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« La force du collectif c’est qu’on n’est pas déprimé en même temps » [Geneviève Fontaine]




Populaire ? Populaire ? Ai-je une gueule à être populaire ?

Tout le monde sait que les sondages d’opinion sont plutôt sujets à caution. Toutefois depuis quelques années ils ont atteint des sommets dans la manipulation des chiffres.



Populaire ? Populaire  ? Ai-je une gueule à être populaire ?
Je prends le journal du 6 mars et je lis : Villepin perd 7 points ! Je poursuis la lecture et je lis : Villepin recueille 37 % d’opinions positives, contre 44 en février et 14% de sans opinion.

En ce qui concerne les opinions négatives elles ont augmenté de 10 points ! 53% au lieu de 43% et le nombre de sans opinion a logiquement baissé de 14 à 10 %

De ces chiffres il convient de tirer les leçons suivantes :

Attention aux titres des journaux ! Ils sont là pour accrocher votre attention, pas pour respecter la vérité. En fait, la vraie information de ce dernier sondage c’est que la côte de popularité de Villepin est devenue minoritaire par rapport à sa côte d’impopularité. Information pour le moins capitale, surtout pour un potentiel candidat à la magistrature suprême, qu’aucun journal à ma connaissance n’a voulu développer.

Par ailleurs, que signifie un chiffre relatif à une côte de popularité quand la personne concernée est plus impopulaire que populaire ? Le meilleur exemple en est notre inénarrable président. Sa côte de « popularité » n’a perdu que 2 points à 33% contre 35%, comparés (méchamment) aux7 points perdus par son dauphin non désigné. Or, la côte d’impopularité de notre ineffable président s’établit désormais à … 57% ! soit plus 2 points par rapport au mois dernier, avec 10 % de sans opinion, comme en février.

Quand quelqu'un est plus impopulaire que populaire, parler de côte de popularité me paraît tout à fait indécent.

On devrait dire : la côte d'impopularité de M. Chirac, ou Villepin, a augmenté, ou diminué, de X points ! Bien entendu les sus nommés n'apprécieront guère, mais un sondage d'opinion est il fait pour ne pas déplaire à certains ? ou pour photographier l'état de l'opinion à un moment donné.

Naguère, lorsque la langue de bois n’existait pas encore, pour annoncer les résultats d’un sondage d’opinion on donnait le nombre de voix pour, le nombre de voix contre, et le nombre de sans opinion. Et, logiquement, on annonçait les résultats supérieurs en premier.

Mais ceci était un autre temps, bien avant que les spécialistes en communication ne sévissent et que les politiques, coachés par eux, ne mettent les médias aux ordres.

Aujourd'hui on nous dit : Villepin a perdu 7 points ! alors qu'en réalité il en a perdu 10 ! On nous dit : la côte de popularité du président Chirac a augmenté de X points, alors qu'il ya presque deux fois plus de sondés mécontents de sa prestation, que de sondés satisfaits. Et on ne parle plus des sans opinion parce que cela pourrait inciter les français à se remettre à l'arithmétique. Ils pourraient alors constater que si la "côte" de Chirac est de 33 % et le pourcentage des sans opinion de 10 %, cela signifie que son impopularité est, mathématiquement, de 100-33-10= 57 % !

Ce qui me gène le plus dans tout cela ce n'est pas que les politiques aient tendance brouiller les cartes, je dirais que c’est dans la nature des choses. Si les politiques disaient la vérité, il n’y aurait plus de politiques !

Mais quand les médias jouent le même jeu, avec les mêmes dés pipés, je dis qu’il y a quelque chose de pourri dans la république de France.

Le pire est qu’il s’agit là non pas d’une censure mais d’une auto censure. Le journaliste, de quelque journal qu’il soit, ne veut pas se faire remarquer par le gouvernement, par son patron, ou son rédac’chef, Alors il fait comme tout le monde, il prend les chiffres qu’on lui donne, avec le maquillage qu’on leur donne, et retransmet le message en évitant absolument de mettre le doigt sur ce qui fâche. Dans ces conditions je me demande à quoi sert un journaliste… les dépêches de l’AFP pourraient suffire.

De fait :

• Quand les journalistes sont des salariés des journaux qui les emploie,

• Quand un journal est une entreprise privée qui dépend du patron ou du groupe qui la dirige,

• Quand l’avenir d’une d’entreprise de presse dépend, pour une large part, du montant de ses recettes publicitaires,

• Quand le « copinage » et je suis poli, entre le monde politique et la presse est à ce point développé,

• Quand les « liens » et je suis poli, entre les entreprises et le pouvoir sont à ce point étroits,

Force est de constater que l’éloge flatteur prend largement le pas sur la liberté de blâmer.

N.D.LR Le journal de France où l’on peut apprendre le plus de choses, généralement cachées, mais toujours vraies sinon il aurait disparu depuis longtemps, s’appelle … le Canard enchaîné. Or, ce n’est pas un hasard, c’est le seul journal de France qui ne comporte aucune publicité, et qui se porte financièrement très bien, merci pour eux.



Lundi 6 Mars 2006

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