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« Les aspirations des pauvres ne sont pas très éloignées des réalités des riches. » [Pierre Desproges]




Grand Amour

vu par René de Obaldia (Exobiographie)

Je ne saurais trop vous recommander pour les vacances, et pour changer de l'informatique, la lecture, ou la relecture, du délicieux René de Obaldia. Voici un bref, mais significatif extrait.



Grand Amour
« Tu es mon Roi, criait-elle dans les transports de l'amour ; tu
es mon Roi, mon Sultan — elle haletait de plus en plus —, oui, mon Sultan. Commande ! je suis ton esclave.

Commande ! Si je pouvais me mettre encore plus nue, m'ouvrir jusqu'au Mississippi, si je...

Commande ! Veux-tu me piétiner ? Marcher avec tes bottes sur
mon corps de neige ? Me traiter comme le plus vil des objets ? Me marquer au fer rouge? Oui, marque-moi au fer rouge! (Sa voix n'était plus tout à fait la sienne.)

Commande ! je t'obéirai. Pour toi, je creuserai le roc avec mes ongles, j'assécherai l'océan ; je puis me donner la mort, là, sous tes yeux, si tu l'exiges, en te bénissant, mon Roi, mon Négus. »

Nous finîmes par nous endormir.

Le lendemain (il était près de midi ; encore au lit elle grignotait
une biscotte tout en feuilletant un magazine), je m'aperçus, au
moment de sortir, qu'il manquait un bouton à ma gabardine. Je la
priai de le recoudre. Son visage se ferma, telle une huître. Elle ne
desserra pas les dents, fit mine de n'avoir rien entendu. Je me
gardai d'insister et filai à mon rendez-vous, emportant d'elle sa
gueule d'enterrement.

Mercredi 31 Juillet 2002

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DERIDET

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