WEB SIDE STORIES

« La force du collectif c’est qu’on n’est pas déprimé en même temps » [Geneviève Fontaine]




Retraite dorée en Thaïlande II

La version 2 du reportage de TF1 sur l'île de Koh Samui (Thaïlande) Où j'ai habité pendant 5 ans, et dont je viens de déménager pour l’île voisine de Koh Panghan. Je vous laisse regarder le reportage de Tf1 et après je vous explique pourquoi, pour moi, Samui c'est fini !




Retraite dorée en Thaïlande II
Ce reportage se regarde avec plaisir, même pour ceux qui connaissent bien Samui. Je comprends qu'il donnera envie aux Français de France, surtout vu le contexte actuel en Europe en général, et en France en particulier.

Le reproche essentiel que j'adresserais à ce reportage c'est que ce n'est pas du journalisme, c'est de la promo. Je constate simplement qu'à l'opposé d'un vrai travail de journaliste ce reportage n'expose que la face agréable de Koh Samui et zappe complètement les côtés
désagréables . Que je suis bien placé pour connaitre puisque je viens de quitter Samui, pour m'installer ...dans l'île en face Koh Phangan.

La face dorée de Koh Samui
Pour un français qui débarque de l'hexagone, c'est évidemment le jour et la nuit. Températures entre 28 et 34 ° toute l'année, plages de sable blanc, il est sûr qu'arrivant de Paris ça fait plaisir.

La coût de la vie en Thaïlande est effectivement deux à trois fois inférieur à celui de la France. Par les temps qui courent, ajouté au soleil toute l'année ou presque, il y a de quoi craquer.

Effectivement, avec 2500 euros de retraite et plus de crédits, on peut se payer une maison comme celle de Guy à 800 euros par mois. Ce qui n'est même pas le prix d'une semaine de location d'une maison, moins belle que celle-ci, en France.

Il est vrai que l'on peut également acheter une belle maison pour moins de 200 000 euros. Ce qui, vu le prix de l'immobilier en France, et à Paris en particulier est plus qu'alléchant.

Effectivement, comme Yann et les autres français non retraités, il existe quantité de niches économiques et touristiques à exploiter à Samui. Les écoles internationales sont chères mais performantes et en langue anglaise, ce qui ne pose aucun problème à des enfants élevés dans ce contexte. Bien au contraire.

La face sombre de Koh Samui
L’île était belle mais elle est de plus en plus défigurée par le béton des constructions. De plus, maintenant que je compare avec Panghan, Samui est moins belle que Panghan. Pour la simple raison qu'il y a beaucoup moins de monde et beaucoup moins de constructions en cours et à venir. La route de Bantaï à Haad Rin est somptueuse. Comme celle qui permet de revenir, en suivant la côte, de Chaloklum à Thong Sala. Chaque virage révèle un panorama splendide sur la mer et les iles (Samui) et les îlots (Angkong) qui l'entourent.

À Samui, l'ile est belle et encore préservée... dans les hauts, où avec mes amis du club de marche nous avons marché souvent. En bas c'est généralement plutôt moche, sauf en arrivant sur Nathon en venant de Maenam, et à la sortie de Chaweng jusqu'à Lamaï. À Phangan, Thong Sala ressemble à Nathon, mais tout le reste est (encore) très beau.

Pour finir, parlons du trafic routier, intense à Samui et inexistant, à part pendant trois jours pour la Full Moon, à Phanghan. C'est une des raisons de mon départ de Samui et de mon attachement à Phanghan. Je ne suis pas venu du bout du monde pour affronter chaque jour une circulation qui n'est pas sans rappeler la Côte d'Azur pendant les beaux jours. En voiture, c'est épouvantable. À moto, mon seul moyen de locomotion ici, ça le devient. Sans parler du danger permanent de cette circulation et des 2 morts par jour (généralement motocyclistes)

Il faut savoir qu'à Samui les accidentés de la route constituent un marché loin d'être négligeables pour les cliniques de l'île. Elles ont même leurs informateurs rémunérés pour signaler les accidents et chaque accident donne lieu à une véritable course au finish entre les différentes cliniques de l'île.

