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"Le FBI, la NSA et la CIA peuvent obtenir tout ce qu'ils veulent" Edward Snowden

Un article du Monde.fr qui, lui aussi, remet les pendules à l'heure quant aux mensonges éhontés proférés ces derniers temps par tous les dirigeants des plus grandes entreprises informatiques du monde. Extraits d'une interview de Snowden par The Guardian



En avoir ou pas ? Pour lui, c'est sûr, il en a ...
En avoir ou pas ? Pour lui, c'est sûr, il en a ...
Le Monde.fr | 17.06.2013 à 17h24 • Mis à jour le 17.06.2013 à 19h36

Edward Snowden, l'ancien collaborateur de la CIA qui a révélé l'existence du programme de surveillance Prism, et qui est depuis le 20 mai exilé à Hongkong et visé par une enquête du FBI, a répondu en direct aux questions des lecteurs du Guardian , lundi 17 juin. L'occasion pour lui de donner davantage d'explications sur ses motivations, de préciser les mécanismes des systèmes de surveillance numériques des services de renseignement américains, et de réfuter les démentis des entreprises concernées par le programme Prism.
Relire le questions-réponses sur le site du quotidien britannique

Sur son choix de s'exiler à Hongkong
"D'une manière prévisible, le gouvernement américain a procédé de la même manière qu'il a fait avec les autres 'whistleblowers' [lanceurs d'alertes], empêchant immédiatement toute possibilité de tenir un procès équitable aux Etats-Unis, me déclarant ouvertement coupable de trahison. [...] Ce n'est pas ça, la justice, et il aurait été stupide que je m'y soumette moi-même [dans ce contexte], alors que je peux faire davantage de bien à l'extérieur d'une prison.

Quitter les Etats-Unis était un risque incroyable, sachant que les employés de la NSA doivent déclarer leurs voyages à l'étranger trente jours à l'avance, et sont surveillés. Il y a une réelle possibilité pour que je sois interdit de voyager, donc je devais me rendre, sans avoir fait de réservation, dans un pays où le cadre légal et culturel me laisserait la possibilité de travailler sans être immédiatement emprisonné. Hongkong me laissait une telle possibilité."

Sur le fait de ne pas avoir révélé l'existence de Prism, programme créé en 2007, avant l'élection de Barack Obama
"Les promesses d'Obama m'avaient donné confiance dans le fait qu'il allait, une fois élu, fournir des solutions à tous les problèmes qu'il avait soulevés pendant sa campagne. Beaucoup d'Américains ressentaient la même chose. Malheureusement, peu après son accession au pouvoir, il a fermé la porte à la mise en place d'enquêtes systématiques en cas de violations des lois, il a approfondi et enrichi l'utilisation de programmes abusifs, et il a refusé de consacrer son capital politique à mettre fin à des situations comme celle de Guantanamo, où les droits humains sont bafoués et où des hommes restent détenus sans avoir eu de procès."

Sur les données informatiques accessibles par les services de renseignement américain
"Davantage de détails suivront sur la manière dont la NSA a un accès direct [aux serveurs d'AOL, Dropbox, Facebook, Google, YouTube, Microsoft, Skype, Paltank et Yahoo!]. Mais d'une manière générale, la réalité est la suivante : si la NSA, le FBI, la CIA, le DIA [Defence Intelligence Agency] et d'autres veulent interroger des bases de données brutes de renseignement électronique, ils peuvent 'entrer' et obtenir ce qu'ils veulent. Numéros de téléphones, mails, identifiants, numéro unique d'un téléphone portable [numéro IMEI]... Tout ça, c'est pareil. Les restrictions portées à cet accès sont de nature politiques, et non techniques ; elles peuvent changer à tout moment. En plus de ça, les protocoles d'accès sont superficiels, incomplets et facilement falsifiables avec de fausses justifications. Pour les seuls renseignements britanniques [GCHQ], 5 % seulement des requêtes émises le sont avec un protocole d'accès vérifié."

Sur les réponses de Google, Facebook, Microsoft, Apple, et les autres entreprises concernées par le programme Prism
"Leurs démentis ont été révisés plusieurs fois. Il est devenu de plus en plus en clair qu'ils suivaient une ligne commune, incluant des éléments de langages similaires et spécifiques. Grâce à toutes ces révélations et aux coups portés à ces entreprises, nous commençons enfin à avoir un peu plus de transparence et des détails plus précis sur la manière dont ces programmes fonctionnent [lire "Au tour d'Apple de jouer la transparence"].

Pour des raisons légales, ces entreprises sont obligées de se soumettre aux spécificités du programme [Prism] et de rester silencieuses, mais cela ne les empêchent pas d'avoir des engagements éthiques. Si par exemple Facebook, Google, Microsoft et Apple refusent de coopérer avec les services de renseignement américains, que pensez-vous que le gouvernement fera ? Les fermer ?"

Sur les données surveillées et conservées par la NSA
"En raison du Foreign Intelligence Surveillance Act [FISA], les communications des Américains sont collectées et vérifiées tous les jours, grâce à la validation d'un analyste de la NSA et non grâce à 'mandat'. La masse de données collectées est pour eux quelque chose de secondaire, mais à la fin de la journée, quelqu'un a bien encore accès à l'intégralité de vos communications. [...] Il est important de comprendre que les services de renseignement n'agissent pas toujours en vertu de ce qu'on pourrait considérer comme un 'vrai' mandat, comme ceux, par exemple, utilisés par la police. Les 'mandats' qu'ils utilisent ont davantage l'aspect d'un formulaire que quelqu'un remplit et envoie ensuite à un juge avec un tampon."

"The Guardian : quand vous dites que 'quelqu'un de la NSA a encore accès à l'intégralité de vos communications à la fin de la journée', que voulez-vous dire ? Gardent-ils une copie du contenu surveillé, ou le contenu en tant que tel ?

E. Snowden : les deux. Si par exemple je surveille une adresse e-mail et que cette adresse envoie un courriel à vous, Joe America, l'analyste de la NSA a accès à tout. Les adresses IP, les données brutes, le contenu, le titre du mail, la pièce jointe, tout. Et tout est ensuite enregistré pendant très lontemps – et la durée est extensible grâce à des dérogations, plutôt que grâce à des mandats."


N.D.L.R

Je rappelle que le lendemain des révélations de Snowden, Larry Page, un des patrons de Google a déclaré qu'il n'avait jamais entendu parler de Prism jusqu'à la veille ! Maintenant il clame partout qu'il va demander plus de clarté à la NSA ? Alors que Snowden a révélé qu'il existe des "backdoors" (portes dérobées, c'est le cas de le dire) ) partout, chez Google, et chez tous les autres, qui permettent à la NSA d'entrer sur leurs serveurs et de faire absolument ce qu'ils veulent avec les données ainsi récoltées.

Bien sûr, pour l'instant toutes ces données ne servent qu'à faire du fric mais supposons qu'un jour une dictature s'installe aux Etats Unis ou ailleurs. Sous un autre nom et pour notre sécurité, bien sûr. Je vous signale quand même que nous n'en sommes plus très loin.

Ce jour là, quand on enlèvera la vaseline, 1984 et Big Brother ne seront, en comparaison, q'une aimable bluette.

En attendant, il est démontré que toutes les règles et protocoles actuels relatifs à la confidentialité des données ne sont que foutaises et poudre aux yeux.

Jeudi 20 Juin 2013

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