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« Il faut prendre l'argent où il se trouve; chez les pauvres. Certes, ils n'en ont pas beaucoup, mais ils sont si nombreux » [A. Allais]



Macron assume tout et réclame du temps

Un article du Monde, suite à l'interview fleuve de Macron au Point : 20 pages. Les lecteurs du Point ont du courage !



Gouverner la France, c'est pas du cinéma !
Gouverner la France, c'est pas du cinéma !
Mon opinion :

De deux choses l'une : ou Macron est stupide, ou il le fait exprès.

Evidemment, il le fait exprès. Mais c'est parce qu'il est persuadé que nous sommes stupides!

En effet, ce que beaucoup de français lui reprochent, ce n'est pas d'aller assez vite dans sa tentative de faire en France ce qui se fait depuis longtemps aux Etats-Unis, c'est, au contraire, de vouloir aller là où nous ne voulons pas aller, et en plus, au pas de charge ! Par ordonnances, par exemple. Parce que, selon lui, le travail parlementaire, c'est trop long (!) Certes, par ordonnances, mâtinées de 49-3, c'est plus rapide, mais ce n'est pas ça, la démocratie, M. Macron !

Le problème de Macron c'est que son succès, inattendu pour le moins, lui a monté à la tête.

Après son triomphe au deuxième tour, facile devant Le Pen, même Chirac avait fait encore mieux devant le père, il a pris tout de suite une posture Jupitérienne en oubliant qu'il n'a été élu que par 24% des français ! Ce qui est très peu et ne lui permettra sûrement pas de chambouler le “modèle français”. Ce modèle que les économistes à plat-ventre vouent aux gémonies mais que beaucoup d'étrangers nous envient. Dont les américains et les allemands, qui eux connaissent bien les méfaits de la société dont rêve M. Macron, tous ceux qui l'ont soutenu, et ceux qui le soutiennent encore.

En fait, Macron est très mal entouré. Il n'entend que les avis des grands financiers, des grands patrons, du Medef, des figures du P.A.F (Attali,Cohn-Bendit, Orsenna) etc. Pour eux, effectivement, la libéralisation à outrance de la société française, pour laquelle ils ont fait élire Macron, n'ira jamais assez vite.

En revanche, pour le peuple français, pour les 76% qui n'ont pas voté Macron, et même désormais pour une partie des 24% qui ont voté pour lui, rien ne va plus.

De tous temps et maintenant plus que jamais, les français ne veulent pas de la société libérale “avancée” dont rêve Macron. En 1968 une bonne partie des français s'est révoltée car on ne voulait pas (déjà) de cette société de consommation qui commençait tout juste à s'installer.

Presque 50 ans plus tard, les français ont pu mesurer, à leur dépens, les méfaits de cette société de consommation :

le chomaĝe
la pauvreté qui grandit tous les jours
les riches qui s'enrichissent sans cesse
Les français qui ne peuvent plus se soigner comme il le faudrait
la démocratie qui fout le camp
la frustration créée par les sirènes de la publicité et l'impossibilité pour la plupart des français de se payer ce devant quoi on les fait baver à longueur de journée,
la ghettoÏsation des grands ensembles
L'impossibilité désormais de devenir propriétaire de son logement
la duplicité, pour rester poli, des politiques
le pillage et la mort programmée de notre planète qu’entraîne fatalement la recherche effrénée de la croissance, sans laquelle cette société peu enviable dans laquelle nous vivons aujourd'hui ne peut exister.
etc. J’en passe et des plus pourries.

Tout ce qui était prévu en 68 s'est réalisé, mais en bien pire encore que ce que l'on prévoyait à l'époque. Moins vite qu'ailleurs, certes, grâce au "modèle français" mais largement assez pour que les français n'aient aucune envie d'en avoir plus.