Il vaut mieux ne pas perdre de vue qu'au-delà de 3 mois de séjour la sécurité sociale française ne peut plus rien pour vous. Si vous n'êtes pas inscrit à la Caisse des Français de l'Étranger (l'équivalent de la Sécu en France) et si vous n'avez pas une bonne mutuelle, vous avez intérêt à avoir de solides économies. Cela aussi, on ne vous en parle pas dans le reportage, mais pour être assuré correctement en Thaïlande il faut compter entre 300 et 500 euros par mois, et par personne ! Par ailleurs, la plupart des mutuelles françaises ne vous connaissent plus quand vous êtes expatrié. Même si vous avez cotisé pendant 30 ans ! La Mutuelle Générale de l'Éducation Nationale, dont je fais partie depuis 35 ans est une exception. Mais, entre la cotisation mensuelle à la CFE, la cotisation à la Sécurité sociale de France (obligatoire, et en sus de la cotisation CFE) et la cotisation MGEN, cela me coûte pas loin de 300 euros par mois. C'est à dire plus cher que la location de ma maison ! La MGEN est, de plus, loin d'être la plus chère. Les assurances privées sont plus onéreuses.

À Samui ce qui est très désagréable, et que l'on perçoit très bien quand on habite un certain temps dans l'île, après que le "tout beau tout nouveau" se soit dissipé, c'est que l'on n'est juste qu'un coffre fort, pour les autorités locales, les commerçants locaux et, mais c'est déjà plus compréhensible, les filles des ladys-bars. À Phangan, bien sûr c'est un peu la même chose mais je dirais que dans cette île ils ont encore, comme dans la Thaïlande profonde du continent, la manière, le respect du touriste, et ce qu'on pourrait appeler la reconnaissance du ventre. Ce qui arrive à Samui n'est pas propre à cette île. C'est le cas de tous les endroits très touristiques du monde. C'est la même chose qu'à Phucket, ou Pattaya. Ou à Paris, pour un provincial qui débarque.

À Phangan c'est très spécial, car s'il est vrai que cette île est très touristique, grâce à la Full Moon, connue dans le monde entier, ce n'est que 3 jours par mois. Le jour de la Full Moon, la veille et le lendemain Haad Rin (j'habite à 2 km) devient effectivement très fréquentée. En revanche les 27 autres jours, c'est le calme plat. À Samui, on dirait : le désert. Toutefois, comme, nonobstant l'absence quasi totale de touristes, tout est ouvert jusqu'à pas d'heure le soir, les commerçants se mettent en quatre pour accueillir dignement les rares touristes et les encore plus rares résidents étrangers. Et font tout pour qu'ils reviennent le lendemain.

En effet, il y a peu de résidents étrangers à Phanghan, en tous cas comparé à Samui, où ils sont de plus en plus nombreux. Ce qui fait que j'ai, par exemple, beaucoup plus de relations avec les Thaïs qu'à Samui. Ne connaissant encore aucun français à Phangan je ne parle pratiquement jamais le français, et de plus en plus souvent le thaï, que je vais peut-être finir par apprendre ici. Au demeurant, j'ai l'impression que les rares résidents étrangers qui ont choisi de vivre à Phanghan ne ressemblent en rien à ceux de Samui et ne tiennent pas plus que cela à fréquenter d'autres Français. Ce que, connaissant depuis fort longtemps la mentalité de l'expatrié français, je comprends parfaitement.

À Samui les Français résidents de longue date sont généralement très accueillants avec les nouveau arrivants. Malheureusement, c'est parfois (souvent ?) intéressé et les plus belles arnaques ont souvent été perpétrées par d'"aimables" compatriotes. Ce qui, là encore, n'est pas une spécificité de Samui. J'ai connu cela aux Antilles, à St Barth et surtout à St Martin, moins à la Réunion ensuite.

Tout cela pour dire que Phanghan, contrairement à Samui n'est pas une île pour les fêtards de plus de 60 ans. Et encore moins pour les queutards, car, il y a peu de ladys-bars à Phanghan. Beaucoup moins en tous cas qu'à Samui. En revanche, Samui n'est jamais qu'à une heure de ferry, et à 200 à 300 bahts de Phanghan. Si on veut voir du monde, c'est facile et relativement pas cher, vu que la continuité territoriale n'est pas un vain mot en Thaïlande.

Le coût de la vie en Thaïlande est certes beaucoup moins élevé qu'en France mais Samui est tout de même parmi les endroits les plus chers de Thaïlande, et il faut tout de même disposer d'au moins 1600 euros de revenus mensuels pour obtenir un visa retraité. Or, il y a beaucoup de gens en France, actuellement, qui aimeraient beaucoup gagner 1600 euros par mois. Avec le SMIC, qui est largement inférieur, on peut déjà être considéré comme un privilégié par rapport au nombre grandissant d'emplois précaires rémunérés avec un élastique. Quant aux retraités, ceux qui disposent de cette somme ne sont certes pas les plus nombreux. Bien sûr, on peut vivre à la thaï avec 100 bahts (2.5 euros) par jour et habiter un appartement thaï à 3000 bahts (80 euros) par mois. On peut même coucher gratuitement au temple. On peut également, en l'absence de visa retraité annuel) sortir de Thaïlande tous les trois mois pour y rentrer aussitôt. Mais évidemment cela n'a rien à voir avec tout ce que vous avez vu dans le reportage.

