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« Le meilleur moyen de vivre ses rêves, c'est de se réveiller. » [Paul Valéry]




Un bel exemple de désinformation : L'accident nucléaire du site du Tricastin

Nous sommes, parait-il, gavés d'informations. Certes, mais la plupart des infos qui nous assaillent à longueur de journée sont, au mieux, « orientées » au pire, fausses. Un excellent exemple nous en est fourni avec la récente fuite nucléaire du Tricastin.



Je me contente ci-dessous de reproduire plusieurs informations glanées sur le Net, grâce à Google News. Ainsi que les commentaires les plus pertinents que j'ai pu trouver.

L'avantage de Google News c'est que si vous tapez Tricastin vous obtenez plus de 600 réponses. De quoi, avec un peu de patience, se faire une opinion sur un sujet donné. En l'occurrence c'est édifiant.

Rappel du contexte par la préfecture de la Drôme

Un rejet accidentel d'effluents uranifères s'est produit dans la nuit du 7 au 8 juillet 2008 à l'intérieur de l'usine SOCATRI située dans le site du TRICASTIN.

Le plan d'urgence interne (P.U.I.) de l'exploitant a été déclenché le 8 juillet à 6h30. La quantité d'uranium rejetée dans l'environnement pendant l'opération de nettoyage de la cuve a été évaluée par l'exploitant à 18,7 m3 (contenant 12 g d'uranium par litre, 9,5 g/l de fluorures, 0,4 mg/l de chrome, 0,1 mg/l de chrome 6+), soit 224 kg d'uranium naturel.

La part d'uranium restée sur le site étant estimée à 150 kg, ce sont finalement 74 kg qui se sont écoulés jusqu'aux rivières de la Gaffière et du Lauzon.

C'est fou comme une petite fuite peut déclencher un tsunami d'emmerdements. Surtout dans le nucléaire. Avec 18,7 m3 d'effluents uranifères (dernière estimation) déversés dans la nuit de lundi à mardi, on peut dire que la société a réussi à se faire un nom sur le site nucléaire du Tricastin.
Cette filiale d'Areva est chargée de l'assainissement et de la maintenance des composants, du matériel et des effluents d'Eurodif -l'usine d'enrichissement de l'uranium naturel. Elle travaille aussi pour l'Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra) et EDF. Là voilà assaillie de journalistes, d'inspecteurs du nucléaire et d'ONG virulentes qui voient dans l'incident l'occasion rêvée de tâcler le nucléaire, industrie qu'elles jugent dangereuse, peu sûre et, surtout, opaque.

Que s'est-il passé exactement? La conférence de presse de l'ASN doit l'annoncer demain. Mais ce que l'on sait, c'est que la société Socatri est régulièrement surveillée par l'ASN. Sur son site, l'Autorité met à disposition toutes les lettres de suite d'inspection de Socatri. On y apprend, au détour de phrases inaccessibles au béotien, que la société n'en est pas à son premier manquement. Elle est régulièrement rappelée à l'ordre pour des dépassements de rejets en carbone 14, par exemple. Durant la première semaine de décembre 2007, on apprend que Socatri a rejeté un tiers de la limite annuelle de carbone 14. Apparemment, les petits producteurs de déchets (laboratoires et services de médecine nucléaire) qui font appel à elle ne seraient pas très rigoureux dans leurs déclarations concernant le degré de radioactivité des colis qu'ils livrent.

A part quelques remontrances, rien. Pas de rappel à l'ordre, pas de poursuites, pas d'amendes, ..., mais une foule de conseils, demandes d'actions et de lettres indigestes.

Commentaires

Sensation : les ingénieurs d'AREVA viennent de transmuter un nouvel élément !!!

