

⌦ la création d'un référentiel de prise en charge par la Haute Autorité de Santé (HAS). 
 

Ce rapport souligne que la soumission chimique est un crime "invisible" qui nécessite une réponse coordonnée entre la police, la justice et le corps médical.
Campagnes nationales et sensibilisation

Depuis 2025, une campagne nationale de sensibilisation d'envergure a été lancée par le gouvernement. Elle vise non seulement le grand public, mais aussi spécifiquement le milieu étudiant et les professionnels de la nuit. 
 

L'objectif est de faire connaître les symptômes de la soumission chimique :
 

⌦ amnésie, 

⌦ troubles de la coordination, 

⌦ fatigue inexpliquée
 

et les réflexes à adopter. Par ailleurs, des formations obligatoires sur la détection de la soumission et de la vulnérabilité chimiques sont en cours d'intégration dans les cursus des forces de l'ordre et des professionnels de santé.
Le débat sur la définition du viol et du consentement   

Le procès Pelicot a également relancé un débat législatif profond sur l'intégration de la notion de consentement dans la définition pénale du viol.
 

Le procès des viols de Mazan ne restera pas seulement dans les mémoires comme un séisme judiciaire, mais comme le point de départ d'une mutation profonde de la société française. 
 

En octobre 2025, la condamnation alourdie en appel du dernier accusé a clos définitivement le chapitre pénal, confirmant que l'ignorance feinte ne saurait plus servir de bouclier devant la justice. 
 

Mais l'héritage de Gisèle Pelicot dépasse largement les murs des tribunaux d'Avignon ou de Nîmes. 
 

Depuis l’adoption de la loi Pélicot en janvier 2026, qui a inscrit pour la première fois dans le Code pénal la notion de consentement, et la généralisation de la prise en charge sans condition préalable des tests de dépistage de drogues, la France a enfin harmonisé son droit avec la réalité vécue par les victimes. 
 

Le procès des viols de Mazan ne restera pas seulement dans les mémoires comme un séisme judiciaire, mais comme le point de départ d'une mutation profonde de la société française. 
 

En octobre 2025, la condamnation alourdie en appel du dernier accusé a clos définitivement le chapitre pénal, confirmant que l'ignorance feinte ne saurait plus servir de bouclier devant la justice. 
 

Mais l'héritage de Gisèle Pelicot dépasse largement les murs des tribunaux d'Avignon ou de Nîmes.

Entre la généralisation du
remboursement des tests de détection de soumission chimique sans plainte préalable et l'inscription historique de la notion de consentement dans le Code pénal en janvier 2026, la France a enfin aligné son droit sur la réalité vécue par les victimes. 

Loi Pélicot et évolution historique du droit pénal en France 

La définition pénale du viol en France a effectivement connu une évolution historique très récente, marquant un tournant majeur dans le Code pénal. Cette réforme, adoptée en janvier 2026, répond directement aux lacunes juridiques mises en lumière par le procès de Mazan.
Le passage d'une définition par les moyens à une définition par le consentement

Pendant des décennies, l'article 222-23 du Code pénal définissait le viol uniquement par les moyens employés pour l'imposer : 
 

⌦ la violence, 

⌦ la contrainte, 

⌦ la menace ou la 

⌦ surprise 
 

(le fameux quatuor "VCMS"). Si l'un de ces quatre éléments n'était pas formellement prouvé, la qualification de viol pouvait être rejetée, même en l'absence de consentement explicite.
 

La nouvelle loi, promulguée le 22 janvier 2026, place désormais l'absence de consentement au cœur de l'incrimination
 

Le texte stipule désormais que le viol est constitué par tout acte de pénétration sexuelle commis sur autrui sans son consentement. Les notions de violence, contrainte, menace ou surprise ne disparaissent pas, mais elles sont désormais citées comme des circonstances qui caractérisent de fait l'absence de consentement.
La définition du consentement libre et éclairé

La législation va plus loin en apportant une précision juridique sur ce qu'est un consentement valide. Le texte précise que le consentement doit être manifesté de manière libre et éclairée. Cela signifie plusieurs choses concrètes pour les futurs procès :
 

⌦ Le silence ou l'absence de résistance physique ne peuvent plus être interprétés comme un consentement.
 

⌦ Le consentement est considéré comme inexistant lorsque la victime est hors d'état d'exprimer sa volonté, notamment en raison de l'emprise, de l'usage de drogues ou de la soumission chimique.
 

⌦ Le consentement doit être permanent tout au long de l'acte ; il peut être retiré à tout moment.
L'impact sur la charge de la preuve

Cette évolution législative déplace le curseur de l'enquête. Jusqu'alors, les avocats de la défense s'appuyaient souvent sur l'absence de traces de violences physiques pour plaider l'acquittement. 
 

Avec la nouvelle loi, le débat porte désormais sur la réalité de l'accord de la victime. La justice doit s'assurer que l'auteur de l'acte a pris les dispositions nécessaires pour recueillir un consentement clair, ce qui renforce considérablement la protection des victimes dans les cas de "sidération psychique" ou de manipulation.
 

Cette réforme est souvent qualifiée par les juristes de "Loi Pelicot", tant le témoignage de Gisèle Pelicot a pesé dans la volonté politique d'aligner le droit français sur les standards internationaux, comme ceux de la Convention d'Istanbul.
 

Ce combat, porté par une dignité hors du commun, offre désormais un cadre protecteur où l'absence d'accord explicite devient le pivot de la réponse pénale, transformant un drame individuel en une avancée collective majeure pour la sécurité et la dignité de chacun.
 

N.D.L.R

Mesdames et messieurs les avocats des 51 condamnés, messieurs les violeurs passés ou en puissance, le verdict de Gisèle Pélicot de ne pas imposer le huis clos à son procès a abouti à tous ces résultats dans notre pays. Excusez du peu !


Si vous n'avez pas toujours compris, voilà à quoi ont servi et serviront encore, ses nombreuses interventions dans les médias, tant en France qu’à l’étranger, et son livre.
 
  Références :

Loi du 22 janvier 2026 intégrant le consentement au Code pénal - Légifrance

Décret sur la prise en charge des tests de soumission chimique - Service-Public.fr

Peine alourdie en appel pour Husamettin Dogan - Le Club des Juristes

Rapport Josso-Guillotin : 50 mesures contre la soumission chimique - Vie-publique.fr

Analyse de la "Loi Pelicot" sur le consentement - Le Monde
 


Lundi 16 Février 2026
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