En ce qui concerne l'expatriation pour les non-retraités, il ne faut pas perdre de vue que les salaires à 2 ou 3000 euros par mois ne courent pas les rues. Le SMIC local est à 9000 bhats par mois, soit 200 euros et un directeur de banque ne gagne pas, sauf exception, 1000 euros par mois. Si vous êtes salarié, vous pourrez compter sur les employeurs locaux pour vous rappeler à l'occasion ces données locales spécifiques.

Restent les niches locales, comme montrées dans le reportage, mais il faut quand même la jouer très fine et, surtout en cas de succès, se méfier de toutes les convoitises que l'on va susciter, jusque dans l'administration locale. Qui vous ignore cordialement au départ, mais ne manquera pas de se rappeler à votre bon souvenir si vous commencez à gagner beaucoup d'argent. C'est toujours le même problème : faire du bizness dans un son propre pays n'est déjà pas facile, mais à l'étranger c'est carrément la galère. Si vous n'avez pas déjà un certaine expérience du bizness en milieu hostile, il vaut mieux chercher d'autres débouchés.

Quant aux investisseurs potentiels dans l'immobilier ne pas perdre de vue que vous ne serez jamais propriétaires. Je sais qu'il existe des combines plus ou moins légales pour passer à travers mais comme toutes les combines, elles ne valent que ce que valent vos relations. Par ailleurs, encore une fois, vous n'êtes pas dans votre pays et qui sait ce que sera la Thaïlande dans seulement 5 ans ? Investir de grosses sommes dans un pays dont nul ne peut prédire l'avenir politique à court terme me parait quelque peu risqué. Mais c'est vous qui voyez.
Bien sûr, il y a la solution de se marier avec une thaï et de lui confier la direction "officielle" de vos opérations diverses et variées. Sachez que dans ce cas de figure le nombre de farangs (étrangers) qui se sont retrouvés une main devant, une main dernière, sans aucun recours possible à part l'avion, est impressionnant.

Autre particularité de Samui qui n'est jamais évoquée dans le reportage. On n'y voit que des couples heureux. C'est beau et c'est tant mieux pour eux mais, compte tenu du nombre de ladys-bars à Samui et de l'attrait puissant qu'exerce encore le sexagénaire friqué sur les jeunes autochtones, il vaut mieux que votre couple soit solide pour vous installer à Samui. Les conjointes qui vont s'installer à Samui ont tout internet à avoir une vie intérieure intense, car les distractions, pour les femmes en tous cas, sont plutôt rares dans le coin. Bien sûr, il y a la mer et la plage, mais on peut vite s'en lasser. Quant à la vie culturelle locale, pour un farang, à part TV5 Monde et Internet vous n'aurez pas grand-chose à vous mettre sous la dent. Il reste le sport, la salle de gym pour monsieur et les marches dans la montagne pour les dames. Mais là encore, ce n'est pas à la portée de tout le monde, car les sportifs et sportives au-delà de 60 balais capables de supporter sans problèmes des températures locales dépassant les 30° ne sont pas les plus légion.

Last but not least, si le tourisme augmente considérablement chaque année à Samui les conditions environnementales ne s’améliorent pas pour autant et je reste poli. C'est la deuxième grande raison de mon départ vers Phangan, où ce genre de problème n'existe pas encore. Les problèmes d'épurement des eaux usées, de pollution et de ramassage et d'élimination des ordures ménagères deviennent, compte tenu de l'afflux des touristes et des nouveaux résidents, de plus en plus importants dans cette île. A Chaweng, l'endroit le plus touristique, le soir dans la rue principale, ça pue. Sur les bords de plage, dans beaucoup d'endroits, ce n'est pas très beau. On trouve de tout sur ces plages et la présence fréquente de poissons morts ne laisse présager rien de bon. Je suis sûr que si l'on faisait des prélèvements sur les plages les plus fréquentées de l'île il y aurait peu de rubans bleus à attribuer. J'ai passé quatre ans à courir presque tous les jours sur les plages de l'île et je puis vous dire que ce que j'ai pu voir n'est pas pour rien dans ma décision de changer d'île.