Baptisé puranium235 , cet élément reste fissible à chaud , par exemple au cœur d'un réacteur nucléaire. Mais dès qu'il s'échappe dans la nature à température ordinaire il devient un matériau amorphe. Les ingénieurs d'AREVA cherchent maintenant à rendre cette transformation réversible.
Mais d'ores et déjà cette découverte ouvre des perspectives immenses quant au retraitement .L'ambassadeur de Chine s'est dit particulièrement intéressé. Le Ministre chinois des Affaires Etrangères a immédiatement annoncé la relance des négociations commerciales avec le président Sarkozy et souhaité bonne chance aux athlètes français aux JO.

Il n’empêche. Sur la base de ces nouvelles données, la quantité d’uranium rejetée reste très importante, 27 fois supérieure à la limite annuelle autorisée. Car, pour faire simple, l’exploitant est autorisé à rejeter chaque année 72 millions de becquerels d’uranium- une unité de mesure de radioactivité. Et bien lors de l’incident, 2 milliards de becquerels ont été rejetés! Mais ce n’est pas tout. Il y a aussi un problème de concentration radioactive. Lors de l’accident nucléaire, l’uranium a été rejeté en partie sur le sol et dans la rivière la Gaffière. Ce qui est strictement interdit car il n’y a aucune garantie de dilution. Résultat, la limite réglementaire a été pulvérisée avec une concentration de plus de 300 000 Becquerels par litre au lieu de 50 Bq/l.

J'invite les personnes intéressées par le sujet à se renseigner de manière indépendante en parcourant l'excellent site de la CRIIRAD sur le scandale des déchets enfouis dans le sol à Tricastin. Car si aujourd'hui les médias se ruent sur cette fuite quelques dizaines de kilos, que dire des 760 tonnes de déchets radioactifs dont certains issus de l'enrichissement militaire avec des période de demi vie de 4,5 milliards d'année (l'âge de la terre et ce qui est estimé comme l'âge restant d'existence à la planète). Ces déchets sont enterrés sous une mince couche de terre en dépit de toutes les réglementations en vigueur. Je ne suis pas un anti-nucléaire fanatique mais ce genre de traitement invite à s'interroger sur la privatisation des entreprises spécialisées. Quand on sait que le poste de la sécurité est le premier poste de dépense dans ce genre d'industries je me demande bien ou les administrateurs économiseront pour satisfaire la gloutonnerie des actionnaires ...

Je ne suis pas physicien nucléaire, je n’ai même pas la prétention d’être un apprenti, je n’ai que des notions basiques en la matière. Une des questions que je me pose, c’est comment une fuite liquide peut faire augmenter le taux de radioactivité de l’air ? Les mesures que j’ai prises n’étaient pas au ras du sol, pour éviter que le Radon gaz qui s’échappe du sol, ne vienne les fausser. Je ne pense pas que l’évaporation du liquide de vidange d’une cuve et son dégazage accidentel, soit en mesure de faire augmenter le taux de radioactivité de l’air à plus de 100 km Je spécule à tord ou à raison, que la version des faits qui nous est donnée et l’arbre qui cache la forêt…

Seul un accident majeur de type fuite sur un circuit primaire fermé, peut générer une telle pollution et obliger une vidange en catastrophe d’une citerne de stockage contenant 12 grammes d’uranium au litre. La SOCATRI sert de fusible pour AREVA. La déclaration laconique de cette dernière faisant état d’uranium « naturel » est grotesque ! Mon inquiétude persiste à cause de la nature des isotopes relâchés dans la nature, car même si leur quantité est limitée, il n’en demeure pas moins, que certains sont redoutablement toxiques. Il est urgent, puisque l’Europe existe…qu’une autorité Européenne, soit habilité sans autorisation préalable de la part des Gouvernements provinciaux, à effectuer des contrôles inopinés et à plus fortes raisons en cas d’accident.

Que les sociétés d’exploitations de ces sites soient condamnées à des milliards d’euros d’amendes, afin de créer un fond commun en cas d’accident majeur de type Tchernobyl. Assez de bricolages sur ces installations, nous voulons des responsables et des coupables, passibles d’années d’emprisonnement en cas d’accident. Selon le nombre de victimes comme à Tchernobyl, ils devraient être passibles de l’inculpation de crime contre l’humanité.

