WEB SIDE STORIES

« Macron gouvernait par ordonnances. Il communique maintenant sur mesure. » [G.D]




Qui a peur de Facebook ?

Pas grand monde à ce qu'il semble. Trop peu de gens se méfient de Facebook. Ils ont tort ! Lisez par exemple ce qui est arrivé à Valérie, c'est édifiant.



Qui a peur de Facebook ?

Pourrie sur le Net par un "ex"

Un article de Rue89.com

Si nous n’avions pas changé son prénom, et conservé son nom, Valérie aurait été avertie de la publication de cet article, via une alerte e-mail de Google. Pas par excès de narcissisme, plutôt par angoisse. Depuis que son nom a « été pourri » sur le Net par un ex-compagnon « un peu bordeline », elle a « une psychose » des informations la concernant sur le Web.


Après des mois passés dans la « détresse psychologique », elle a sorti la tête de l’eau. Sous l’unique condition de rester anonyme parmi les anonymes, elle raconte son histoire à Rue89.

« Me couler à mon boulot »

La jeune femme dynamique a la trentaine et travaille avec de « jeunes adultes » près de Châteauroux. Elle refuse de décrire davantage sa vie d’avant. Une existence « normale », partagée entre ses enfants et les aléas de la vie en couple :

« Un jour, on a décidé de se séparer, ça arrive à tout le monde. C’est ici que l’embrouille a démarré. »

Son ex-compagnon lui vole son chéquier et achète une télévision en imitant sa signature avant de revendre les achats « pour se faire de l’argent liquide ». Valérie annonce à l’homme qu’elle va porter plainte contre lui.

« Il est fou furieux que je décide de porter plainte pour vol. Il me menace et projette de “me couler à mon boulot”. Il disait qu’il allait balancer des insultes à mon sujet sur le Web. Il me foutait tellement la pression que j’allais souvent vérifier. Et un jour, je me suis trouvée. »

Une vidéo retirée par YouTube

En tapant son (vrai) prénom et son nom dans Google, une « quinzaine de liens » apparaissent « dès la première page de référencement ». Tous renvoient à une vidéo intitulée « Une bonne pipe par [Valérie] » postée sur YouTube via un compte créé avec son patronyme. Dans la vidéo, où l’« on voit une femme pratiquer une fellation » et qui contient « l’adresse du lieu de travail et du village » de Valérie, ce n’est pas elle mais la fille lui ressemble. Son ex-compagnon en profite pour vomir son couple dans un texte de cinq lignes assorti à la vidéo.

Signalée par les internautes, la vidéo est retirée quelques jours plus tard par le système de protection de YouTube mais le coup est rude.

Lors de la suppression d’une vidéo, les liens de partage conservent une image capturée qui sert d’illustration. On y voit toujours clairement la pratique de la fellation et le texte avec les informations de Valérie.

« Quand il a mis en ligne la vidéo, il a coché la case pour autoriser la vidéo et le texte à être recopiés. J’ai trouvé le texte partout, sur des sites français, allemands, arabes et même sur des sites de carrelage... J’ai d’abord eu peur. Peur pour moi, mon travail mais aussi pour mon gamin. Je ne voulais pas qu’il ait des échos dans son école. Ma seconde réaction a alors été de trouver la source de ces liens. »

« Je pleurais seule devant l’ordinateur »

Devant l’ampleur de la diffusion du texte, Valérie est abattue. Elle en parle à quelques membres de sa famille proche et une poignée d’amis. Elle écrit à Google et YouTube, remplit « des formulaires complexes » que même ses « copains qui connaissaient l’informatique » avaient du mal à compléter.

Elle appelle également des structures spécialisées dans le nettoyage d’e-réputation. Plusieurs lui proposent de payer 200 euros d’emblée mais d’autres suggèrent de « patienter quelques semaines que les liens redescendent ». Mais Valérie n’a pas envie d’attendre :

« Quand ça vous arrive, vous n’êtes pas patient du tout. Vous voulez que cela disparaisse immédiatement. J’explosais, j’avais l’impression que l’on me regardait différemment. Parfois les liens descendaient puis remontaient dans le référencement huit jours plus tard. A moment-là, je n’en pouvais plus. Je vérifiais matin, midi et soir si les liens partaient. Je pleurais seule devant l’ordinateur. »

Elle entre dans une période de détresse proche de la dépression. « Heureusement », elle est dans une période d’inactivité professionnelle et « l’affaire » n’a pas d’impact direct sur son travail.

« Il y a eu un moment où l’on tapait le nom de mon lieu de travail et on voyait mon nom et le texte de la vidéo apparaître. »

Les liens commencent à redescendre...

Elle a recours à un site qui s’occupe du nettoyage d’e-réputation, MaViePrivee.fr (les inscriptions sont temporairement closes), qui agit pour les particuliers et leur propose de payer ce qu’ils veulent.

« Ils ont contacté les sites pour effacer les informations et créé des tas de pages me concernant sur les réseaux sociaux pour étouffer les liens. Et effectivement les liens ont commencé à descendre. »

Elle alerte aussi la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil),compétente pour traiter ce genre de dossiers gratuitement . Problème, à l’époque, elle ne peut contacter que les sites hébergés sur le territoire français ou jouer les intermédiaires avec ses homologues étrangers qui « prennent les dossiers en main au bout d’un mois ».

Après six mois de bataille, il ne restait que deux sites comportant ces informations. Valérie entrevoit le bout du tunnel avec un certain soulagement tout en sachant que les démarches prendront encore un certain temps pour l’un des deux sites :

« L’un français et l’autre en Turquie, où il n’y a pas d’équivalent à la Cnil... Cela a donc été compliqué de l’effacer. »

« Disparaître de Google, Facebook... »

Elle n’a pas porté plainte pour diffamation sur Internet contre son ex-compagnon. La procédure est « trop longue » pour réagir à ce genre de problèmes, les démarches au tribunal de grande instance pouvant prendre plusieurs mois.

Une lenteur juridique, qui n’est pas propre à ce genre d’affaire, inadaptée à la vitesse de circulation des informations sur le Net. Valérie continue d’utiliser Internet « quotidiennement » mais a radicalement changé ses habitudes de consommation. Le traumatisme, sans doute.

« Je ne veux plus rien de moi sur Internet. J’ai une psychose d’informations à mon égard sur le Net, que se soit vrai ou pas. Je veux disparaître de Google, Facebook, MySpace... Avec une simple vidéo téléchargée et un texte débile, j’ai mis des mois et des mois à m’en tirer. Ne faites confiance à personne. »

Rodolphe Baron  
rue89.com

Mercredi 10 Octobre 2012

Lu 795 fois


1.Posté par Rédaction web le 11/10/2012 19:52
Bonjour,
Quelle histoire quand même! Il faut faire gaffe avec internet c'est sur. Mais quand ça ne nous arrive pas c'est facile de donner des conseils. J'aimerai pas être à sa place c'est normal si elle a un traumatisme, c'est fou cette histoire!

Nouveau commentaire :
Twitter

Informatique | Humour | Santé | Coup de coeur | Coup de gueule | Divers | Télécoms | Ordiphones | Partenaires | Musique | Sexualité | Belles annonces | Bons plans | Voyages | Edito | Politique