Enfin, la sécurité publique dans cette île en cas de sinistre laisse, pour le moins, à désirer. J'étais là lors des dernières inondations d'il y a 2 ans et j'ai pu constater les dégâts : pas de radio en anglais pour avertir les farangs de ce qui les attend et des mesures à prendre en cas de sinistre, si vous n'avez pas une copine thaï vous n'aurez aucune information. Quand vous ne pouvez plus sortir de chez vous pendant 3 jours, qu'il n'y a plus d"électricité ni de téléphone, et que tous les magasins sont fermés et mettront longtemps ensuite avant de fonctionner correctement, vous la trouvez saumâtre, c'est le cas de le dire. Je sais bien qu'à Phanghan ce sera vraisemblablement pareil mais cela peut se comprendre, sorti de la Full Moon il n'y a personne, ou presque, et je connais les risques que je prends de ce point de vue et du point de vue de la couverture médicale qui est beaucoup moins importante qu'à Samui.

Il y a à Samui un grand panneau 4x4, sur la route de Maenam qui affiche fièrement, à propos d'immobilier : "What you see is what you get". (Ce que vous voyez est ce que vous aurez) C'est absolument faux, évidemment. Pour savoir ce que allez acheter, ou louer à Samui, il faut venir au moment de la saison des pluies, pas à la belle saison. À ce moment-là, vous vous rendrez compte que votre belle maison accrochée à la colline présente quelques malfaçons ou inconvénients. Le beau chemin sablonneux en été sera devenu un torrent furieux qu'il vous faudra emprunter pour rentrer chez vous. La magnifique véranda avec vue sur la mer aura des fuites, voire s'écroulera carrément. On a vu des trous énormes apparaître devant ce genre de maisons rendant impossibles l'accès, ou pire la sortie, pendant plusieurs jours.

A Samui, en 2013, quand il pleut, plus rien ne marche et le blackout électrique est une perpétuelle menace. Nous en avons encore eu de sévères, très récemment. Autrement dit, il fait beau la plupart du temps, mais quand il fait mauvais ça peut être dramatique et surtout, en dépit du fait que ce la dure depuis des millénaires, rien n'est prévu pour améliorer la situation. Cela fait quatre ans que j'étais à Samui, pendant 4 ans, à la saison des pluies, ce sont les mêmes endroits qui sont systématiquement inondés.

Tout ceci était aimablement folklorique il y a 20 ans. 20 ans plus tard, avec autant de touristes par an (Samui est la deuxième destination touristique de Thaïlande après Phuket) ce n'est plus admissible.

Mon intention n'est certainement pas de dissuader les gens de s'installer à Samui et je ne tiens pas particulièrement à ce que Phanghan soit, elle aussi, envahie. Ayant reçu, grâce à ce site, plusieurs demandes de renseignements de la part de personnes désirant s'installer à Samui, à la suite de ce reportage, j'ai simplement souhaité rétablir un peu la balance, et vous informer des problèmes que vous pourriez rencontrer à Samui.

À l'attention de tous ceux qui veulent s'expatrier vers Samui je dis simplement : prévoyez de visiter au moins une semaine chacune des deux îles et ensuite vous pourrez opter, en connaissance de cause, pour celle qui correspondra le mieux à vos attentes.

Personnellement, j'ai fait mon choix et je sens de mieux en mieux à Phangan. Certes, mon cas est particulier. Je suis célibataire et toujours aussi décidé à le rester, je vis seul depuis plus de 15 ans et j'adore ça, j'aime la nature et pas le béton, je pratique tous les jours le sport et la gestion de mon site Internet, ce qui ne me pose aucun problème à Phangan et au contraire occupe bien mes journées.

En fait, Phangan me rappelle de plus en plus Saint Barthélémy où j'eus la chance de travailler 4 ans, il y a 35 ans. Je précise qu'à cette époque St Barth n'était pas ce qu'elle est devenue aujourd'hui, à savoir un repaire de milliardaires. Phangan, 27 jours par mois c'est, pour moi, St Barth il y a 35 ans !

On dit que le bonheur c'est de réaliser ses rêves de jeunesse. Je dirais qu'en ce qui me concerne le bonheur c'est de vivre dans un endroit qui me rappelle tous les jours un peu plus le petit paradis de ma jeunesse. Surtout à notre époque où les endroits, encore préservés tout en étant vivables comme Phangan, deviennent plutôt rares.

Un petit diaporama récent sur Phangan pour conclure, qui vous permettra de comprendre pourquoi j'ai choisi Phangan

Photos prises avec mon (vieux) smartphone Galaxy Nexus



Jeudi 6 Juin 2013

Lu 3995 fois


1.Posté par jean michel le 14/06/2013 01:03
plutot sympa l endroit

Nouveau commentaire :
Twitter

Informatique | Humour | Santé | Coup de coeur | Coup de gueule | Divers | Télécoms | Ordiphones | Partenaires | Musique | Sexualité | Belles annonces | Bons plans | Voyages | Edito | Politique