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« La force du collectif c’est qu’on n’est pas déprimé en même temps » [Geneviève Fontaine]




La gauche “bordel”

NICOLAS DOMENACH - MARIANNE
Beaucoup de candidats aux municipales font désormais leurs comptes, après la capitulation du gouvernement face à l'hydre réactionnaire : « j’enlève l’électorat populaire, je retire les bobos et les laïcs ! Il me reste… ». Bilan à gauche: du grand n'importe quoi !



La gauche “bordel”


« Quel bordel» reconnaît, avec rage, le leader socialiste Jean-Christophe Cambadélis dans son dernier « post » que les parlementaires socialistes lisent et relisent avec des soupirs et des commentaires aussi désolés qu’exaspérés : « c’est du grand n’importe quoi ! « Shadok times », comme « Camba » l’écrit. Mais ça va mal finir ». 


Bien sûr, l’opposition de guerre civile a sa part dans ce désordre politique généralisé, mais la responsabilité majeure revient d’abord au Président de la République, responsable et coupable de tout ce charivari dantesque, ce qui achève d’abattre ceux qui marchent aux élections municipales comme s’ils partaient désormais à l’abattoir. 

« Les ratés cette fois viennent du cœur nucléaire du pouvoir et pas de sa périphérie ministérielle, parlementaire ou partisane ». Ce constat, amer, les élus le ressassent sans fin. Non seulement ils ont été piétinés –eux les godillots !- par le chef de l’état mais ils l’ont été de manière malhabile pour commencer. Pourquoi ne pas avoir anticipé davantage, et ne pas avoir dégagé cette loi sur la famille carrément plus tôt ou plus tard. Car ce retrait, cette débandade au lendemain d’une manifestation « de cathos réacs », c’est « ce qui pouvait arriver de pire ». 

François Hollande a-t-il à ce point oublié que son parti est fait de laïcs qui pensent incarner le progressisme face aux « forces obscures » de la réaction, ainsi que les a appelées Manuel Valls…avant que le chef de l’Etat se couche, et ne fasse tapis rouge sur lesquels dansent désormais leurs adversaires de toujours.  
 
Ce n’est pas un simple recul devant des jeunes en colère comme a pu en faire, à répétition, Jacques Chirac, Edouard Balladur, ou Nicolas Sarkozy même, non il s’agit pour les socialistes « d’une retraite en rase campagne », « d’une capitulation » devant l’adversaire mythologique de toujours : « l’hydre de la réaction », selon le titre de la Libération. Alors même que cette réaction leur semblait en perte de vitesse. Car la plupart de ces élus n’ont pas du tout la lecture élyséenne « craintive » de la mobilisation de la « manif pour tous ». 

Elle « s’essoufflait, assurent-ils ! Ces paroissiens étaient beaucoup moins nombreux qu’avant… » mais au delà d’une comptabilité différente, il y a ce choc, ce traumatisme : Hollande qui leur a déjà fichu en l’air une bonne partie de leurs repères sociaux-culturels avec son pacte de responsabilité a achevé de les ficher en l’air en reculant devant « les curés réactionnaires ». Ce n’est pas une défaite, « c’est une déroute », se lamentent-ils. Car quand, par défaut de convictions et de fermeté d’âme on a enclenché la marche arrière, plus rien ne tient ni ne résiste. Pourquoi y aurait-il demain une loi sur la fin de vie ? Ou même sur la Justice etc…Puisque « quelques pets de nones suffisent à effaroucher un Président qui fut autrefois un candidat de gauche ? Ce ne sont pourtant, protestent-ils « ni le Medef ni la Cathosphère qui vont voter pour des maires socialistes aux municipales. 
Le pataquès en effet risque de se payer cher ! 

Beaucoup de candidats aux municipales font désormais leurs comptes comme on dresse un bilan de faillite : « j’enlève l’électorat populaire, je retire les bobos et les laïcs ! Il me reste… »Rien que des yeux pour pleurer. Même si l’Elysée tente de faire passer le message : « vous allez voir avec le pacte de responsabilité, on va reprendre l’initiative ». Cause toujours, Odette ! Les socialos sont encore sous le choc. Complètement traumas. Démoralisés. Le bordel n’est pas toujours joyeux ! « Tout cela va mal finir ! » prédit même Jean-Christophe Cambadelis qui émet en conclusion ce souhait dont on dégustera toute la saveur euphémistique : « un peu de sens des responsabilités ne serait pas superflu ! » Une pincée, oui au moins ! Pincez-nous, car on rêve. Ou plus exactement, on cauchemarde…

N.D.L.R, 

Tout cela me rappelle une observation de mon vieux carnet de correspondance :  A touché le fond, mais creuse encore...


Jeudi 6 Février 2014

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