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« Le meilleur moyen de vivre ses rêves, c'est de se réveiller. » [Paul Valéry]




Les mythes autour de l'hymen

Il existe une idée selon laquelle la femme «perd sa fleur» la première fois qu’elle se fait pénétrer. Mais on ne perd pas son hymen comme on perdrait sa clé. Un article d'Agnès Viard, du blog Les 400 culs.



Les mythes autour de l'hymen

Première fois : va-t-il me trouer ou me perdre ?
Il existe une idée selon laquelle la femme «perd sa fleur»  la première fois qu’elle se fait pénétrer. Mais on ne perd pas son hymen comme on perdrait sa clé. C’est un tissu vestigial, programmé pour s’autodétruire, qui cristallise beaucoup d’angoisses et surtout de préjugés. Petit tour des idées fausses, histoire de se remettre la tête en place.

Presque toutes les filles vivent dans la hantise de la «première fois» : on leur a dit que ça ferait mal et que ça saignerait. Elles grandissent dans l’expectative d’un événement forcément effrayant : le jour où le pénis, comme un couteau, les transpercera… Aussi, quelle surprise. Le jour arrive et… bien souvent, «pas grand-chose». Ni sang ni douleur (pour peu que le pénis ait été correctement lubrifié).

1/ L’hymen est-il est un voile ?
Le mot hymen, d’origine grecque, signifie «membrane» et désigne un dieu couronné de fleurs qui tient d’une main un flambeau et de l’autre le voile de la mariée. Détourné de son sens, ce mot est utilisé — par abus de langage — pour désigner quelque chose qui ne ressemble absolument pas à un voile mais bien plutôt à… une ouverture avec des petites excroissances qui dépassent (1). Elles constituent les débris d’un tissu vestigial qui s’autodétruit naturellement. Le processus d’autodestruction commence juste avant la naissance.

Gérard Zwang, pionnier de la gynécologie moderne : «L’hymen est le reliquat de la membrane urogénitale, à l’union du sinus urogénital (qui va donner le vestibule) et des canaux de Müller (qui vont donner le vagin). Cette membrane est complète jusque dans les derniers mois de la gestation. Avant la naissance elle se détruit partiellement en avant, derrière l’urètre, ne laissant persister que sa partie postérieure. Ainsi se crée une communication entre le vagin et l’extérieur. Par cet orifice s’écoulera le sang des règles lorsqu’elles apparaîtront à la puberté».

Autrement dit : l’hymen n’a rien à avoir avec une membrane étanche qu’il faudrait crever, percer, trouer ou «faire péter». L’hymen ne bouche pas le vagin. Inutile d’y aller au pic à glace.


2/ L’hymen «imperforé » relève-t-il du mythe ?
Pourtant, sur Google image, il est fréquent de tomber sur des images effrayantes d’hymens semblables à des portes hermétiquement closes… Ces portes de bunker sont nommées «hymen imperforé». Elles sont souvent montrées à côté d’un hymen perforé. Comme s’il s’agissait d’un Avant et d’un Après…

Gérard Zwang : «L’hymen qui bouche le vagin fait partie des phobies infondées — tout comme le vagin denté. L’imperforation est une malformation extrêmement rare. Je n’en ai jamais vu, ou entendu parler en 40 ans de pratique. Le signe révélateur classiquement décrit en est l’hématocolpos, c’est-à-dire l’accumulation dans le vagin du sang des premières règles. Il faut alors intervenir, dit-on, pour faire une défloration artificielle. Acte chirurgical héroïque que je n’ai jamais vu coter sur la nomenclature de mes actes professionnels… Inutile de dire qu’aucune femme n’aura gardé cette imperforation à l’âge adulte».

Pour résumer : l’hymen imperforé est aussi rare que le mouton à 6 pattes. Si vous en avez un, allez le faire enregistrer au Guiness book des records.

La suite ici :

Jeudi 16 Octobre 2014

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