Source :Blog Libération

Réponses de Greenpeace aux interrogations sur la fuite radioactive à Tricastin

Après la fuite radioactive à Tricastin et le rejet d'uranium, Greenpeace tente de répondre aux interrogations. Greenpeace pointe de nombreuses défaillances dans la gestion de la fuite radioactive à Tricastin et dans la gouvernance du nucléaire en France.

Greenpeace tente de faire la lumière sur la gravité du rejet d'uranium, qui s’est produit sur l'installation de la société Socatri, gérée par Areva et implantée sur le site de Pierrelatte (Drôme), où sont aussi situées la centrale nucléaire de Tricastin et l’usine d’enrichissement d’uranium Eurodif.
Contrairement à ce qui a été dit, la fuite s’est produite le 7 juillet, à 23 h. La société Socatri a alerté l’Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) le 8 juillet, à 7h30. Ne prenant conscience de la gravité de l’accident que vers midi, l’exploitant a alors rappelé l’ASN et la préfecture a pris ses mesures à 13 h.
« Entre 23 h et 13 h, aucune restriction n’a donc été mise en place pour protéger les populations, affirme Yannick Rousselet, en charge de la campagne Énergie à Greenpeace France. Lenteur, manque de transparence, faible réactivité : ces délais sont inacceptables. »

La quantité d’uranium qui a fui correspond à 30 m3 d'effluents à 12 g d'uranium par litre. Ce matin, un volume de 6,25 m3 est évoqué, sans doute car la totalité de la fuite n’a pas atteint l’environnement. « L’industrie joue sur les mots, en disant qu’une partie de la fuite n’aurait pas atteint l’environnement ».
Quel que soit le volume qui a contaminé l’environnement, la concentration reste de 12 g d'uranium par litre. « Les taux de radioactivité s’élèvent à 6 000 fois la limite réglementaire », constate Yannick Rousselet.
 
Sur l’échelle Ines des incidents et accidents nucléaires allant de 0 à 7, l’exploitant a déclaré l’accident de niveau 1, comme une simple « anomalie ». « Les responsables du site tentent de minimiser les choses. Si on suit cette échelle Ines, dès qu’il y a rejet dans l’environnement, un accident doit au moins être classé de niveau 3», commente Yannick Rousselet.

«Et si l’on considère les contre-mesures prises hier par la préfecture (interdiction de la pêche, de la consommation d’eau potable, de l’irrigation, des activités nautiques), l’incident grave survenu à Tricastin devrait même être classé de niveau 5, c’est-à-dire "un accident qui provoque un rejet limité susceptible d’exiger l’application partielle des contre-mesures prévues". »

L’usine de retraitement de La Hague (Manche) est autorisée à rejeter en moyenne, chaque jour, plus de 11 000 fois ce qui a fui à Tricastin, et la dizaine de centres de stockage français fuient en permanence. Ainsi, la nappe phréatique située sous le centre de stockage de la Manche est affectée par une pollution permanente.

Les mesures effectuées par Greenpeace en 2006 montrent une concentration de 18 000 becquerels/litre, soit 180 fois la norme sanitaire européenne. « Hier, à Tricastin, le préfet du Vaucluse a très bien réagi pour protéger la population. La préfecture de la Manche devrait en prendre de la graine ! », estime Yannick Rousselet. Source : Greenpeace.

[Source ]url: http://www.actualites-news-environnement.com/17029-fuite-radioactive-tricastin-greenpeace.html

Une info qui n'apparait pas ici mais que j'ai trouvée je ne sais plus où et qui m'a frappé : les contrôles sur la pollution occasionnée par cette fuite sont effectués ... par la société incriminée ! ! ! Bonjour la fiabilité ! Il parait que les renseignements arrivent au compte gouttes. Ah bon ?

Au final on apprend plein de choses intéressantes sur le Net, et pas grand chose à la radio et à la télé ! Choisissez votre camp, camarades !


Samedi 12 Juillet 2008

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