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Cache ta forêt amazonienne !

Mon mois d'août sans épilation et autres histoires de poils par Agathe Charnet de Slate.fr. Un témoignage intéressant d'une jeune femme sur "la norme du glabre" qui pèse sur les femmes.



Courbet : l'origine du monde
Courbet : l'origine du monde
Slate.fr le 25.09.2016 -

Je ne m'étais jamais réellement posée de questions sur l'éradication de mes poils. Jusqu'à ce qu'une remarque dans un bus me pousse à m'interroger sur les raisons qui font du l'épilation un des principaux attributs du féminin.
Nous sommes au mois d'août 2016, je suis assise dans un bus lors d'un week-end à Nice. La baie défile par la vitre, je me penche pour observer au plus près le paysage. Je passe négligemment mes bras derrière ma nuque pour soutenir ma tête, j'observe, presque au bord du sommeil, le flou de la Méditerranée.

Et puis je suis tirée de ma rêverie par des rires étouffés, un groupe d'adolescents de seize à dix-huit ans me pointe du doigt. L'un d'entre eux, un peu plus aguerri, finit par s'exclamer: «cache ta forêt amazonienne!». S'ensuit un pluie d'exclamations que je parviens plus ou moins à décrypter et qui signifie, en langage peu policé, que mes aisselles non épilées et exhibées à tout vent ne font pas l'unanimité.

Sur le coup, et parce que la vie n'est malheureusement pas une pièce de théâtre, aucune répartie ne me vient. D'ailleurs j'espère vaguement que ce charmant discours ne s'adresse pas à moi. Mais, lorsque je replie prestement les bras, un murmure d'approbation monte du groupe qui ne cessera de m'observer- «elle va les remontrer ou pas ses poils?» - avant de quitter le bus à l'arrêt suivant.

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N.D.L.R

Mon avis sur la question en tant qu'homme, âgé de 70 ans dans 2 mois, donc ayant connu dans ma jeunesse des femmes non glabres, ayant fréquenté bibliquement beaucoup de jeunes femmes (aucun mérite, je paie) grand amateur de cunnilingus,  et non encore rangé des voitures.

Je dois dire qu'ayant connu les deux modes, touffue et glabre, je préfère de beaucoup les femmes sans poils. Sans jamais aller jusqu'au bodyshaming, j'avoue que la vue d'aisselles féminines poilues me rebute instantanément. 

Quant à ce qu'autrefois les hommes appelaient le "tablier de sapeur", moi qui adore le cunnilingus, étant un homme bien élevé je ne dis rien quand je le découvre, mais disons, que mon enthousiasme naturel s'en trouve  largement refréné. Et s'il est un domaine où se refréner n'est pas conseillé, c'est bien celui-là.

En ce qui concerne les aisselles, j'en tire immédiatement, et sans raisons je le reconnais, la conclusion que la dame est négligée. Ce qui ne m'incite pas au rapprochement. Je dois préciser qu'en ce qui me concerne, plus métrosexuel que moi, on meurt. 

En ce qui concerne "l'origine du monde" je confesse que la découverte d'un sexe glabre m'enchante,  ce qui n'est certes pas le cas dans le cas contraire. Je pense que ce rejet est dû au fait que pour les hommes le sexe féminin a quelque chose de mystérieux, voire d'effrayant, qui disparaît avec l'absence de poils et se trouve au contraire amplifié par la présence de poils, surtout s'ils ne sont pas "coiffés". Un ticket de métro, passe encore, mais une toison hirsute, ça fait un choc.

J'ai un excellent ami, de mon âge à peu près, qui, au contraire adore les poils et n'apprécie pas du tout les vagins non épilés. Les avis sont donc certainement partagés, en tout cas chez les hommes de ma génération.

J'ajouterais qu'un des problèmes de la non-épilation c'est, quoiqu'on en dise, l'odeur.  Les poils retiennent l'odeur, c'est la nature. Or, certaines femmes ont une odeur, même forte, très agréable et d'autres pas du tout. Ce qui est moins fragrant, si j'ose dire, quand on supprime les poils.

C'est la même chose pour les hommes évidemment.  En ce qui me concerne, étant de nature très poilu, depuis que les poils de mon torse sont devenus tout blancs, je me rase moi-même, ainsi que les aisselles, les jambes, sans oublier ce que les Canadiens appellent le foin, autour du sexe. Pour le dos, je vais chez esthéticienne me faire épiler, plus ou moins régulièrement.

Le but de ces manœuvres étant, non seulement de cacher ces poils blancs qui me rappellent mon âge,  mais surtout pour l'odeur, car comme beaucoup de bruns (même ex) poilus j'ai une odeur naturelle qui ne plait pas à tout le monde. Surtout quand je fais du sport et je fais du sport très souvent, et à la moindre occasion. En revanche, j'ai connu certaines femmes qui adoraient mon odeur et m'interdisaient l'usage du déodorant.

Comme quoi, les poils, ce n'est pas seulement une question de mode, mais véritablement une question de goût. 

Or, comme je le dis souvent : des goûts et des couleurs, on ne peut discuter. Le problème, c'est que toute notre vie tourne autour des goûts et des couleurs.

Lundi 26 Septembre 2016

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