A l'occasion des dernières élections présidentielles les français ont tout fait pour "dégager" une grande partie de la classe politique, qu'ils estiment, à raison, responsable des problèmes que nous connaissons aujourd'hui. Et ils y sont arrivés !

Macron a littéralement fasciné, voire hypnotisé, une frange de l'électorat avec ses discours grandiloquents et obscurs sur les changements qu'il se proposait de mettre en oeuvre dans notre pays. En se gardant bien de donner des détails sur ces changements. Beaucoup se sont laissés prendre à ses discours. Ils voulaient du changement, certes, mais pas celui là. Le réveil a été brutal.

L'américanisation de la société français, ne constitue pas un changement. Elle existe depuis les années 60. A l'époque, elle fascinait, mais 50 ans plus tard les français ont pu se rendre compte de ce que cachait cette société " de rêve" . De plus, Internet est arrivé dans les années 90, qui a enfoncé le clou. Tous les français savent désormais que l'Amérique est un pays de pauvres (plus pauvresq ue nous (!) exploités outrageusement par une minorité de très riches. Et tellement déboussolés qu’ils en arrivent à porter un Trump au pouvoir.

L'accélération de cette américanisation, voulue par les plus riches, n'a vraiment rien pour plaire à la majorité des français. Mais cela Macron ne le voit pas et, c’est plus grave, ne veut pas le voir. De toute façon, ceux qui l’ont littéralement porté au pouvoir ne lui pardonneraient certainement pas d’écouter la voix du peuple.

D’autant que, comme souvent dans l’histoire de ce pays, les français ont désormais parfaitement compris (mais un peu tard) à qui ils ont affaire avec ce nouveau président. La cote de popularité de Macron est en chute libre. Il est le président nouvellement élu le plus impopulaire de l'histoire de la 5eme république. Même Hollande, faisait mieux que lui, au même stade de son mandat ! Un comble.

Depuis l’élection de Macron les français préparaient ou étaient en vacances, ce qui, modèle français oblige, n’a rien à voir avec les vacances honteuses et brèves des cadres surmenés
Américains ou Allemands. Les vacances sont finies et les syndicats, une fois que sera connu (enfin) le détail des ordonnances, ne manqueront pas de sonner la charge. Ou alors ca signifiera qu’il n’y a effectivement plus de syndicats et ceci n’est pas du tout une bonne nouvelle pour les entreprises, car cela veut dire qu’elles seront en prise directe avec les salariés et compte tenu du contexte actuel, et surtout de celui à venir, la rentrée risque d’être très chaude.

Macron l’a dit lui même : les français sont ingouvernables. Par lui, et ceux qui sont derrière lui, certainement !

De toute façon la question reste entière : faut il vraiment casser le modèle français ? Je ne le pense pas. Il faut sans doute changer certains aspects de ce modèle, mais cela ne pourra certainement pas être fait par un représentant comme Macron, de la droite la plus dure que la France ait jamais connu.

On dit souvent, et à raison, que de nos jours c’est l’économie qui gouverne le monde et pas la politique. Avec Macron, l’économie a pour la première fois, directement pris le pouvoir dans notre pays. Ce que la plupart des français n’ont pas vu arriver. D’où leurs réactions effarées dans les sondages.

Maintenant qu’ils ont compris, et nous ne sommes qu’à un peu plus des 100 jours de mandat, l’avenir s’annonce très sombre pour Macron et son équipe. Qui, au demeurant, n’a certainement pas les épaules pour libéraliser * à outrance un pays comme la France.


Note : *Je dis bien libéraliser, et non réformer. Je déteste le mot de réforme, la réforme, c’est la libéralisation qui n’ose pas dire son nom. Depuis des décennies qu’elle avance masqué, les français savent très bien ce que veut dire libéraliser et ce qu’est la libéralisation.

Comme disait (déjà) Jaures en son temps: le libéralisme c’est un renard libre dans un poulailler libre. Bon courage, les poules !


Jeudi 31 Août 2017

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